Une vidéo sur le P2P
22nd May 2007
Dans cette vidéo, Michel Bauwens explique les concepts de base de la philosophie P2P.
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22nd May 2007
Dans cette vidéo, Michel Bauwens explique les concepts de base de la philosophie P2P.
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21st May 2007
Anshe Chung Studios, une des entreprises virtuelles les plus développées, « se prépare au lancement d’un marché financier virtuel, proposant des produits financiers et un ensemble de services qui vont, pour la première fois, permettre le mouvement et l’investissement de capitaux directs et ce pour plusieurs mondes virtuels. »
Quel rapport avec le P2P ?
Le lien n’est pas direct, mais c’est une étape vers le renforcement des économies et des finances virtuelles et par conséquent une autre étape vers la remise en cause de la concentration de pouvoirs dans le monde réel de l’économie et de la finance. Car ce qui se produit dans les mondes virtuels a forcément un impact sur ce qui se produit dans le monde réel. En effet, les liens entre l’économie virtuelle et celle du monde réel sont multiples.
Premièrement les échanges entre bien virtuels et bien réels forment une passerelle entre les deux économies. Ebay affiche de nombreuses annonces portant sur des biens virtuels. De nombreux autres marchés existent pour le commerce virtuel-réel, et il existe un marché de changes entre les deux (voir http://p2pfoundation.net/Virtual_Gaming_Currencies). Un autre lien fort entre les deux mondes provient du fait que de nombreuses entreprises dans les mondes virtuels sont aussi des entreprises dans le monde réel, certaines ayant plusieurs employés et leurs propres bureaux. Enfin, les monnaies virtuelles sont déjà utilisées dans les échanges du monde réel comme avec toute autre devise réelle (voir http://virtual-economy.org/blog/qq_coins).
Tout ceci inquiète les autorités notamment en Chine et en Corée ou se déploient des lois pour réguler un tel commerce. La taille de ce commerce n’est pas encore alarmante, mais les économies virtuelles se développent très rapidement. Que se passerait-il si les économies virtuelles s’étendaient sur le marché énorme des consoles de jeu? La dernière version de Skype est capable d’envoyer de l’argent à une autre personne, que se passerait-il si eBay (propriétaire de Skype) achetait Anshe Chung Studios ou même Linden Labs (propriétaire de Second Life)? Clairement les puissances de ce monde sont concernées par le progrès des économies virtuelles et personne ne peut prédire comment les choses évolueront. Beaucoup de questions importantes vont être soulevées, comme la protection des biens virtuels, l’alignement des régulations dans les mondes virtuels, la fiscalité de l’activité virtuelle, etc. Les tentatives de régulation des mondes virtuels se confronteront aux mêmes difficultés que la régulation des médias numériques : comment imposer une régulation dans le monde immatériel ? Comment réguler les métavers (méta-univers) open source et P2P?
Pourtant le plus important n’est pas tellement ces luttes entre monde virtuel et monde réel, mais ce qui en ressort: la conscience des limites que nous nous créons dans les deux mondes, et l’évolution qui résulte de l’explosion de ces limites. Metavers et mondes virtuels sont par nature immatériels, créés en premier lieu dans l’esprit des concepteurs qui sont comme des dieux créant des univers. Dans un tel processus, la création de limites est un choix conscient parce qu’aucune limitation physique (excepté la disponibilité des ressources informatiques) n’est là pour contraindre les choix de conception. Un concepteur qui choisit d’imposer une règle empêchant toute personne d’envoyer un message à plus de 100 utilisateurs effectue un choix conscient, pas un choix dicté par les lois du monde physique. Dans la conception de mondes virtuels et plus généralement de n’importe quelle architecture informatique, les possibilités sont quasi-illimitées et seul un acte conscient de création amène les structures et limitations nécessaires à la réalisation d’un monde donné. Dans les sphères politiques, économiques et financières, les limites du monde réel ont fait qu’il était plus facile de choisir des structures centralisées et hiérarchiques, même si cela n’est pas dans l’intérêt du plus grand nombre. Avec une économie distribuée rendue possible par le réseau internet, les architectures P2P deviennent de plus en plus appropriées, et il devient difficile d’ignorer l’intérêt du plus grand nombre, car il s’agit maintenant de participants dont le potentiel de production est considérable et qui ont la capacité de se réorganiser selon les besoins.
