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P2P Foundation

Mutuelles de travail / Travail des communs : regards croisés

Journée de séminaire sur la question des communs et des mutuelles de travail

11 mai 2017 : 9h30 – 18h

Les Grands Voisins

Amphi Lelong – 82, avenue Denfert-Rochereau – 75014 Paris

 

9h30 – 10h00 : Accueil des participants et introduction de la journée

Sébastien Broca (CemtiEn Communs) ; Noémie de Grenier (CoopanameManucoop)

 

10h00 – 13h00 : Les mutuelles de travail, des organisations pour entreprendre en commun ?

Antonella Corsani (ISSTIDHESManucoop) et Marie-Christine Bureau (Lise – CNAM)
« Coopératives d’Activité et d’Emploi, la fabrique de l’autonomie ? »

Animation : Noémie de Grenier

Présentation discutée par :

 

Repas libre – Possibilité de déjeuner sur place

 

14h30 – 17h30 : Le travail des communs au prisme des coopératives

Michel Bauwens (P2P Foundation)
« Garder la valeur dans les communs: l’interface avec le marché »

Animation : Thomas Lamarche (LadyssManucoop)

Présentation discutée par :

 

Si vous souhaitez y assister, n’oubliez pas de vous inscrire ici: https://www.eventbrite.fr/e/inscription-seminaire-manucoop-en-communs-33333905609

Télécharger le programme au format PDF…

(Photo : Les grands Voisins)

Des lieux du commun

Habitat, culture, arts, sciences, politique : Comment créer du commun pour construire de vrais changements de société ?

JOURNÉE D’ÉTUDE
Jeudi 6 avril 2017
Organisée par Pierre Servain et Soaz Jolivet doctorants en sociologie au Labers

FACULTÉ DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES
20, rue Duquesne
BREST

1) Matinée conférence

Introduction à la matinée par Soaz Jolivet et Pierre Servain (lien)  « Croiser habitat et culture, 2 objets pour une cible : De la mise en commun à la production de commun, projet, démarche et processus »

« Expérimenter en commun, instituer du commun », Pascal Nicolas-Le Strat

2) Après-midi Table Ronde

« Institutionnaliser le commun dans nos projets ? Comment construire et expérimenter ensemble pour partager et transmettre dans le temps et au-delà de nous-mêmes ?

Universitaires et porteurs de projets réunis autour de la Table et de cette question.

3) Café-Rencontre

à la librairie Dialogues autour du livre de Pascal Nicolas-Le Strat : Le travail du commun.

 

Cette journée est ouverte à tous et d’accès libre. Pour en faciliter son organisation, merci de vous inscrire par mail à pierre.servain@laposte.netsoaz@jolivet.bzh en précisant : Nom – Prénom – Organisme – Mail.
souhaite assister à :
la journée entière ou la conférence et/ou la table ronde et/ou au café-rencontre.

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Manifeste pour une véritable économie collaborative

Vers une société des communs

Michel Bauwens, Vasilis Kostakis

Editions Charles Leopold Mayer, 14 avril 2017

Partage de fichiers, distribution de musique, installation de logiciels,
la technologie du peer-to-peer (P2P) permet différents types de coopération via un échange direct de données entre ordinateurs, sans passer par des serveurs centralisés. Mais ce genre d’utilisation a au fond une portée limitée, et si l’on adopte un point de vue plus large, le P2P peut être considéré comme un nouveau modèle de relations humaines.

Dans cet ouvrage, Michel Bauwens et Vasilis Kostakis décrivent et expliquent l’émergence d’une dynamique du P2P fondée sur la protection et le développement des communs, et la replacent dans le cadre de l’évolution des différents modes de production. Cette nouvelle modalité de création et de distribution de la valeur, qui favorise les relations horizontales, crée les conditions pour une transition vers une nouvelle économie, respectueuse de la nature et des personnes, une véritable économie collaborative.

Biographie des auteurs

Michel Bauwens a fondé et dirige la P2P Foundation. Il a publié Sauver le monde, vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer (Les Liens qui libèrent, 2015).

Vasilis Kostakis est chercheur en économie politique et technologie.

Pour une souveraineté technologique des paysans

En favorisant l’autonomie des paysans par la réappropriation des savoirs et savoir-faire autour de l’outil de production des fermes, l’Atelier Paysan favorise une souveraineté technologique des campagnes. Nous affirmons qu’il est du ressort des paysans de questionner leurs outils de travail, machines et bâtiments, leur impact financier, agronomique et ergonomique.
Le pôle InPACT s’est saisi de ces questions et les a compilées dans un premier Plaidoyer que vous pouvez utiliser et diffuser largement.

Innovation techniciste et course à l’endettement en agriculture : Pas d’agroécologie sans souveraineté technologique des paysans !

L’outil de production des fermes, à savoir les machines, les bâtiments, les équipements, sont souvent restées des questions périphériques. Le Pôle InPACT a ainsi observé d’un bon œil que le Ministère de l’Agriculture identifie dès 2012 les agroéquipements comme leviers dans la transition agroécologique de l’agriculture française. Cela signifiait qu’on reconnaissait la nécessité de faire évoluer l’outil de travail des agriculteurs en lien avec l’évolution des pratiques agricoles. Ce constat de bon sens a cependant abouti en février 2016 à la diffusion du plan « Agriculture et Innovation 2025 », sur proposition de l’IRSTEA, de l’INRA, d’AgroParisTech et de l’ACTA, allouant plus de 10 Milliards d’euros au développement et au déploiement des technologies numériques, de la robotique et des biotechnologies dans le secteur agricole. Réponse technique à sens unique, mobilisant le même paysage d’acteurs ayant historiquement favorisé la standardisation et l’artificialisation de l’agriculture. Pourtant, d’autres solutions existent, plus économes pour les agriculteurs et les financeurs publics, plus adaptées aux besoins des agriculteurs, et qui vont dans le sens d’une souveraineté technologique.

Le Pôle InPACT rassemble à l’échelle nationale des organisations de développement agricole à but non lucratif, d’utilité sociale, qui soutiennent des formes d’agricultures durables, ouvertes sur la société et intégrées au territoire. Dans cette optique, le Pôle InPACT dénonce la répartition de l’enveloppe dédiée au développement d’une agriculture principalement techniciste pour ces 10 prochaines années. Nous nous inquiétons de l’allocation massive et prioritaire de fonds publics pour une Recherche et une Innovation adaptées à une agriculture de firme et dont les développements technologiques ne feront qu’approfondir les fondements mêmes de la crise agricole actuelle, à savoir l’endettement des exploitations et l’inadéquation à une agroécologie paysanne.

Car le choix de l’Etat de soutenir le déploiement de la robotique, du numérique et des biotechnologies ne correspond pas directement aux demandes des agriculteurs, avis remontés depuis le terrain. Ces options technologiques sont avant tout défendues pour les agriculteurs dans la perspective de lancer des champions industriels nationaux, capables de prendre part à un marché mondial estimé à 70 Mds d’euros en 2020. Il est compréhensible que l’attrait pour ces nouveaux marchés pousse l’Etat à investir dans ces secteurs, mais les agriculteurs n’ont pas à être le débouché d’une industrie émergente. Ces technologies répondent avant tout aux appétits des industriels déjà en place, qui nous donnent en échange à rêver de promesses de mutations agricoles grâce aux technologies qu’ils développent.

La question n’est pas de savoir s’il faut ou non continuer à déployer le numérique, la robotique et les biotechnologies pour l’agriculture, mais d’évaluer à la fois leur pertinence pour le développement d’une agroécologie paysanne (dans ses trois dimensions de résilience écologique, économique et sociale), leur cohérence avec les agriculteurs sur le terrain, et l’ensemble des impacts prévisibles. Refuser ce questionnement revient à soutenir une fuite en avant techniciste et idéologique. En effet, toute innovation n’est pas bonne en soi, elle n’a pas naturellement des effets bénéfiques sur le bien-être des populations. (voir l’article de Sandrine Petit « Faut-il absolument innover ? A la recherche d’une agriculture d’avant-garde ». Courrier de l’Environnement de l’INRA (65), 2015).

Le Pôle INPACT s’inquiète qu’en France, les institutions garantes du développement de l’agriculture perpétuent des paradigmes socio-techniques et socio-économiques aujourd’hui caduques, qui, en promettant des emplois et des relais de croissance pour le secteur privé lucratif des agrofournitures, compromettent in fine les conditions de travail et de vie des agriculteurs. Le modèle agricole dit conventionnel, qui implique une course aux investissements et à l’agrandissement des fermes, tournées vers les marchés globalisées et l’agro-industrie, est une aberration économique, écologique et un désastre humain pour une large frange de la population agricole. Il est temps que les décideurs publics fassent preuve de volonté politique en passant outre les inerties d’un système aligné sur une trajectoire productiviste, ayant pour seule réponse, dans sa quête soudaine d’aménagement des conséquences négatives de son modèle productif, d’approfondir en réalité le verrouillage technologique.

Partant du même constat que le Ministère de l’agriculture sur la nécessité de développer des outils adaptés à la transition agroécologique, le Pôle InPACT a pris le temps d’analyser le contexte global des agroéquipements : quels acteurs publics et privés sont moteurs sur ce secteur ? Quels modèles de développement adoptent-ils et quelles sont les conséquences sur la structure de l’agriculture française ? Quelles stratégies certains agriculteurs mettent-ils en place pour contourner l’endettement systémique et l’incitation au suréquipement ?
Le Pôle InPACT propose un certain nombre de recommandations pour sortir d’un modèle d’innovation fordiste qui institutionnalise un partage des tâches entre scientifiques et équipementiers chargés de concevoir les innovations, vulgarisateurs chargés de les diffuser, et agriculteurs censés les adopter. Le Pôle InPACT propose une participation directe des agriculteurs à la conception des outils dont ils auront l’usage, tout en veillant à intégrer des critères agronomiques, écologiques, économiques et ergonomiques exigeants.

Dans un contexte de recherche d’efficacité de la dépense publique, le Pôle InPACT demande à l’Etat – via une note explicative ci-jointe – de questionner l’enveloppe de 10 Milliards d’euros qu’il semble attribuer sans réticence aux secteurs du numérique, des biotechnologies et de la robotique. Par les observations et les analyses produites par de multiples acteurs de terrain représentés par le Pôle InPACT, il semble cohérent et nécessaire de financer les processus vivants et créatifs d’innovation collaborative et des dispositifs d’économie circulaire pour les agroéquipements (notamment la conception intégrée sur les territoires, le recyclage et réemploi de matériels fonctionnels, l’autoconstruction). Des expériences collectives ouvertes ont été menées dans les campagnes : les connaissances et les savoir-faire générés présentent des caractéristiques d’efficacité évidentes pour la profession agricole, pour sa mutation vers de nouveaux systèmes agricoles autonomes et résilients. Par des effets d’échelles et d’inertie administrative, ces résultats tangibles et prometteurs ne sont que trop peu visibles et/ou regardés par les décideurs politiques. Leur extension, et une diffusion plus large de ces succès impulsés par les acteurs du terrain produiraient des transformations de pratiques agricoles efficaces et robustes dans le temps ; en étant basées sur la participation individuelle et la mobilisation collective des agriculteurs.

Il est nécessaire de repenser l’allocation d’une partie des 10 Milliards d’euros du plan « Agriculture et Innovation 2025 » : même si les nouvelles technologies numériques, robotiques ou les biotechnologies apparaissent comme des investissements financiers intéressants à moyen terme, elles ne constituent pas pour autant une réponse aux problématiques agricoles du XXIème siècle. De ce fait, elles ne peuvent légitimement pas capter l’ensemble de l’enveloppe destinée au développement de l’agriculture pour ces 10 prochaines années. Il est nécessaire d’appuyer les structures de développement rural, réseau InPACT et ONVAR compris, qui portent une méthodologie efficace d’accompagnement à l’innovation et à l’émergence de solutions technologiquement et socialement novatrices dans les territoires français.

Près de 10% des agriculteurs sont représentés par le Pôle InPACT. Ces agriculteurs et leurs organisations souhaitent, dans un esprit d’ouverture à la société civile, que leurs initiatives – pour une meilleure intégration de l’intérêt général dans la conception et la diffusion des agroéquipements, c’est-à-dire une souveraineté technologique adaptée à la transition agroécologique et à la pérennité des structures socio-économiques agricoles qu’elles incarnent – soient prises en considération par les organisations étatiques qui les représentent démocratiquement.

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 Texte publié sur le blog de l’Atelier Paysan

Rencontres annuelles de l’Atelier Paysan

Les Rencontres 2017 de l’Atelier Paysan auront lieu les 28, 29 et 30 avril en Drôme, à la ferme des volonteux à Beaumont-lès-Valence.

AG, débats, visites de fermes, chantiers et concerts… 3 jours pour fêter l’autoconstruction et causer souveraineté technologique des paysans !

Pré Programme

Vendredi 28 avril :

  • 9h00 à 15h00 : Assemblées Générales
  • 15h00 à 17h30 : Visite de la Ferme des Volonteux (ouvert à tout public)
  • 18h00 à 20h00 : conférence-débat sur la question de la souveraineté technologique des paysans (ouvert à tout public)
  • 20h00 et jusqu’au petit matin : soirée festive et concerts (entrée payante, tout public)

Samedi 29 avril :

  • Matin : Mise en place chantier participatif
  • Midi : Grand repas collectif de retour de bringue
  • Après-midi : chantier participatif accompagné

Possibilité de partir sur des visites de fermes ailleurs dans la région (programme à venir)

Dimanche 30 avril :

  • Suite et fin du chantier participatif accompagné
  • Clôture en fin d’après-midi des Rencontres 2017

Cliquez ici pour en savoir plus…

Les labs de Rennes, Gand et Toulouse vus par la chercheuse Flavie Ferchaud

Un article de Manon Walquan sur Makery.info

Deux ans que Flavie Ferchaud enquête sur les «lieux de fabrication et d’expérimentation du numérique» à Rennes, Gand et Toulouse. Alors qu’elle finalise sa thèse, la chercheuse tire pour Makery un premier bilan: ces lieux hybrides aux valeurs communes transforment la ville…

Flavie Ferchaud, diplômée en sciences-politiques et en urbanisme, travaille depuis 2014 sur une thèse d’aménagement axée sur les fablabs et les hackerspaces, qu’elle désigne comme « lieux de fabrication et d’expérimentation du numérique ». Son étude comparative de trois villes, Rennes, Gand et Toulouse, l’a menée dans une vingtaine de labs, où elle a conduit quelque 150 entretiens. Avant de s’attaquer à la rédaction de sa thèse, elle tire un premier bilan pour Makery.

Lire la suite de l’article sur Makery.info…

Photo © Makery

Au crépuscule des lieux

Pierre Giorgini

Bayard éditions (octobre 2016)

Présentation de l’éditeur :

Ce nouveau livre de Pierre Giorgini s’attaque au concept probablement le plus fondateur de l’âme humaine : le lieu. Il explique comment la transition technoscientifique que nous vivons est en train de bouleverser notre rapport aux lieux, aux espaces, au local… C’est le « crépuscule des lieux » ! Le psychanalyste jacques Arènes, qui signe une très belle postface, écrit : « Nous avons perdu notre toit » !
Associée à un phénomène d’hyper-concentration (capitaux, centres de décision, espaces publics et services…) et l’abolition des frontières, cette révolution nous met devant des choix décisifs pour l’avenir de l’humain.
P. Giorgini pense une fois de plus avec talent la transition : comment inventer des « tiers-lieux », des espaces ouverts et fédératifs, qui associent la création en réseaux et l’enracinement local? Il est urgent de travailler à des liens entre le global et le local.

Extrait :

La nécessité de créer ou de recréer de nouveaux lieux qui articulent le local et le global signifie que nous avons plus de mal avec cette expérience d’habiter, expérience couvrant le vaste champ du plus intime à l’ensemble du monde global. Les liens sont actuellement fragiles, et ils peinent à s’habituer en un lieu.  Il faut du temps pour habiter : il est nécessaire de faire confiance au lieu et à ceux qui l’occupent avec nous. Une partie d’entre nous – les plus fragiles psychiquement et socialement – sont expulsés de  leur lieu et de leurs liens. Leur habitat se rétrécit à quelques-uns, et parfois à eux-mêmes. Le monde connecté, et la société en réseau maillé ne sont réellement profitables qu’à quelques-uns : comment faire en sorte que ceux qui vivent à marge de ce monde y soient eux aussi intégrés ?

 

Les 7 règles de la démocratie participative

Un article de Frank Escoubès, co-fondateur de bluenove, société de conseil et de développement technologique spécialisée en open innovation et en intelligence collective.

On aurait pu s’attendre à un coup de pied dans la fourmilière. Que les Primaires de la Droite et du Centre soient l’occasion d’un petit coup d’état institutionnel. Et que les Primaires de la Gauche annoncent déjà la couleur d’un aggiornamento.

Las.

Comme en 40, chacun des candidats y va de son programme, appelant de ses vœux un « débat », mais cherchant avant tout à « défendre » ses positions. La politique à papa, c’est le sparadrap du capitaine Haddock : impossible de s’en défaire.

Et pourtant. Comment maintenir un dispositif électoral qui s’apparente à la défunte planification stratégique des entreprises ? Qui oserait encore croire qu’il est possible de déterminer seul, ex cathedra, une feuille de route quinquennale ? Quel manager dans le vrai monde souhaiterait se couper de l’ensemble de ses salariés pour diagnostiquer, définir et mettre en œuvre ses grandes orientations ?

Pari pascalien : chaque citoyen, au fond de lui, détient un bout de la solution. Un petit bout certes, partiel, épars, insuffisant, mais un bout quand même, qui vaut mieux que le fait du prince. Voici, dans cet esprit, 7 intuitions cardinales toutes simples pour une réinvention de la démocratie participative…

Lire la suite de l’article sur usbeketrica.com

Changer de point de vue sur les communs par la participation citoyenne

La Ville de Grenoble, avec Maire Eric Piolle à la tête, mène une politique de transition écologique ambitieuse dans un contexte budgétaire difficile. Un de ses aspects forts réside dans sa politique de démocratie participative : la réappropriation de l’espace public dans toutes ses dimensions, permet de faire vivre les Communs par et pour les habitants. Un entretien avec Eric Piolle, par Rosalie Salaün.

Quels liens faites-vous entre les Communs et les politiques participatives que vous menez dans l’espace public, qui touchent plusieurs domaines : culture, circulation, etc. ?

Le lien est fort : on a retiré la publicité de l’espace public, on travaille sur du mobilier spécifique pour les enfants, sur les frontières dans la ville, à la fois territoriales et temporelles, sur la réappropriation de l’espace public, avec par exemple les potentiels conflits d’usage entre le jour et la nuit, etc. A chaque fois, il faut réinterroger et préserver ce que nous avons en commun.

Il faut à la fois que les citoyens retrouvent de la capacité d’agir, individuelle et collective, et que ce qui est mis en commun soit géré, partagé et porté politiquement pour avoir du sens : on ne consomme pas simplement ce Commun, on trouve du sens à son contact.

Lire la suite de l’article sur greeneuropeanjournal.eu…

Un million de révolutions tranquilles

Travail, argent, habitat, santé, environnement… Comment les citoyens changent le monde

Bénédicte Manier

Les liens qui libèrent (Novembre 2012)

Présentation de l’éditeur :

Ils sortent de la faim et de la pauvreté des centaines de milliers de personnes. Ils sauvent des entreprises. Ils construisent des habitats coopératifs, écologiques et solidaires. Ils ouvrent des cliniques gratuites, des microbanques, des épiceries sans but lucratif ou des ateliers de réparation citoyens. Ils reverdissent le désert et régénèrent les écosystèmes. Ils financent des emplois ou des fermes bio. Et partout dans le monde, ils échangent sans argent des biens, des services et des savoirs, redynamisent l’économie locale ou rendent leur village autonome grâce aux énergies renouvelables.

Qui sont-ils ? De simples citoyens et citoyennes. Mais ils sont les pionniers de nouveaux modes de vie, qui sont en train de transformer la planète. Bénédicte Manier, journaliste, a parcouru plusieurs pays et observé la réussite de ces révolutions silencieuses. Son livre est le premier à appréhender la dimension mondiale de ces alternatives qui foisonnent depuis trois décennies et ne cessent de se développer. Des initiatives qui n’émanent pas de groupes marginaux, mais de classes moyennes bien intégrées, aspirant à vivre dans un monde plus juste.

Il s’agit là d’un mouvement inédit, mené par une société civile lucide, ayant décidé de reprendre en main les enjeux qui la concernent et qui, des États-Unis à l’Inde, du Canada à la France, de l’Argentine au Japon, fait émerger des solutions innovantes à la plupart des maux de la planète. Peu à peu, elle dessine ainsi les contours d’une société plus participative, plus solidaire, plus humaine.

Commentaire de l’auteure :

C’est le premier livre qui fait le tour du monde des initiatives citoyennes dans tous les domaines : agriculture, habitat, consommation collaborative, monnaies locales, Fab-Labs et coworking, coopératives, environnement, ressources en eau, agriculture, urbaine, etc (et il a en partie inspiré le film Demain de Cyril Dion et d’autres documentaires et livres).
L’idée est de montrer que désormais, la société civile crée, partout, ses propres circuits alternatifs et qu’elle reprend en main l’ensemble des enjeux qui la concernent. C’est un mouvement mondial mais qui manque encore de coordination, d’articulation, pour faire système. On voit ainsi des alternatives complémentaires se développer sur de mêmes territoires, mais sans se concerter. Cette coordination des initiatives, c’est la prochaine frontière : une vraie alternative au système économique dominant ne pourra marcher que si ces alternatives fonctionnent en réseau, en écosystème, et atteignent une masse critique.

Commons Josaphat : de l’idée à la réalité d’un commun urbain

Entretien avec Geert De Pauw, à Bruxelles

Se rencontrer

Le projet Commons Josaphat a démarré en 2012 à Bruxelles. Quelques associations travaillaient alors dans des domaines variés (logiciels libres, états généraux des eaux, community land trust, festival des libertés,…), chacune un peu dans son coin, et sans forcément avoir conscience que ces domaines pouvaient être liés à la question des biens communs. Une dizaine de personnes ont commencé à se réunir pour que les collectifs puissent apprendre les uns des autres, et pour tenter de comprendre ce qui les fédérait à travers la notion de biens communs.

Des rencontres thématiques (logiciel, terre, logement,…) ont d’abord été organisées et furent l’occasion d’inviter des personnes et des associations pour faire des liens entre toutes ces initiatives et échanger des connaissances, mais aussi pour montrer l’existence de ces dynamiques et pour introduire cette notion auprès des bruxellois.. La même trame a été suivie pour chacune de ces rencontres (gouvernance, propriété, etc…).

Choisir un lieu

Puis, plutôt que de rester dans une réflexion théorique, il a rapidement été question d’appliquer les concepts sur le terrain. La question s’est posée en ces termes : “Si nous devions développer la ville avec tous ceux qui sont autour de la table, comment faire, et comment le faire autrement ?”. C’est ainsi que l’idée a émergé de choisir un “morceau de ville” pour voir ce qui pourrait y être fait. Les participants ont pensé qu’il serait plus facile d’expérimenter cette construction sur un terrain entièrement vide.

Le site choisi, Josaphat, est un ancien terrain de chemin de fer qui n’est plus utilisé depuis longtemps. Il appartient à la région bruxelloise, ce qui permet de s’adresser aux pouvoirs publics plutôt qu’à un promoteur immobilier. Et c’est à partir de ce choix concret que le collectif a commencé à travailler à la rédaction du projet “Commons Josaphat”.

Ouvrir la réflexion

Pour ouvrir la réflexion, un appel à idées adressé à toute la population bruxelloise a été lancé. Cet appel étant très large, il a donné lieu à beaucoup de réactions, depuis de tous petits projets parfois peu aboutis jusqu’à des projets très ambitieux pour ce site de 24 hectares. Ces propositions ont fait l’objet d’une exposition, puis des groupes de travail thématiques ont travaillé à la rédaction d’un projet détaillé.

Cette étape, qui a duré deux ans, a débouché sur un matériel intéressant qui a été publié sous la forme du texte “Josaphat en Commun : d’une réserve foncière à un quartier en bien commun”. Dans cette proposition citoyenne de 68 pages sont expliqués les principes, les recommandations (en terme d’écologie, de mobilité, de logement, de gouvernance, de plus-value,…), et toutes les questions qui se posent quand on projette de développer un quartier.

Convaincre

À compter de ce moment, le collectif a pensé qu’il était temps d’essayer de convaincre les pouvoirs publics afin de mettre en oeuvre le projet. Un débat politique a été organisé au moment des élections avec tous les partisans du projet, et un dialogue a été engagé avec la région bruxelloise qui avait déjà un projet de vente de ce terrain à des interlocuteurs privés.

Ce dialogue avec l’institution n’est pas toujours facile, mais il a tout de même permis de déboucher sur l’installation sur le terrain de plusieurs expérimentations qui y sont tolérées tandis que des négociations sont en cours pour les officialiser : un jardin collectif, un projet de récupération alimentaire, un projet artistique, etc…

Pour montrer que leurs proposition est réaliste et réalisable, le collectif Commons josaphat travaille maintenant sur une proposition pour un îlot modèle dans lequel les idées sont développées beaucoup plus en détail pour obtenir une proposition la plus aboutie possible. Cet îlot serait composé d’environ 100 logements articulés avec d’autres fonctions (community land trust, habitat groupé, logement social coopératif, épicerie coopérative,…) visant à montrer qu’il y a moyen de mettre en oeuvre concrètement les idées et même que cela fonctionne mieux que l’existant.

Le travail de réflexion et de rédaction s’oriente donc vers des études précises sur les aspects d’architecture, les aspects financiers, les questions liées au bâti, au foncier, à la gouvernance,… Cette étude est fondée sur le principe d’un développement de la ville qui ne compterait pas sur la spéculation immobilière pour faire avancer le projet. L’objectif est d’obtenir une proposition aboutie début 2017 afin de démontrer que le projet est réalisable et de convaincre la région d’inclure dans l’appel d’offre de vente du terrain qu’une partie soit réservée à cette expérimentation alternative.

À Bruxelles, beaucoup de choses ont évolué sur les questions d’écologie. Par exemple, tout ce qui est construit aujourd’hui doit être “passif”. Mais ça reste assez limité aux aspects techniques des bâtiments. Le projet Commons Josaphat voudrait démontrer que l’ensemble du développement de la ville peut être pensé et mis en oeuvre autrement, qu’il existe une alternative possible.

Espérer et concrétiser

Il y a encore beaucoup de méfiance de la part des pouvoirs publics, mais en créant le débat, Commons Josaphat participe à l’évolution des mentalités, et certains interlocuteurs commencent à comprendre de quoi il s’agit et quel intérêt il pourrait y avoir à tenter cette expérience. Par exemple, jusqu’à maintenant, la région vendait ses terrains à des promoteurs privés, mais ce dialogue ouvre une possibilité réelle pour qu’elle ne le fasse plus. De plus en plus de personnes impliquées de près ou de loin dans la politique urbaine comprennent et soutiennent les idées nouvelles du collectif.

La région bruxelloise devrait lancer son appel d’offre en juin 2017 qui sera donc une étape importante pour savoir si le projet du collectif pourra se concrétiser à cet endroit, ne fut ce que pour une petite partie du terrain. Une fois cette étape franchie, le collectif, qui est encore un petit groupe, devra faire en sorte de stimuler les candidatures de personnes et entreprises, nouveaux “promoteurs de biens communs” prêts à se lancer dans l’aventure…

Propos recueillis par Maïa Dereva

Photo : © Paula Bouffioux

Michel Bauwens : la société des communs

Les échanges en peer-to-peer au début des années 2000 ont alerté le penseur belge, entrepreneur dans le numérique à cette époque-là. Par la suite, ses recherches historiques sur les changements de civilisation, de l’Empire romain à l’avènement du capitalisme, et ses observations des communautés open source et des communs numériques l’ont finalement convaincu : nous sommes en train de vivre un changement de société. Et ce sont les artisans du pair-à-pair qui nous montreraient le chemin de la transition.

Je prétends que ce modèle qui est en train de naître au sein de ces nouvelles communautés nomades est aussi un modèle de société. Je fais l’hypothèse que la mise en réseau et le passage à grande échelle de ces micro-économies constitueront le cœur d’un nouveau système, celui d’une société post-capitaliste.

Lire l’article de Chrystèle Bazin sur CultureMobile.net

Lire l’entretien complet en PDF…

Ecouter l’entretien complet avec Michel Bauwens :

Communs et transformations sociales : expériences européennes sous un regard pluriel

A partir de la rentrée 2015, la chaire d’économie sociale et solidaire (ESS) de l’université Paris Est Marne-laVallée (UPEM) a mis en place un programme de recherche autour des communs sur la base de l’hypothèse de travail suivante : est-il possible de concevoir certaines des réalités de l’économie sociale et solidaire comme des modèles de commun en se référant à la définition générique qu’en propose Coriat (2015) à la suite d’Ostrom (1990).

Plus précisément, sur la base de cette définition, les réalités de l’ESS visées dans ce programme, tels les pôles territoriaux de coopération économique, les monnaies locales complémentaires, les communautés alternatives ou, encore, les territoires zéro chômeur de longue durée, dessinent-elles une nouvelle catégorie de communs. A côté des communs traditionnels autour des ressources naturelles et des communs numériques autour de communautés de connaissance, ces réalités pourraient être qualifiées de communs ESS ou de communs sociaux ?

L’enjeu de ce programme de recherche dépasse la seule question de la délimitation d’une nouvelle catégorie de communs dont l’ESS serait le lieu. Il est aussi d’ouvrir une réflexion sur la possibilité pour l’ESS de trouver dans le modèle des communs sociaux la voie théorique et pratique d’une alternative en tant que mode de développement durable et solidaire (cf. Defalvard, 2015).

Pour marquer une première étape dans ce travail, la chaire ESS-UPEM a souhaité se rapprocher des travaux sur les communs menés dans une perspective juridique en Italie. En effet, l’UPEM est déjà associée à l’université de Pise dans le cadre de la thèse de doctorat de Benedetta Celati portant sur les aspects juridiques du financement des communs, sous la double tutelle de Michela Passalacqua (Sciences juridiques à Pise) et d’Hervé Defalvard (Sciences économique à l’UPEM).

Afin d’organiser ces échanges sur les communs aussi bien dans une dimension pluridisciplinaire qu’internationale, un workshop a été organisé à l’UPEM le lundi 16 mai 2016, réunissant des contributions qui forment les six premiers articles de ce numéro spécial des Cahiers de la Chaire ESS-UPEM « Communs et transformations sociales : expériences européennes sous un regard pluriel » dont le titre reprend celui du Workshop.

Cliquez ici pour lire ce numéro spécial des Cahiers de la Chaire ESS-UPEM… (PDF – 148 pages)

Economie Collaborative : la riposte de l’ESS

Un article de Sébastien Poulet-Goffard initialement publié sur Medium, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

L’économie collaborative serait-elle toute entière entre les mains du capitalisme le plus sauvage? Pas tout à fait…. ça et là, des porteurs de projets résistent. Et l’ESS, qui voit dans les plateformes collaboratives un formidable outil, non pas de captation, mais de distribution de valeurs entend bien défendre sa place. Le 13 décembre 2016, le Labo de l’ESS organisait une conférence intitulée “Vers une économie collaborative sociale et solidaire”. L’occasion de faire le point sur la question.

L’opération séduction d’Airbnb est bien rodée: d’abord rappeler que sans la firme californienne, des quartiers entiers tomberaient en décrépitude, puis insister sur les retombées financières pour les économies nationales. En un an, pour la France, ce serait un gain de 2,5 milliards d’euros, gagnés par les hôtes et dépensés par les touristes.

Airbnb ne nous veut que du bien. La preuve, l‘entreprise porte des valeurs d’accueil, de générosité et de partage. Elle a inventé le tourisme collaboratif et supprimé les intermédiations qui freinaient les rencontres. Brian Chesky, co-fondateur et DG d’Airbnb ne cesse d’ailleurs de le répéter: « Je rêve d’un monde où les gens ne vivent pas pour posséder de nouveaux biens, mais pour les partager ».

C’est donc ça l’économie collaborative. Un monde amélioré, où l’offre des uns, satisfait la demande des autres via des plateformes digitales organisant une horizontalité bienveillante. Un monde libéré des anciens intermédiaires et des organisations pyramidales qui sclérosaient et freinaient les échanges. L’heure est à la rencontre, directe, et au bénéfice de tous.

Des mauvaises langues diront pourtant que c’est surtout au bénéfice de quelques uns. Avec un chiffre d’affaires estimé à 65 millions € dans l’Hexagone, le leader mondial de l’hébergement sur Internet – par ailleurs valorisé a plus de 20 milliard € — n’investit pas un centime dans les biens utilisés, et ne paye que 69 168€ d’impôts à l’Etat français.

Le Parisien 11 août 2016

On est donc très loin de l’économie coopérative, dont l’un des piliers consiste, justement, à partager les risques et à mettre en commun la valeur créée. Une confusion qui demeure, savamment entretenue par certains qui ont intérêt à draper l’économie collaborative d’une aura solidaire. Question d’image…

Agacé par cette mystification et afin de lever toute ambiguïté, Hugues Sibille, président du Labo de l’ESS publiait en juillet dernier, en pleine guerre des taxis, une tribune dans les colonnes de La Croix. Intitulé, “Affaire Uber : économie collaborative et économie coopérative ne sont pas synonymes”, le texte s’attache à remettre les pendules à l’heure.

“L’économie coopérative repose sur des groupements de personnes et non de capital, dans lesquels les usagers ou les salariés (ou les deux) ont le pouvoir sur l’entreprise (une personne égale une voix) et se partagent les résultats après avoir fait des réserves. Chez Uber, les résultats repartent aussitôt dans la Silicon Valley après un passage par les Bermudes pour échapper à l’impôt”, rappelle Hugues Sibille.

D’après l’auteur, il est tout simplement temps pour l’ESS de passer à l’offensive et de reprendre la main sur les approches collaboratives qui permettent à chacun de devenir acteur et de partager les usages. Les rencontres Prospectiv’ESS organisées par le Labo constituent l’Acte 1 de cette reprise en main. Il y avait eu le 29 mars 2016 un événement intitulé “Economie Collaborative et ESS — je t’aime moi non plus?” , une rencontre d’experts invités à débattre autour d’ateliers participatifs.

Dans le prolongement, le Labo réunissait ce 13 décembre des acteurs autour de trois tables rondes thématiques afin de porter des propositions concrètes pour “Une économie collaborative, sociale et solidaire”. C’est, pour Hugues Sibille, militant de la pluralité des économies, une façon d’occuper le terrain et de doter l’ESS d’outils de résistance, voire de conquête!

Présente à l’ouverture de la conférence, Odile Kirchner, déléguée interministérielle à l’ESS, estime qu’il est important que le Labo et plus largement l’ESS s’emparent de cette question. “Au-delà des modèles purement capitalistes, l’économie collaborative peut, en soit, être un vecteur d’accès à un mode de vie plus frugale en proximité avec les aspirations d’un nombre grandissant d’individus, explique-t-elle. Dès lors, il y a urgence à ce que l’ESS se dote d’ambitions et d’outils de financements qui permettront aux projets coopératifs de se développer plus rapidement, sans quoi les bonnes idées seront fatalement toujours captées par l’économie classique. C’est notamment pour cela que j’en appelle à un rapprochement avec la Frenchtech pour une hybridation et une acculturation réciproque”, dit-elle.

Pour Laurent Bougras de Fairbooking — la plateforme éthique et solidaire de mise en relation directe entre hébergements et voyageurs- il y a vraiment urgence à insuffler un peu de social au modèle collaboratif. Il rappelle notamment que les hôteliers ont versé en 2015 plus d’1 milliard € de commissions aux plateformes de réservation en ligne. Et il insiste: “Tout cet argent sort du territoire, et n’est pas investit dans l’embauche ou l’entretien des bâtiments. A terme, tout ceci va nuire à la destination France, et le pays tout entier en pâtira.”

C’est pour cela que Paola Tubaro, chercheuse et sociologue au CNRS en appelle à une implication croissante des pouvoirs publics locaux, notamment pour dessiner les villes sur le long terme à la manière des smart cities. “Les nouveaux usages de la ville sont nombreux. Et le Velib est une expérience de partage institutionnel assez pionnière, dit-elle. La société civile fait par ailleurs preuve d’un dynamisme renouvelé avec l’émergence d’une diversité d’initiatives comme les FabLab, ancrés sur leur territoire, utilisant les outils communautaires pour lever des fonds mais se revendiquant de l’ESS. Il faut les soutenir”.

Pour l’économiste Philippe Fremeaux, l’économie sociale est forcément collaborative. Historiquement, tout est parti du regroupement d’individus qui ont collaboré pour résoudre des problématiques qu’ils avaient collectivement identifiées. “Toutes les mutuelles appartiennent, en soi, à l’économie collaborative. Ce qu’il faut valoriser dès lors, ce n’est pas le capital, que nous n’avons pas beaucoup dans l’ESS, mais le nombre, qui constitue un vrai pouvoir”, explique-t-il. “Si on avait attendu d’avoir suffisamment de fonds pour créer les premières caisses mutuelles, la Maif et les Caisses d’Epargne n’existeraient pas”, explique-t-il.

La question du financement demeure tout de même une question récurrente dans l’Economie Sociale et Solidaire. Julien Benayoun, de 1001PACT, première plateforme d’equity Crowdfunding dédiée aux entrepreneurs sociaux agréée par l’AMF témoigne: “Les réseaux d’accompagnement sont nombreux et les solutions financières existent en phase d’amorçage. Mais en temps 2, quand la preuve du concept est faite, il est difficile de se financer, il n’existe pas de Business Angels dans l’ESS comme dans l’économie classique”.

C’est pour répondre à cet enjeu que la CG Scop s’apprête à lancer le fonds d’investissement CoopVenture, pour financer et accompagner les startups numériques, en complément de la chaîne d’accompagnement déjà existante, afin de garder la valeur et les emplois sur les territoires.

“Mais il faut aussi que les territoires aient les moyens d’innover et d’expérimenter”, indique Denis Hameau, Conseiller municipal de Dijon, VP de la Region Bourgogne Franche-Comté pour l’ESS. “Promulguer une loi cadre ou faire un schéma, ce n’est rien si nous ne sommes pas capables de réunir au local les bonnes volontés autour d’innovations à fort potentiel”, explique-t-il.

“Il n’empêche, au niveau Bruxellois, sur le terrain de l’ESS et des modèles horizontaux, la France est très regardée, et elle a valeur d’exemple”, rappelle Michel Catinat, à la tête de l’unité Clusters, économie sociale et entrepreneuriat de la Commission Européenne, qui porte notamment le programme de soutien Start-up Scale-up.

Et c’est justement parce que l’ESS, en France, a une petite longueur d’avance qu’il faut mieux l’armer et l’aider à prendre la place qui lui revient dans l’économie collaborative. Du repérage des projets, à l’accompagnement et au financement du changement d’échelle, à la structuration de l’emploi, en passant par la protection des salariés, jusqu’à l’évaluation de l’impact des structures coopératives, les chantiers sont nombreux. Cela ressemble un peu à une feuille de route pour le Labo de l’ESS.

Illustrations d’Héloïse Chochois, reproduites avec son aimable autorisation.

L’expert Michel Bauwens fait des recherches sur Gand comme « ville des Communs de l’avenir »

Un plan de transition des Communs décrira le rôle et les possibilités de la Ville pour renforcer les initiatives citoyennes.

A partir du 15 mars 2017, l’expert peer-to-peer Michel Bauwens mènera un projet de recherche et de participation de trois mois à Gand sur la «ville de l’avenir en commun». La recherche devrait aboutir à un plan de transition des Communs, décrivant les possibilités et le rôle de la Ville de Gand (en tant qu’autorité locale) dans le renforcement des initiatives citoyennes. Avec cela, la Ville souhaite donner une nouvelle dimension à une économie durable et éthique à Gand.

Michel Bauwens (58 ans) travaille depuis plus de dix ans sur le thème de l’économie et de la société des biens communs. Il est sollicité dans le monde entier comme conférencier ou pour donner des ateliers, et il est l’auteur du best-seller «Sauver le monde : vers une société postcapitaliste avec le P2P». Bauwens a dirigé un projet similaire de recherche et de transition en Équateur. Le grand journal français, Libération, se réfère à lui comme le théoricien de premier plan sur le thème de l’économie de la coopération, à la suite de l’édition française du livre.

Le terme « commun » ou «bien commun» désigne les biens qui sont gérés par la communauté des producteurs, des utilisateurs et des citoyens qui en sont affectés ou qui en bénéficient. Les Communs comme une nouvelle forme d’organisation est illustrée par une variété d’initiatives autour de la production et la consommation avec l’idée de parvenir à une société plus durable. Il peut s’agir, par exemple, de la mise en place de coopératives énergétiques ou d’espaces de travail partagés pour le co-working. Les exemples à Gand sont EnerGent, LikeBirds, Voedselteams, Wijdelen, etc.

Toutes ces initiatives montrent que «les commus urbains» sont vivants et s’installent aujourd’hui dans la ville.

Le processus de recherche et de participation mettra en évidence les initiatives de communs à Gand ainsi que leur potentiel pour la société et l’économie. Les entrepreneurs de l’économie de partage seront également impliqués dans cette recherche. Ils seront interrogés sur les problèmes qu’ils rencontrent d’un point de vue structurel et sur leurs souhaits d’appui et de coopération en relation avec la ville de Gand en tant qu’autorité locale.

Le processus aboutira à un plan de transition des Communs qui décrit les options pour des interventions publiques optimales. Il devrait offrir le cadre pour la réglementation et le soutien des initiatives dans l’économie du partage. Un certain nombre de villes étrangères ont été utilisées comme point de repère (comme Barcelone, Bologne, Séoul), qui ont déjà ouvert la voie à la reconnaissance et à la promotion des pratiques de communs.

Source : Stad.gent

Contribuer à l’émergence d’une société neuve et vive – Des chemins à investir

Olivier Frérot

Editions Solidarités émergentes

mail-livre-emergence2frerotUn de nos plus grands désarrois actuels est la progressive disparition de ce que nous appelons le Bien Commun. Nous ne comprenons pas pourquoi ce qui était encore efficace il y a peu ne l’est plus; pourquoi la machine publique qui produisait globalement du bien pour nous tous, s’est enrayée.

Nous pouvons être gagnés par l’amertume et le ressentiment. Ne devrions-nous pas regarder cette évolution avec lucidité ? Sinon, des tragédies pourraient bien nous submerger et la barbarie revenir. Il importe donc de comprendre ce qui nous arrive en ce début de XXIe siècle, où est passé ce Bien Commun qui nous tenait positivement ensemble et s’il n’est pas en train de se métamorphoser en une autre forme.
Cet ouvrage montre ce qui est en train de naître au cœur de la société, ils s’ouvrent des chemins inédits et enthousiasmants pour la pensée et pour l’action.

Illustration : Annie Demongeot

L’auteur :

Olivier Frérot, né en 1959, a fait des études scientifiques. Il est diplômé de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées. Il obtient également un DEA de pharmacologie. Il entre au Ministère de l’Equipement en 1985.

Il aura des responsabilités managériales dans différentes directions départementales de l’Equipement, avec notamment celles de directeur dans le Territoire de Belfort de 1998 à 2002, puis dans le département de la Loire à Saint-Etienne de 2002 à 2007. Il dirige l’Agence d‘urbanisme de Lyon de 2007 à 2012, puis il change d’orientation en prenant la responsabilité de vice-recteur en charge du développement à l’Université catholique de Lyon depuis la mi-2012 à mi 2012 à mi 2016.

A partir de septembre 2016, il crée Philométis et devient consultant-coopérateur à la coopérative Oxalis, en proposant une réflexion approfondie sur la métamorphose de notre société.

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