Deux autres extraits du livre de Xavier Comtesse, “De l’économie directe”
6th March 2007
EXTRAIT 1: l’émergence du crowdsourcing
Les Américains parlent de ” Crowdsourcing” [1] lorsqu’il s’agit de se décharger vers les clients (ou vers la population) d’une partie de l’activité productrice d’une entreprise. L’exemple d’IKEA qui a, en quelque sorte, donné en ” crowdsourcing” à ses clients la fabrication finale (le montage) et le transport final (la livraison) de ses meubles est un exemple souvent évoqué pour désigner ce transfert. En principe, aujourd’hui, beaucoup d’entreprises si ce n’est déjà une petite majorité d’entre elles, ont d’une manière ou d’une autre entamé un tel processus. Ce transfert peut prendre différentes formes, mais il procède toujours de la même philosophie à savoir donner des outils suffisants pour déléguer aux clients, la responsabilité d’une partie de la “value chain”.
L’apport nouveau de cette étude réside dans la présentation analytique de ces transferts. Fondée sur une analyse détaillée des concepts d’ “interactivité” et de “savoirs”, l’étude apporte un outil simple mais performant à trois niveaux d’interprétations et d’usage. A savoir un niveau explicatif historique, un niveau concurrentiel, sectoriel et de benchmark, et un niveau stratégique de développements futurs.
[1] Wired, p. 177-183, juin 2006
EXTRAIT 2: Le ConsommActeur
Par ConsommActeur, il est entendu que le consommateur entre de plus en plus dans la chaîne de la valeur où il prend notamment une part active dans la finition des produits ou des services, mais également dans des formes plus élaborées comme la co-création. L’exemple d’Easyjet [1] est parlant à cet égard. Le consommateur réserve et paye sur Internet lui-même son voyage, imprime son e-ticket et va faire son propre check-in sur des bornes automatiques disposées à cet effet dans les halls d’embarquement des aéroports. Le gain de temps et de productivité est optimal. Il est redistribué en partie sous forme de discount aux usagers.
Easyjet et il ne faut pas s’y tromper, incarne plus une compagnie de ” highly productive” qu’un “low cost”. Le passage en quelque sorte actif des consommateurs dans la production va évidemment bouleverser de fond en comble la chaîne de la création de valeur, qui n’est plus désormais le fait unique de l’entreprise. La description détaillée de cette interactivité renforcée, doublée d’une pénétration dans la société du savoir, est la partie centrale de cette étude.
[1] www.easyjet.com