Il est donc important de suivre avec intérêt ce qui se passe dans les mondes virtuels, car c’est peut-être dans ces mondes que vont naitre les plus grandes innovations sociales.
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8th May 2007
Ce message est le dernier que vous envoie le réseau ConstellationW
ConstellationW : un insuccès !
Après dix-huit mois d’existence, le temps est venu d’évaluer l’aventure que nous vous avons proposées à la fois comme site Web, comme outils (newsletter, webographie et commentaires) et comme réseau de participation.
L’aspect visuel : un succès
Nous avons expérimenté avec succès des recherches d’écritures médiatiques : un code iconique, une utilisation intégrée de deux cents schémas (originaux et fournis par différents auteurs) et une rédaction de textes courts. Les hypothèses se sont concrétisées et une nouvelle phase aurait pu être entreprise dans ce secteur qui deviendra de plus en plus important au fur et a mesure que de nouvelles clientèles se joindront à Internet.
Au niveau des idées : un insuccès
ConstellationW a proposé un modèle d’analyse d’une société à trois pôles ainsi que diverses hypothèses d’exploration. Mais aucune de ces idées ne fut empruntées par d’autres groupes. On dit que les idées gouvernent le monde, mais à la condition qu’elles soient partagées. Dans le cas de ConstellationW, ce ne fut pas le cas.
L’aspect participation : un échec
Sur papier, la liste des auteurs, collaborateurs et groupes mailleurs dans notre monde francophone était impressionnante (plus d’une cinquantaine de personnalités). Le noyau de départ était de qualité.
€ Première constatation : des intelligences isolées
Mais voilà, chaque personne concernée n’a pas eu le temps de participer (tout le monde se plaint de recevoir 100 courriels par jour). Une chanson dit Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir. Le problème ne vient pas du nombre de visiteurs du site ; il vient du fait que nous voulions développer un outil de collaboration et de participation, hors à peine seize collaborateurs sur plus de cinquante ont vraiment participé. En fait, nous avons assisté à un feu d’artifice d’intelligence isolées mais peu portées vers des efforts collectifs.
€ Deuxième constatation : le brouhaha du Web
Actuellement, tous les internautes désirent exprimer leurs opinions (blogues, wiki, etc.) mais peu lisent ou écoutent les autres. Le Web, où des millions d’informations non validées circulent dans le plus grand désordre, devient cacophonique. Cette cacophonie d’un Web encore adolescent est imposée actuellement par la quantité qui l’emporte sur la qualité ( un internaute devient important parce que des milliers de personnes lisent son texte et non à cause de la pertinence de ce texte). Cette cacophonie actuelle empêche la création de synthèses collectives face aux exigence d’un changement profond, d’un renouveau démocratique et d’un new deal socioéconomique. Nous allons payer cher notre incapacité actuelle a lire les signaux qui s’accumulent depuis cinq ou dix ans.
Aujourd’hui, plusieurs individus lancent des opérations de veille portant sur l’évolution de notre société, ce qui est louable, mais elles sont sans modèle et sans liens avec les autres, ce qui empêche un mouvement d’émerger.
€ Troisième constatation : la francophonie ne fonctionne pas
L’idée de réunir des francophones des deux côtés de l’Atlantique n’a pas fonctionné malgré quelques « irréductibles Gaulois ». Parce qu’en général les Français se replient constamment sur l’analyse de leurs défis franco-français, ils confondent francophonie et francocentrisme (voir l’analyse d’Abdou Diouf, Le Monde, 20 mars 2007). Cet isolement fait, qu’après plus de vingt ans, la francophonie demeure encore une utopie ; ce qui coûtera très cher à la langue française et aux Français. Une approche France-Québec (combinant analyses sociétale et analyses technologiques) aurait apporté beaucoup face au défi du modèle unique imposé par la mondialisation.
Et maintenant ?
À cause de cette absence de participation, chacun d’entre nous demeurera isolé. Pourtant, seulement la voix de groupes organisés aurait pu tenir en respect les forces du marché qui essaient de contrôler notre société.
