Entre pairs

Le blog francophone de la fondation pour les alternatives P2P




Archive for April, 2007

Surveillance de la sousveillance en France

26th April 2007

En France, voici deux exemples de mesures très récentes propulsées par le gouvernement avec Mr. Sarkozy. Elles sont caractéristiques de ce à quoi les Français doivent s’attendre s’ils persistent à soutenir ce dernier.

Interdit de filmer la violence (de la police) en action

http://numerique.lemondeinformatique.fr/video/actualites/imprimer-la-france-interdit-aux-citoyens-de-filmer-les-actes-violents-2067.html

Le Conseil Constitutionnel a approuvé en mars dernier une loi qui criminalise le tournage ou la diffusion, en particulier sur Internet, des actes de violence par toutes personnes, autres que les journalistes professionnels. En cas de violation de cette loi, les sanctions encourues peuvent conduire à un emprisonnement d’une durée maximale de cinq ans et à une amende de 75 000 euros.

Il semble donc que le candidat à la présidence ai bien compris ce qu’est le cinquième pouvoir et comment l’affaiblir. Faces à des caméras si omniprésentes il était devenu difficile de se cacher.

Surveillance totale des internautes

http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0@2-3232,50-899116,0.html

Discrètement, en marge de la campagne, le gouvernement prépare un décret qui, s’il était appliqué, tuerait l’Internet “made in France”. En effet, sous prétexte de surveiller au plus près les internautes, un décret d’application de la loi sur la confiance dans l’économie numérique du 21 juin 2004, exige que les éditeurs de sites, les hébergeurs, les opérateurs de téléphonie fixe et mobile et les fournisseurs d’accès à Internet, conservent toutes les traces des internautes et des abonnés au mobile, pour les délivrer à la police judiciaire ou à l’Etat, sur simple demande.

Voila qui permettrai facilement d’identifier ceux qui osent mettre sur Google Video, Dailymotion, YouTube, et autres, les vidéos qu’ils ont filmé avec leur téléphone portable lors, par exemple, de la dernière arrestation de sans papiers (dans la rue ou bien en classe d’école).

Mais où sont les garde-fous?

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Une présentation de Michel Bauwens en ligne

18th April 2007

Les “slides” de la présentation que Michel Bauwens a donné le 6 avril au IAB (Interactive Advertising Bureau) peuvent être consultés à cette adresse. Cette presentation est un sommaire de la production, gouvernance et propriété entre pairs, et offre un survol de la relation entre les réseaux distribués et les entreprises.

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Une précision d’Olivier Auber

13th April 2007

l’article figurant ci-dessous est paru le 9 mars dernier dans la
rubrique “Rebonds” de “Libération” sous le titre: “Le Net, un bien commun”.
Il a été rédigé en plusieurs étapes sur un wiki en tenant compte des
remarques des chercheurs citées et d’autres contributeurs.
http://overcrowded.anoptique.org/ProjetRebondsLibe

L’édition de “Libération” présente malheureusement des différences
majeures par rapport au texte original, à savoir le titre et le
sous-titre de l’article, rédigés sans me consulter par un journaliste de
la rédaction, sans doute pour le mettre à la portée des profanes…

“Google ou Second Life envahissent le marché alors que le réseau
pourrait fonctionner sans opérateurs, développer plus de liberté, de
créativité, si l’Etat lui en donnait les moyens.”

Ces modifications caricaturent les idées présentées dans l’article,
comme en témoignent plusieurs commentaires laissés sur les éditions en
ligne:
http://www.liberation.fr/rebonds/239680.FR.php
http://www.ecrans.fr/spip.php?article943

Il ne s’agit pas de présenter la douce utopie d’un Internet “sans
opérateur” ou bien de faire un appel corporatiste aux subventions de
l’Etat, mais de tenter de relier trois débats ordinairement séparés: le
libre, les biens communs et la topologie du réseau, le tout replacé dans
le contexte d’un changement de “perspective”.

A toutes fins utiles, voici le texte original.

Olivier Auber

PS: à signaler aussi:
“Il faudrait créer des milliers de petits ministères de la Culture”
http://www.liberation.fr/transversales/weekend/241492.FR.php
——-

La ruée sur le web des candidats à l’élection présidentielle cache une
question majeure sur laquelle aucun ne s’exprime:

Quel projet politique pour le réseau?
————————————

par Olivier Auber, chercheur et entrepreneur de l’Internet.
(article rédigé sur le wiki Overcrowded (1) avec le concours de certains
de ses contributeurs)

Après Google, c’est au tour de MySpace et autres SecondLife, d’envahir
l’Europe. Les services les plus rentables du Web 2.0 sont investis, sans
véritable concurrence, par des groupes, le plus souvent nord-américains.
Et ce n’est pas faire preuve d’antiaméricanisme que de le dire. Bien que
le réseau soit réputé homogène et réparti, le phénomène est centralisé à
l’extrême; toutes les données atterrissent dans des machines situées à
Palo Alto ou ailleurs. Cette centralisation technique va de pair avec la
concentration financière propre au capitalisme informationnel, qui
considère les connaissances communes comme des sources de profit.
Aujourd’hui, même Yahoo peine face à Google et ses 155 milliards de
dollars de capitalisation boursière. C’est dire, si dans ce monopoly
mondial, l’économie européenne de l’Internet a déjà perdu.

Nous serons digérés, à moins que nous décidions de changer brusquement
les règles du jeu, techniques, juridiques et politiques.

Passer à l’Internet “acentré”.
De nombreux services centralisés peuvent être aussi bien réalisés sur un
mode acentré, sans l’entremise d’aucun serveur, et donc d’aucun site
web. Des exemples? Maay (2), un moteur de recherche P2P développé par
des chercheurs de France Telecom, effectue des recherches, certes moins
massives que Google, mais plus “sociales”, le tout sans aucun centre.
VReng (3), conçu par des chercheurs de L’ENST, fonctionne comme
SecondLife, mais sans aucun serveur. IPv6, la future norme de
l’Internet, gardée sous le coude depuis des années par les opérateurs de
télécommunication, pourrait réaliser à la puissance dix ce que le P2P a
préfiguré, c’est-à-dire l’échange symétrique entre tous les internautes,
sans dépendre de tiers. La fondation internationale pour l’alternative
P2P (4) et l’initiative française IPv6PourTous (5) l’ont montré: les
opérateurs n’ont qu’à appuyer sur un bouton pour rendre cela possible.
De quoi envoyer les travers monopolistiques du Web 2.0 au rayon des
souvenirs.

Financer les auteurs de logiciels libres.
Ce que les logiciels propriétaires font, les logiciels libres le font
mieux encore. Selon certains candidats à l’Elysée, l’Etat s’y
convertirait massivement. Mais qu’en est-il de les financer? En
soutenant la recherche et les sociétés de services en logiciels libres?
Sans doute. Mais il ne faut pas oublier d’autres acteurs essentiels. Les
logiciels libres les plus créatifs sont souvent l’oeuvre de développeurs
de tous horizons, travaillant, non pas selon les critères de
compétitivité requis par les Agences pour l’Innovation, mais dans un
esprit de coopération. Les usages qu’ils défrichent indiquent la voie à
suivre. En France, le Parlement a quasiment déclaré hors-la-loi les
auteurs de logiciels P2P. Outre-atlantique, au contraire, les
industriels s’inspirent de leurs idées et aspirent les individus les
plus brillants. Pour sortir de cette spirale dépressive, il faut
soutenir, indépendamment des monopoles, les services et la recherche. Il
faut aussi financer les auteurs libres d’une manière adéquate, par
exemple comme nous l’avons proposé, sur le mode de l’autodétermination
des projets et des crédits par les auteurs eux-mêmes.

Développer les Biens Communs.
Les biens immatériels de l’Etat seraient beaucoup mieux valorisés si on
leur donnait le statut de Biens Communs (6) librement exploitables. Un
calcul simple: l’IGN (Institut Géographique National) est financé à 50%
par l’Etat et trouve le reste de ses ressources en vendant ses cartes. A
qui? Essentiellement aux collectivités locales. Bref, l’IGN est financé
à 100% par les deniers publics. Donc, non seulement ses coûts de
commercialisation sont totalement improductifs, mais le fait que ses
données soient propriétaires entraîne que leur valorisation, en dehors
des circuits publics, est quasi impossible. Il s’en suit un déficit
d’activités économiques et donc d’emplois. Ceci qui est vrai pour l’IGN,
l’est aussi pour les organismes publics traitant de données
statistiques, patrimoniales, urbaines, touristiques, etc. Et combien de
brevets issus de le recherche publique, et même privée, attendant
d’improbables projets industriels, pourraient être ainsi valorisés? Aux
antipodes de cela, les auteurs du rapport Lévy-Jouyet (7) commandé par
Thierry Breton, proposent que l’Etat fasse un commerce forcené de ses
biens immatériels. Peine perdue, face au capitalisme informationnel, il
est vain de se protéger derrière des lignes Maginot. Le service public y
perdrait définitivement son âme. Il coûte plus cher de vendre que de
donner. Alors donnons nos biens communs. A condition d’éviter leur
prévarication ultérieure. Un réseau acentré, nourri de logiciels libres,
pourrait y contribuer.

Changer de perspective.
L’incroyable concentration capitalistique qui se déroule sous nos yeux,
siphonne l’économie mondiale et pervertit l’esprit de l’Internet. Il
faut revenir aux fondamentaux. Quel projet politique peut-on formuler
pour le réseau des réseaux? Vers quoi voulons-nous qu’il s’oriente? A
mon sens, rien de moins que vers une invention majeure, analogue à la «
perspective spatiale », qui marqua le passage du monde hiérarchisé du
Moyen Age à celui, géométrisé, de la Renaissance. Il faut quitter l’ère
de la « perspective temporelle » née avec le télégraphe, dont les
derniers points de fuite sont les émetteurs de télévision et les sites
web tels que les nous connaissons. Il s’agit d’entrer dans le temps de
la « perspective numérique (8) », dont les « codes de fuite »
universellement partagés, permettront aux communautés humaines de se
former et d’échanger comme elles l’entendent. Si la République a encore
un sens, elle doit tout faire pour que, ce qui constitue désormais le
coeur invisible des échanges humains, ne soit pas une fin, mais un
moyen. Ainsi, le réseau pourra contribuer à répondre aux grands enjeux
planétaires, et à inventer de nouvelles manières de vivre ensemble.

(1) http://overcrowded.anoptique.org/
(2) http://maay.netofpeers.net
(3) http://vreng.enst.fr/
(4) http://p2pfoundation.net/
(5) http://ipv6pourtous.free.fr
(6) http://paigrain.debatpublic.net/?page_id=57
(7) http://rubyurl.com/EjB (Rapport Levy-Jouyet)
(8) http://perspective-numerique.net.

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Première réunion P2P a Avignon: vers un monde participatif

12th April 2007

Un texte de François Rey  sur cette prochaine rencontre:

Nous avons tous intégré dans notre travail et réflexion le rôle que peut jouer les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). En effet, si l’on admet facilement que les NTIC nous libèrent de certaines contraintes et offrent à chaque citoyen un potentiel incomparable à ce que nous avions pu avoir dans l’histoire, il n’est pas encore admis que c’est au travers d’une utilisation pertinente des NTIC que nous pourrons aussi soutenir ces nouvelles formes de société dont nous rêvons. L’internet dans sa forme actuelle n’est encore qu’une prémisse de ce qui peut être possible. Cependant dès que l’on commence à explorer l’univers du possible, nous sommes tout de suite confrontés à nous même et à notre propre conscience quelque soit la discipline (économie, politique, juridique, etc.). En effet, dès qu’il s’agit de savoir quelle place il nous faut donner aux NTIC, on se rend compte que nous avons au départ une très grande liberté et que les choix que nous avons à faire concernent essentiellement les limites et structures que nous devons partager afin de pouvoir vivre et coopérer efficacement ensemble. Autrefois ces limites se traduisaient par des structures « en dur », hiérarchique, et qui bien souvent étaient imposée au peuple. Aujourd’hui de plus en plus ces structures peuvent se manifester « en soft » car nous entrons dans l’ère digitale, ou le potentiel de chacun devient de plus en plus important, rendant ainsi les modèles hiérarchiques de plus en plus inefficaces tandis que les approches Peer-to-Peer (P2P, la participation non hiérarchisée des citoyens à l’innovation sociale) se montrent beaucoup plus adaptées. Les NTIC sont donc un miroir incroyable pour celui qui cherche à définir une nouvelle société. Il suffit pour cela de considérer l’effet de l’approche P2P dans divers domaines et comment elles bousculent l’ordre établi. Par exemple en marketing l’approche « end-user » comme simple cible finale est maintenant bousculée par la co-création de valeurs entres entreprise et utilisateurs. En allant plus loin dans l’application du modèle P2P on trouve l’exemple des logiciels libres, de certaines banques P2P ( e.g. http://www.kiva.org/), les forums participatifs (e.g. http://www.commentonfait.fr/), etc.

Bousculer l’ordre établi est une chose, mais encore faut-il savoir vers quoi nous allons pour mieux informer les choix que nous devons faire aujourd’hui. En ce qui concerne les projets Open Money (OM) et Open eXchange (OX), il a toujours été clair dans notre esprit que notre champ d’action doit aussi inclure le domaine politique, car les choix importants à faire sont à ce niveau. Cependant le piège dans lequel il ne faut absolument pas tomber est celui de créer une plateforme qui ne ferait que renforcer une certaine forme de société, tout en excluant d’autres formes toutes aussi valables mais simplement différentes. Il n’existe pas une seule forme de société nouvelle, il en existe plusieurs. Il nous faut donc considérer l’idée d’une plateforme commune qui puisse faciliter la coopération et le partage tout en étant capable de soutenir plusieurs formes de société. C’est pourquoi il est essentiel pour nous de considérer les différents approches politiques, économiques, et sociales afin de mieux cerner comment l’informatique et le réseau peuvent servir d’outils au service de la diversité et du partage. C’est dans ce contexte la que je trouve qu’il serait une bonne idée de « fertiliser » nos différents champs d’actions. Et si cela ne se produit pas ce weekend, il n’est pas exclu de proposer et d’organiser d’autres occasions.

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Internet et les élections

3rd April 2007

Ici,  vous pourrez trouver la vidéo de la table ronde “Internet, futur vainqueur de l’élection présidentielle”, qui s’est tenue le 28 février à la fondation pour l’innovation politique, en partenariat avec le club de l’hyper-république.

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