Entre pairs

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Xavier Comtesse sur l’économie directe

4th March 2007

Xavier Comtesse vient d’ecrire un ouvrage important, “De l’économie directe” sur les changements economiques induits par l’émergence de ce qu’il appelle les ConsomActeurs, et comment certaines nouvelles entreprises reconstruisent leur chaine de valeur pour en profiter.
Dans ce premier extrait, voici comment Xavier Comtesse explique la genèse de son livre:
“ - La genèse de l’idée
Le 18 septembre 2005, en face des îles de Guernesey, sur un paquebot de croisière affrété par PIMS International [1] et devant un auditoire de banquiers londoniens et européens, j’ai présenté une conférence sur le e-banking. Elle se déroula sans surprise jusqu’au moment où apparut le dernier “slide” de la présentation PowerPoint. Celui-ci représentait une partie des algorithmes nécessaires à faire fonctionner une banque en ligne, en l’occurrence Swissquote. Subitement l’auditoire sembla enfin prêter attention à mes propos. Serait-il vraisemblable que leur banque ne soit finalement qu’un bout de programme dans la chaîne de la production de la valeur ? La discussion finale fut immédiatement   animée. Il était clair que désormais toutes les attentions allaient se porter sur la relation client car tout le reste ne serait que plus ou moins une espèce de vaste dispositif informatisé et   automatisé. Le gestionnaire de fortune entrevoyait difficilement son futur car la question du devenir du client comme acteur autonome risquait de lui prendre son travail ! Que va-t-il réellement advenir de la profession si le client s’investit davantage grâce à son savoir-faire de plus en plus pointu ? Finalement, tout le monde convergea vers la même conclusion : le client deviendra, dans une très large mesure et dans un futur proche, plus actif et plus savant. Le rôle du gestionnaire de fortune est désormais en risque.   En effet, les intermédiaires, toutes les formes d’intermédiations sont dans cette société en transition, désormais en grand danger.

J’étais déjà parvenu à cette conclusion lors de la publication en janvier 2005 du livre [2] sur le marché des ICT en Suisse. Grâce à l’élaboration du concept de “transformActeur”, j’étais parvenu à ébaucher un nouveau rôle actif pour les intermédiaires, puisqu’en observant certains d’entre eux, à l’instar de Mark Bürki, CEO de Swissquote, j’avais entraperçu qu’ils étaient devenus les principaux agents du changement de cette transformation économique en cours. En intégrant les clients et tous les consommateurs dans leurs plans de développement, ces intermédiaires d’un autre type avaient tout simplement défini les nouvelles formes d’une participation active en leur attribuant par exemple la finition du produit ou du service. Ce faisant, ils avaient introduit le consommateur dans la phase finale de la longue chaîne de la valeur. Cela allait autoriser des gains importants en productivité partagés avec leurs clients à travers notamment le discount. Ces entreprises n’étaient pas des discounters par choix commercial, mais par rationalité de la chaîne de valeur. Car l’interprétation largement fournie par les médias qui consistait à les cataloguer de “low cost”, était injustifiée. Ils étaient tout simplement devenus des “highly productive”. En transformant la structure même de la chaîne de la valeur, ils étaient en train d’inventer une nouvelle économie : celle des ConsommActeurs [3] !

Lors du grand Forum LIFT06 [4] qui s’est tenu le 2 février 2006 à Genève, organisé par Laurent Haug, Nicolas Nova, Steven Ritchey et John Staehli, j’ai eu à nouveau l’opportunité de développer dans une salle bondée de “blogueurs” venus du monde entier, ces questions de “TransformActeurs” et de “ConsommActeurs”. Les discussions qui suivirent sur le Net ont montré que le réel moteur de cette transformation économique était bel et bien le consommateur actif plutôt que les entrepreneurs. Ces derniers étant finalement peu nombreux au regard de ces millions de gens ordinaires, blogueurs ou non, qui s’étaient décidément mis au travail pour changer les pratiques. Ce regard sur un monde qui se construit avec tant d’énergie inventive et avec de nombreux acteurs du changement a bouleversé ma perception du processus en cours. Il fallait vraiment partir de la base, c’est-à-dire du “end user” comme diraient les Anglo-Saxons. Le ConsommActeur est le maillon clé pour comprendre la transformation en cours.

Il restait, cependant, à saisir les mécanismes sous-jacents à son action. En effet, rendre le consommateur plus actif et plus savant n’est pas une affaire évidente. Que signifie être plus actif et plus expert ? Y a-t-il des degrés d’activités différents ? Existent-t’ils   par ailleurs, des niveaux différents de savoir-faire ?

 

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[1] www.richemondevents.com

[2] Dartfish, Logitech, Swissquote et Co, Editions du Tricorne, janvier 2005

[3] Vers les temps réels, René Berger et Xavier Comtesse, Editions du Tricorne, 2006

[4] www.lift06.org

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