Alors qu’Internet devient la scène où se prépare l’avenir (parce que c’est l’espace où les symboles et leurs sens sont échangés partout sur la planète) il n’y aura pas d’approche francophone capable de contribuer différemment aux discussions qui s’amorcent.
Nous allons vivre dans un monde où l’on ne pourra même pas se mettre d’accord sur le diagnostic d’un problème. D’ici quatre ou cinq ans, devant l’ensemble des crises qui s’amoncèleront, on s’apercevra que nous devrons changer le modèle de notre société et acquérir de nouveaux outils capables de gérer la nouvelle complexité postindustrielle, objectifs de ConstellationW.
Alors, les générations montantes tenteront de refaire le monde en ignorant que d’autres avant eux avaient oeuvré dans ce sens. Ils recommenceront encore une fois à zéro. Il ne reste que la honte de partir sans laisser d’héritage à ces prochaines générations.
Michel Cartier
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STATISTIQUES (de janvier 2006 à avril 2007)
Nombre de visites : 174 912
Visiteurs uniques : 54 192 (175 par jours) (38 % sont revenus plusieurs fois)
Durée de la visite : 1 à 5 minutes **
Origine : Canada 30 %, États-Unis 26 %, France 16 % **
Collaborateurs : 77 inscrits, 16 participants actifs **
** insuffisant
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1st May 2007
(Introduction de Michel Bauwens…)
L’inspiration de la Fondation P2P est double. Il s’agit de renverser les logiques dominantes de notre économie et société et les remplacer par leur contraire. En clair: notre systeme économique est dominé par la conception fausse que la nature est abondante, et peut être utilisée comme resource infinie; et notre système culturel pense que là où il y a par contre abondance naturelle et coût de reproduction quasiment égal à zéro, il faut créer un monde de rareté artificielle. Nous combinons donc une pseudo-abondance avec une pseudo-rareté. La spécificité de la Fondation est que notre attention va surtout vers le second domaine, là où la dynamique de pairs a pairs est la plus forte. Pourtant, nous ne pouvons tout a fait négliger la survie de notre biosphère, bien que d’autres s’en occupent mieux que nous.
Nous vous proposons ici un extrait d’Automates Intelligents, car il met en avant le danger de la solution acceptée jusqu’ici, et qui semble trop favoriser les forces qui polluent.
Les effets pervers du système d’échange
des crédits de carbone (”offset credit system“)
par Jean-Paul Baquiast - 23 mars 2007
Celui qui ne se plonge pas dans l’énorme littérature et dans les débats entourant l’application du Protocole de Kyoto et autres mesures de réduction de la production des gaz à effet de serre (GES) ne soupçonne pas les considérables conflits d’intérêt déjà engagés. Malheureusement, ces conflits cachent des entreprises qui, se disant vertueuses, c’est-à-dire offrant des solutions pour faire réaliser des économies d’énergie et créer des “puits de carbone”, ne sont pas loin de l’escroquerie pure et simple.
Le système d’échange des crédits de carbone (”offset credit system“) permet en effet, potentiellement, tous les abus. Prenons un exemple. Vous venez de faire un peu de tourisme à Tahiti, ce qui a produit un certain nombre de kilos ou tonnes de CO2. Votre conscience vous impose alors de verser une certaine somme à une entreprise qui vous garantira la plantation de forêts quelque part dans le monde afin de récupérer le carbone produit. En fait, vous avez toutes les chances, soit d’enrichir un escroc, soit d’engager une opération sans suite sinon plus dangereuse à terme que la production de CO2 dont vous avez été responsable. Ou bien en effet la dite entreprise ne plantera rien du tout, et vous n’irez pas vérifier ce qu’elle fait. Ou bien elle vous fera payer très cher une opération de façade sans avenir. Ou bien elle ira déposséder d’honnêtes cultivateurs du tiers-monde pour mettre à la place de leurs cultures des productions d’oléagineux industriels… qui eux-mêmes péricliteront faute d’eau et de soins. Si on vous propose d’autres méthodes mirifiques faisant appel à la séquestration du CO2, à d’hypothétiques énergies renouvelables ou à toutes autres solutions à la mode, vous risquez là encore de vous faire durement exploiter, en achetant… du vent..
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