Archives de date "août 2015 [f2015Thu, 20 Aug 2015 14:08:17 +000008 31 20UTC 20 31UTC 20UTC17 Thu, 20 Aug 2015 14:08:17 +00002015-08-20T14:08:17+00:000208vUTC17 08UTC817000000UTCjeudiThursdayUTC17]"

Etat social, propriété publique et biens communs

Thomas Boccon-Gibod, Pierre Crétois 

Editions Le Bord de l’eau (20 août 2015)

etat-social-propriete-publique-bien-commun Et si les biens communs, par ou en dehors de la propriété publique, constituaient l’une des armes pour penser une société nouvelle qui permette de sortir de l’impasse du «tout marché» ? Certes, la propriété publique se donne souvent comme un moyen efficace de lutte contre les déséquilibres sociaux induits par le marché. Mais ne servirait-elle pas en réalité de soutien, ou au mieux de paravent, à la logique individualiste d’appropriation ? Elle serait alors vouée à l’échec, faute de s’attaquer radicalement à la cause même du mal : le primat de l’appropriation individuelle, source perpétuelle d’inégalités, en contradiction flagrante avec l’idéal démocratique dont elle se réclame pourtant. C’est pourquoi la question du statut de la propriété publique constitue une porte d’entrée stratégique pour comprendre les modes de mise en oeuvre de la démocratie réelle dans les Etats modernes. Cet ouvrage collectif invite ainsi à confronter la notion de propriété publique à celles, aujourd’hui en vogue, de propriété commune et de biens communs, porteurs d’une conception radicalement égalitaire des relations sociales, en deçà des institutions politiques, et notamment étatiques. Dans un cadre juridique fortement marqué par la notion de propriété, comment les biens communs ont-ils été pensés ? Comment peuvent-ils l’être aujourd’hui et quelles sont les voies concrètes d’institutionnalisation du commun ? Peut-on considérer que, historiquement, l’Etat républicain en France en a été une forme à un degré ou à un autre ? Et quel est, dans cette perspective, l’avenir même de l’Etat social ?

Commun : Essai sur la révolution au XXIe

Pierre Dardot & Christian Laval

Editions La Découverte (20 août 2015)

commun-dardot-lavalPartout dans le monde, des mouvements contestent l’appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun.
Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s’impose aujourd’hui comme le terme central de l’alternative politique pour le XXIe siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l’écologie politique par la revendication des « communs » contre les nouvelles formes d’appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.
Cette émergence du commun dans l’action appelle un travail de clarifi cation dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu’ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques : bien suprême de la cité, universalité d’essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n’est pas la fin poursuivie par la création divine. Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l’essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l’activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est « commun », réserver certaines choses à l’usage commun, produire les règles capables d’obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution.