Archives de date "avril 2016 [f2016Fri, 29 Apr 2016 22:51:41 +000004 30 29UTC 29 30UTC 29UTC41 Fri, 29 Apr 2016 22:51:41 +00002016-04-29T22:51:41+00:001051vUTC41 04UTC441000000UTCvendrediFridayUTC41]"

Elinor Ostrom, les communs et l’anti-capitalisme

En 2009, l’économiste politique américaine Elinor Ostrom devint la première femme à recevoir le Prix Nobel d’Economie. Au sens strict, elle n’était pas plus économiste que le prix était un Nobel puisqu’il s’agissait du Prix de la Banque de Suède. Née « pauvre », selon ses propres termes, en Californie, durant l’été 1933, elle a publié « Governing the Commons » [Gouverner les communs, NdT] en 1990 et est décédée d’un cancer en 2012. J’ai eu la chance de la rencontrer en personne et de pouvoir passer ces deux dernières années à faire un travail de recherche détaillé sur ses travaux. Je suis anti-capitaliste, et bien qu’elle n’aurait sans doute pas accepté cette appellation, je soutiendrai ici que ceux qui veulent créer une économie démocratique et écologique qui dépasse le marché et l’état, trouveront une énorme inspiration dans son travail.

L’objectif principal d’Ostrom était d’examiner comment les ressources communes pouvaient être gérées. Elle a expliqué que les ressources communes incluaient les lacs et la pêche parce qu’ils ne pouvaient pas être facilement divisés en propriétés privées, et  qu’ils devaient donc être gérés par une forme de convention collective. Son travail et celui de son mari Vincent Ostrom, a commencé par l’étude des nappes phréatiques autour de Los Angeles. Immortalisé dans le film de Roman Polanski « China Town », différents utilisateurs étaient sur le point de prélever trop d’eau dans le système. Si une quantité trop importante d’eau avait été prélevée, la nappe phréatique aurait tellement baissé que de l’eau salée aurait été aspirée, détruisant le système. Les Ostrom ont constaté que les utilisateurs de l’eau ont formé des associations et que, en dépit de la difficulté du défi, ils ont trouvé des moyens de co-exploitation pour préserver le système.

A la fois à l’écoute de Garret Hardin, qui avait proclamé la Tragédie des Communs et fait valoir que si les Communs n’étaient pas protégés par des enclosures ils s’éroderaient,  Elinor était également ennuyée par son point de vue qui consistait à affirmer que la population devait être réduite par des mesures agressives, ce qui l’a inspirée pour renouveler son précédent travail sur la mise en commun des ressources :

Elinor Ostrom : Hardin a fait un discours sur le campus [de l’Indiana University à Bloomington], auquel je me suis rendue, et il a évoqué les choses de manière générale – mais à ce moment, le fait est qu’il était vraiment inquiet à propos de la population. Il a suggéré que tous les hommes et toutes les femmes devraient être stérilisés après avoir eu un enfant. Il était très sérieux en disant cela.

Margaret Levi : c’était réellement Garret Hardin ?

Elinor Ostrom : oui – et pas Russel [Hardin]. Garret Hardin. Je fus quelque peu surprise : « Ma théorie prouve que nous devrions faire cela », et les gens ont demandé : « Ne pensez-vous pas que c’est un peu violent ? » « Non ! C’est ce que nous devrions faire, sinon nous sommes fichus. » Bon, dans mon esprit, il est donc devenu totalitaire. J’avais ainsi vu un vrai cas où sa théorie ne fonctionnait pas.

Aussi bien Elinor que son mari Vincent s’auto-intitulaient « institutionalistes » parce qu’ils s’intéressaient à comment les institutions fonctionnent, et les étudiaient du point de vue de l’économie politique. Ils se sentaient concernés par deux problèmes essentiels : comment les ressources pouvaient être gérées d’une manière écologiquement durable, et comment un système autonome pouvait être encouragé. Vincent, qui est mort quelques jours seulement après Elinor, également du cancer, était un penseur à part entière fascinant, et a publié de nombreux livres.

Il y a, je pense, deux approches communes de la relation d’Elinor avec la gauche, la pensée radicale et l’anti-capitalisme. La première consiste à penser qu’elle a puisé dans l’économie libérale, en commençant par Adam Smith, était hostile à l’État et était essentiellement hayékienne, et en tant que telle, qu’elle n’a rien à voir avec le socialisme. L’approche opposée est de proclamer les communs comme l’alternative au capitalisme, de noter qu’elle a remporté un prix Nobel pour avoir théorisé sur les communs et, à cet égard, qu’elle était à gauche. Je pense que les deux approches ont tendance à trop simplifier son approche nuancée et inhabituelle : bien que sceptique sur le fait que l’Etat pourrait agir comme un chevalier blanc pour faire face à l’inégalité et à l’oppression, elle n’était cependant pas libertaire. En tant que théoricienne des communs, elle n’était pas une fondamentaliste des communs, comme elle ne les voyait pas comme une panacée pour tous les maux sociaux et écologiques.

Aussi, Ostrom ne s’est jamais identifiée à la gauche traditionnelle. Lorsqu’on lui a demandé si elle  contestait ceux qui accusaient ses théories d’être « implicitement socialiste », elle a répondu : « Oui. Je ne pense pas qu’ils soutiennent que le socialisme est une théorie « top-down ». Beaucoup de gouvernements socialistes sont très « top-down » et je pense que ma théorie affirme que tout gouvernement « top-down », que ce soit à droite ou à gauche, n’est probablement pas en mesure de résoudre la plupart des problèmes de durabilité des ressources dans le monde ». Cependant, elle n’était pas non plus conservatrice comme son amie Amartya Sen, mais était plutôt partisane d’une plus grande égalité sociale, en déclarant carrément à un journal allemand que d’être «né riche est toujours mauvais ».

Les Ostrom étaient certainement au courant de la critique de la planification centrale de Friedrich Hayek, mais ils étaient d’accord pour rejeter l’idée que les marchés étaient spontanément efficients. Ils croyaient que tous les niveaux de la société pouvaient tirer bénéfice d’une conception institutionnelle intelligente et expérimentale. Difficile à classer, avec leur propre approche unique, les Ostrom peuvent sembler déconcertants. Ni anarchistes, ni chantres du marché libre, ni partisans du contrôle « top-down », ils étaient au mieux très inhabituels et, au pire, tout à fait déroutants.

Je crois qu’Elinor Ostrom a fourni une ressource énorme pour tous ceux d’entre nous qui souhaitent voir ce que nous pouvons apprendre d’elle à propos d’une alternative au néo-libéralisme. Sa propre pratique académique était radicale : elle a cherché une économie au-delà du marché et de l’Etat, a préconisé une forme pratique de l’écologie politique, a examiné comment les communs pourraient fonctionner pour la communauté, et a également montré l’importance d’une conception institutionnelle prudente dans le changement social. Elle a également contesté le modèle de « l’homme et la femme économiques rationnels » et se faisait l’avocat des femmes, des minorités, des populations autochtones et des paysans.

Sa pratique académique était radicalement égalitaire et, à cet égard, donne une leçon pratique à toute la gauche. Sa recherche intégrait le respect des autres : elle demandait aux gens comment ils conservaient les communs et renforçait la base de connaissances. La quasi-totalité de son travail était collaboratif. Quand elle a téléphoné à son mari et lui a dit qu’elle avait gagné le prix Nobel, elle a dit : « Chéri, nous avons gagné un prix ». Une grande partie de leur travail est donc attribuable à un « nous » et non à un « je », et ils ont mis en place un atelier innovant qui, encore à ce jour, pratique une approche communautaire du travail scolaire. Elle a demandé aux participants de l’atelier de critiquer son projet de discours pour le Nobel, mis en place une bibliothèque de documents sur les communs en libre accès et libre usage, et était peer-to-peer avant même que l’expression ait été inventée.

Le titre de sa conférence pour le Nobel était « Au-delà des marchés et des États ». Même si elle n’a rejeté ni le marché ni l’État, elle a vu au-delà en reconnaissant qu’il y avait d’autres façons de gouverner l’activité économique humaine. Même à gauche, l’économie au-delà du marché et de l’état semble impossible. La gauche estime qu’il est difficile d’imaginer des alternatives au marché, et le consensus néo-libéral estime que le marché est la réponse à tous nos maux. Depuis le démantèlement du NHS jusqu’aux nouveaux traités commerciaux qui balayent les obstacles au bénéfice des sociétés, les valeurs de marché sont considérées comme une panacée. La recherche prudente et détaillée de Ostrom dans l’économie de non-marché est essentielle dans ce qu’elle suggère qu’il y a une vie au-delà de la panacée supposée du marché.

En particulier, elle a étudié les communs pour montrer que la propriété collective communale était possible dans de nombreuses circonstances. Utilisant un grand éventail de techniques pour étudier la gestion des ressources communes, elle a surtout étudié avec succès les communs avec une technique d’étude de cas historiquement fondée, et la constitution d’une liste de huit caractéristiques de conception des communs durables. Sa liste de huit caractéristiques n’a pas vocation à être normative, mais elle constitue une leçon pour la gauche anti-capitaliste. Créer des alternatives qui fonctionnent bien exige une étude minutieuse des alternatives réussies et de celles qui ont échoué pour concevoir des institutions qui peuvent potentiellement fonctionner. Espérer créer des solutions de rechange est un vain espoir sans recherche rigoureuse.

En tant qu’institutionnaliste, elle a considéré les structures démocratiques et économiques en fonction d’un ensemble de règles. Pour elle, la liberté humaine implique des gens plus conscients des règles qui existent et de leur permettre de comprendre que de nouvelles règles sont possibles. Cela semble une bonne base pour une politique pragmatique de libération. Il est clair aussi que le travail de refonte des règles institutionnelles du néo-libéralime vise à « marketiser » la société de plus en plus. Les alternatives au néolibéralisme, plutôt que d’être purement défensives, peuvent chercher à modifier les règles sociales pour créer une économie démocratique et diversifiée.

Ses recherches ont également porté sur la motivation humaine et la subjectivité. L’idée mise en avant par les économistes selon laquelle nous serions tous des égoïstes rationnels a été contestée par sa recherche minutieuse. Elle a montré que si les gens pouvaient se montrer intéressés et court-termistes, il était possible de promouvoir un comportement humain plus coopératif. Par-dessus tout, elle était très critique vis-à-vis d’une économie qui a simplifié et faussé la vie sociale humaine. Elle et Vincent ont fait valoir que la langue, la culture et l’écologie, devaient être pris en compte lors de l’élaboration d’institutions qui fonctionnent. En effet, il a noté, en rejetant une foi fondamentaliste dans l’économie dominante, que « des doctrines absurdes peuvent répondre aux normes de rigueur logique et à la preuve mathématique, mais donner des conséquences désastreuses quand elles sont utilisées pour agir. Les actions humaines doivent s’inspirer de principes généraux qui peuvent être appliqués à certains moments et lieux selon des exigences qui varient en fonction des circonstances écologiques et culturelles ».

Elinor Ostrom était une écologiste politique très pragmatique qui a fait valoir que nous devrions respecter les sept prochaines générations et défier le consumérisme, en notant : «Nous devons amener les gens loin de l’idée qu’il faut posséder une voiture de luxe et une immense maison… Certaines de nos mentalités à propos de ce que signifie avoir une bonne vie, ne vont pas, je pense, nous aider dans les 50 prochaines années. Nous devons réfléchir à la façon de choisir une vie utile où nous nous aidons les uns les autres d’une manière qui aide vraiment la Terre ». Dans le même temps, elle s’intéressait aux détails qui pourraient faire fonctionner une société plus verte, plutôt que d’émettre simplement des slogans généraux. Les Ostrom et leurs collègues ont montré que les alternatives à une société dominée par quelques individus étaient possibles. Pour ceux d’entre nous qui veulent créer une société démocratique qui va au-delà du profit à court terme, je dirais que leurs idées sont essentielles.

Je me suis profondément nourri de ses idées. Déclarer simplement qu’elle était un défenseur des communs et appliquer bien ou mal ses éléments structurels à des situations différentes est insuffisant, il est utile de lire son travail et de réfléchir. Gouverner les communs est essentiel, bien sûr, mais elle a laissé des centaines de documents, la plupart d’entre eux disponibles gratuitement sur la toile (http://dlc.dlib.indiana.edu/dlc). En tant que penseur sérieux se concentrant sur les questions les plus importantes, son travail est nécessaire si nous voulons développer des systèmes économiques qui respectent l’humanité, soutenir l’écologie et travailler démocratiquement. J’aimerais lui donner le dernier mot. En 1997, elle a résumé son approche qui contraste avec l’avidité affairiste et court-termiste habituelle, et je pense qu’elle est assez claire :

« Notre problème c’est comment élaborer des règles à plusieurs niveaux qui permettent aux humains de s’adapter, d’apprendre et de changer au fil du temps afin que nous maintenions les ressources naturelles de grande valeur dont nous avons hérité pour que nous puissions être en mesure de les transmettre. Je suis profondément reconnaissante aux peuples autochtones des États-Unis qui ont eu l’image des sept générations comme étant le temps opportun pour réfléchir à l’avenir. Je pense que nous devrions tous réintégrer dans notre esprit cette règle des sept générations. Lorsque nous prenons des décisions vraiment importantes, nous devrions nous demander non seulement ce que cela fera pour nous aujourd’hui, mais aussi ce que cela fera pour nos enfants, les enfants de nos enfants, et les enfants de leurs enfants dans l’avenir. »

Article initialement publié en anglais dans STIR magazine n°04, Hiver 2014 par Derek Wall sous licence Creative Commons BY-NC-SA 3.0

Derek Wall est le Coordinateur International du Green Party [Parti Vert] d’Angleterre et du Pays de Galles. Son dernier livre est The Commons in History [Les communs dans l’histoire, NdT] (MIT 2014) et il vient également de publier The Sustainable Economics of Elinor Ostrom: Commons, Contestation and Craft [L’économie durable de Elinor Ostrom : Communs, Contestation et Artisanat, NdT]. Il enseigne l’économie politique au Goldsmiths College, Université de Londres. Ecosocialiste engagé, il écrit aussi pour le Morning Star.

Traduction : Maïa Dereva

 

Blockchain : du rêve technocratique à l’outil émancipateur ?

Le 18 avril dernier, un article était publié dans Le Monde sous le titre Michel Bauwens : « Un rêve technocratique totalitaire ». Dans cet interview de la journaliste Jade Grandin de l’Eprevier, Michel Bauwens exprimait son point de vue à propos de la blockchain. Il a souhaité revenir sur cet article dans nos colonnes.

 

Pourquoi revenir sur cet article du Monde ?

Cet article ne présente qu’une petite partie de mon propos. Durant l’interview, j’ai voulu exposer deux aspects différents de la blockchain, mais la journaliste n’en a retenu qu’un seul, celui qui était le plus “à charge”. Je souhaite donc préciser un peu mieux ma pensée et revenir sur ce qui a été transcrit.

 

Tu démens donc tes propos critiques à propos de la blockchain ?

Non pas du tout. Selon moi, il y a bien des principes politiques très marqués qui sous-tendent cette technologie, qui peuvent être dangereux et dont il faut a minima avoir connaissance pour utiliser la blockchain en conscience.

A cause de sa proximité avec le design anarcho-capitaliste et austro-économiste de Bitcoin, la blockhain participe d’une idéologie qui ne reconnaît pas le collectif, se méfie de la gouvernance démocratique, et veut créer des systèmes entièrement tournés vers des individus qui établissent entre eux des contrats automatisés par des algorithmes.

Les principes qui sous-tendent le Bitcoin visent à créer un marché universel sans intermédiaire où toute personne est considérée comme un propriétaire souverain. et la blockchain a nécessairement hérité de ces principes.

 

La blockchain est pourtant censée développer la notion de confiance ?

Oui, mais il existe différentes visions de ce qu’est la confiance et à quel niveau elle doit s’appliquer. Dans une vision “trustfull”, le but est d’augmenter la confiance dans les personnes en créant une échelle de mise en confiance entre ces personnes. On retrouve cette vision dans des projets comme le Web of Trust ou les sites de couchsurfing où ce sont les individus eux-mêmes qui garantissent le degré de confiance en l’autre.

Mais avec la blockchain, on est dans une vision “trustlessness” où, puisqu’on ne peut pas faire confiance à l’humain, on déporte cette confiance dans la technologie. L’idée sous-jacente est que les individus sont séparés, et qu’ils font société en créant des contrats basés sur la confiance en un algorithme plutôt que dans l’humain.

Mon propos était donc simplement d’attirer l’attention sur ces valeurs sous-jacentes. Mais ce n’est pas parce qu’une technologie a un design basé sur des valeurs critiquables qu’elle ne peut pas être changée.

 

Selon quel principe affirmes-tu que cette technologie est susceptible d’évoluer ?

Comme je l’ai souligné dans le précédent article, aucune technologie n’est neutre, et la blockchain n’échappe pas à ce constat. Elle est un terrain de lutte entre ceux qui financent, développent, et utilisent cette technologie et qui lui donnent un visage différent en fonction des enjeux et des valeurs véhiculées. La technologie se construit sous forme de couches successives.

Par exemple, internet a d’abord été inventé par les militaires qui voulaient créer une technologie capable de résister à la destruction de la chaîne de hiérarchie grâce au design peer-to-peer. Puis les scientifiques et les activistes se sont emparés de cette technologie pour communiquer entre eux. En 1993, la technologie est sortie des sphères élitistes pour se démocratiser grâce aux navigateurs. Et enfin le commerce s’est aperçu du potentiel de cette technologie et l’a rendue beaucoup moins pair-à-pair pour en tirer des profits.

La blockchain est peut-être, à cette échelle, la deuxième couche après internet qui va permettre de faire baisser le coût d’auto-organisation des humains. Mais elle peut également s’organiser elle-même sous forme de couches.

 

Une technologie initialement basée sur des valeurs contestables n’est-elle pas mécaniquement vouée à rester imprégnée de ces valeurs ?

Je ne crois pas non. Je suis quelqu’un de pragmatique : si l’on attend LA technologie “pure”, ça me paraît difficile d’avancer. Je suis d’ailleurs assez sceptique par rapport aux stratégies des hackers qui cherchent à créer du “pair-à-pair pur”.

Toutes les technologies se construisent par une accumulation de couches de valeurs qui se superposent en même temps que les développements et les usages. Prenez l’exemple du Copyleft : c’est une véritable subversion du Copyright issue d’une attitude pragmatique visant à faire avancer une lutte sociale.

La blockchain pourrait donc devenir un des instrument de cette lutte si elle est appropriée par un système démocratique qui va chercher à renforcer les aspects émancipateurs qu’elle contient au même titre que n’importe quelle technologie.

 

Concrètement, quelle forme pourrait prendre cette évolution de la blockchain ?

Une fois qu’on a bien conscience des catastrophes potentielles du “tout automatisé” et du “tout distribué”, on peut imaginer que la blockchain soit localement mise au service de buts émancipateurs pour des communautés. Plutôt que de penser la blockchain comme un instrument économique global coupé de toute éthique et autonome par rapport à la société, on peut l’intégrer comme outil permettant de faciliter certains aspects de production et d’organisation dans des groupements d’humains dotés d’une gouvernance, de règles, etc,… comme les coopératives par exemple.

De mon point de vue, le plus grand potentiel de la blockchain réside dans la création de chaînes logistiques participatives et ouvertes. On peut ainsi imaginer une économie circulaire et ouverte où les transactions seraient simplement vérifiées par la blockchain.

Dans ce contexte, je me réfère par exemple aux travaux de Primavera De Filippi qui étudie ces technologies décentralisées émergentes pour imaginer les nouveaux modèles de gouvernance qui pourraient en découler.

 

A quel horizon pourrait se potentialiser cet aspect émancipateur ?

Ne nous emballons pas. Quand on s’intéresse de près à la blockchain et à ses applications autre que Bitcoin, on constate rapidement qu’il y a très peu de prototypes réellement fonctionnels, et qu’il n’existe quasiment aucun prototype pratique utilisé par de vraies communautés humaines. Le seul prototype opérationnel dont j’ai entendu parler est Everledger, un système de certification éthique de diamants.

Quant aux projets de microgrids (micro-réseaux électriques intelligents) fondés sur la technologie blockchain comme celui de Brooklyn, ils confondent le principe communiste (dans son sens “noble”) de “chacun selon ses besoins” avec le business de personne à personne. S’il y a bien un P2P technologique, il n’y a pas d’aspect communautaire ou collectif, c’est à dire de pair-à-pair social tel que je l’ai défini.

Comme souvent, il me semble également qu’on surestime les effets à court terme de cette technologie émergente, et que l’on sous-estime ses effets à long terme.

Même si elle fait beaucoup parler d’elle, nous sommes probablement dans le début de l’upcycle économique de la blockchain qui ne fonctionnera véritablement que dans 10 ou 15 ans. Je m’attends néanmoins à voir les premiers prototypes fonctionnels en 2017…

Propos recueillis par Maïa Dereva.

Wikibuilding : créer des bâtiments adaptés à la ville contributive

Le concept

Le concept générique Wikibuilding a pour objectif de créer des bâtiments adaptés à la ville contributive

C’est un concept ouvert pour faire évoluer l’architecture, l’immobilier et les villes qui s’appuie sur un état d’esprit et des notions liées aux transformations numériques : l’intelligence collective et l’innovation ouverte.

Ouvert sur les individus et les sociétés, le concept Wikibuilding est à la croisée des émergences locales et des visions stratégiques globales. Il est pensé pour fonctionner comme une plateforme d’innovations architecturales et sociales permanentes.

Cette nouvelle façon de faire de l’architecture a pour but de se diffuser rapidement pour accélérer le développement de villes plus contributives et plus résiliantes.

Le concept Wikibuilding trouve ses origines au sein de plusieurs recherches, en particulier « Architecture de la Grande Échelle » lancée par le PUCA en 2006-2008 ainsi que la recherche collaborative « UrbanD » soutenue  par les fonds Feder de la Commission Européenne en 2010 – 2013.

1. Co-construction

Chaque Wikibuilding doit intégrer dans sa méthodologie une collaboration très large et à tous les temps du projet : entre les membres internes de l’équipe de conception (sortir des silos métiers), avec les partenaires du projet (industriels, associations, acteurs innovants), mais aussi avec la société civile (usagers, futurs habitants et occupants). Les décisions sont prises de façon collégiale en favorisant les contributions et les projets ouverts.

2. Communs urbains

Chaque Wikibuilding doit s’efforcer de s’inscrire dans la dynamique des communs. La notion de commun renvoie à des ressources ni privées, ni publiques dont la préservation voire le développement est assuré par une communauté. L’intérêt d’un commun tient dans les capacités d’empowerment qu’il peut apporter à l’environnement dans lequel il s’inscrit. Certains espaces des Wikibuildings, notamment ceux en contact avec les espaces publics, devront donc, dans la mesure du possible, fonctionner comme des communs ouverts à la société civile.

3. Architecture des capabilités

Chaque Wikibuilding doit être symbolique d’une architecture des capabilités, c’est-à-dire en mesure d’accompagner la vie des habitants et des usagers dans le temps. Les espaces doivent ainsi être non seulement modulables, mais l’être rapidement et à moindres coûts : accessibilité des réseaux, flexibilité des surfaces et des fonctions… L’adaptabilité des espaces aux innovations à venir doit aussi être prise en considération.

4. Open source

La dernière exigence est la diffusion des méthodes et des plans des bâtiments en open source. Chaque Wikibuiliding doit s’inscrire dans des logiques apprenantes : les méthodes collaboratives mises en place devront être documentées et partagées pour enrichir et perfectionner les Wikibuildings à venir. De même, au moins une partie des plans devra être en open source pour permettre à d’autres concepteurs de s’en inspirer, de les améliorer, mais aussi faciliter les opérations de maintenance.

Voir le site…

Le texte et la photo sont publiés en licence Creative Commons BY-NC-SA. Vous pouvez donc les partager et les remixer pour des objets non commerciaux et sous réserve de préciser les auteurs originaux : HOST et UFO. Vous devrez alors distribuer vos partages et vos contributions sous la même licence que l’original avec un lien vers la licence CC BY-NC-SA

Ce que change le numérique en communs, réflexions à partir du film Demain

Silvère Mercier, bibliothécaire et membre du collectif SavoirsCom1, livre un double article très fouillé sur les communs à partir de réflexions issue du visionnage du désormais célèbre film « Demain« .

Dans le film Demain, le numérique est quasiment absent des discours, tout se passe comme si les échanges de connaissance sous-jacents à la montée en compétence des communautés locales n’existaient pas. Or ces échanges ne peuvent avoir lieu que parce que la reproduction de l’information numérique à coût marginal nul existe. Sans internet, sans Wikipédia, sans les réseaux d’échanges d’information, les initiatives locales n’auraient aucune chance de faire réseaux. Cette attention au local en vient à s’opposer à une échelle globale trop souvent assimilée aux dérives de la mondialistation. Si je partage l’idée exposée dans le film d’une transformation du monde par la diversité et non par de grands modèles dominants, il me semble assez fâcheux de que la diversité et le local ne soient pas associées au partage des connaissances et à leur circulation… Comment développer l’agriculture urbaine sans en diffuser largement les méthodes? Comment aller au delà d’une académie des maires en Inde qui ne soit qu’un club de gens qui se rencontrent réellement?

Lire l’article 1/2…

Une autre absence me semble significative. A aucun moment du film le mot communs n’est exprimé. Le documentaire s’attarde sur des alternatives qui peuvent pourtant toutes être considérées comme des communs parce qu’elle associent ressources, communauté et gouvernance ouverte. Que ce soit pour se réapproprier la monnaie, repenser l’impact social des services publics ou encore pour co-financer des éoliennes, à chaque fois les communs sont présents et pourtant jamais évoqués.  Quelles questions posent cette absence? Plusieurs hypothèses : le discours des communs est-il inaudible parce que c’est un métadiscours trop abstrait? Le concept est-il tout simplement insuffisant ou trop jeune?

Lire l’article 2/2…

Michel Bauwens : « Un rêve technocratique totalitaire »

Comment expliquer un tel engouement autour de la blockchain ?

Michel Bauwens.- Le rêve de la blockchain est celui d’une base de données universelle. Sans banques, sans ONG, sans Etats, les individus peuvent passer des contrats entre eux, créer des organisations autonomes et indépendantes. Pourtant, Internet a déjà contribué à créer un nombre exponentiel d’organisations civiques en dehors du monde commercial et étatique.

D’une certaine manière, l’effet espéré de la blockchain a déjà eu lieu. Les réseaux informels s’organisent via Internet, en dehors des formes hiérarchiques traditionnelles. Le système d’exploitation Linux, ouvert à tous, est un bon exemple de coordination mondiale du travail humain. Au Brésil, la marque Curto Café utilise déjà une chaîne logistique totalement transparente.

Lire la suite sur le LeMonde.fr…

L’importance de l’empathie et de l’affectif dans nos communautés : Copylove et les communs invisibles

Copylove a débuté en 2011 en tant que réseau informel local pour stocker des recherches à propos de biens communs et de féminisme. Plus tard, il s’est ouvert au public via www.copylove.cc (en espagnol) , sous la responsabilité de Sofía Coca (Zemos98, Séville, Espagne), Txelu Balboa ( COLABORABORA , Pays Basque) et Rubén Martínez ( Fundación de los Comunes , Barcelone). Le site public copylove.cc explore les liens et relations au sein d’une communauté d’agents qui génèrent des communs pour la communauté. Copylove explore plus profondément tous les paramètres qui nous permettent de reproduire les conditions d’une existence désirable : affection, interdépendance, entraide, attirance pour la communauté, empathie, etc. Parler de Copylove, c’est évoquer tout ce que nous faisons et reproduisons pour nous rapprocher du « bien vivre », d’une existence durable, au-delà d’une simple évaluation économique.

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Carte des conditions de coexistence produite collectivement lors des premières « résidences » Copylove (Traduction Rubén Díaz).

L’histoire-derrière : Communs, Amour et Recombinaisons

En janvier 2012, Copylove a lancé le festival de Zemos98 sur la base d’une hypothèse apparemment simple : étudier de quelle façon l’affection et l’empathie (care) permettent de cultiver des relations au sein d’une communauté produisant des biens communs. Prenant ce point de départ, le groupe a organisé des résidences en Février, puis en Mars et Avril 2012 pour que des personnes provenant de plusieurs groupes ayant une expérience communautaire puissent échanger différentes approches sur l’affection, les communs et la communauté.

Nous croyons aux Communs. Comme l’a dit Elionor Ostrom, les Communs sont parfois hors du marché ou des services publics. Les Communs portent sur les contenus que nous partageons tout le temps dans nos réseaux numériques, mais ils n’ont rien de nouveau. Quand on parle de biens communs, nous parlons en fait de concepts déjà anciens. La recette d’un gazpacho typique d’Andalousie est par exemple une recette appartenant aux Communs. Elle n’est pas du domaine privé. Mais pas exactement publique non plus, au sens d’un bien régi par des règles officielles et des institutions. Cette recette construit un code commun. Un langage commun. Vous pouvez choisir une seule recette et créer votre propre version. Mais, si vous partagez votre propre version, tout le monde peut faire la même chose et recomposer votre version parce que la culture est un palimpseste infini. Par conséquent, nous devons bien sûr élargir l’utilité des Communs. Nous devons propager les communs pour nous aider à construire nos communautés.

D’autre part, lorsque nous parlons du marché et le gouvernement, nous nous référons à des qualificatifs comme «intérieur» ou «extérieur» aux communautés, et nous nous référons au système économique officiel. Divisons-le en deux registres: celui de production et celui de la reproduction. Certaines études féministes estiment que nous répondons toujours aux questions sur un registre officiel et productif. Lorsque vous demandez à quelqu’un, «Que faites-vous?», Les gens répondent dans le registre professionnel. Ils ne disent pas: «Je suis une mère» ou «Je fais cuire habituellement du riz avec des légumes». Pourtant, quelle importance a ce genre de tâches au sein de nos communautés? Pourquoi ne pouvons-nous pas en parler? Nous estimons que ces aspects renvoient à cette sphère reproductive. Et vous pouvez imaginer à quel point elle est importante pour notre culture.

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« Nos mères nous ont appris que la vie est un champ de bataille. Le champ de bataille pour rendre possible ce que nous estimons être la Vie « . L’affiche du 14 Zemos98 Festival, dédiée à nos mères.

Communs, amour et recombinaison ont été les trois concepts initiaux, liés les uns aux autres, ils ont ouvert le champ pour commencer à construire collectivement le sens du « copylove ». Nous avons vu plus tôt qu’ils étaient entrelacés se nourrissant les uns des autres : l’affection nourrit les communs et vice versa. Nous devons placer l’affection au centre, comprendre que les communs présupposent l’existence d’une communauté, découvrir que les communautés ont des liens et des valeurs constitutives; mais aussi qu’elles requièrent pour être durables une dimension d’empathie et de soin, une appréciation subjective de chacun élaborée à partir de ses affections.

Les Communs invisibles

Nul doute que l’objectif de la première édition de Copylove était de rendre visible toutes ces manières de faire, et de créer une communauté dont les citoyens seraient au cœur. Pour devenir plus précis à ce sujet, nous avons voulu nous remémorer ces usages quotidiens si ancrés dans notre vie de tous les jours qu’ils passent inaperçus, tant ils sont essentiels pour maintenir notre cohésion vitale. Les communs invisibles sont ces ressources non-monétaires, ces façons de faire auxquelles nous sommes assimilés (en positif comme en négatif), ces processus que nous avons appris ou acquis dans notre vie ensemble et qui rendent la communauté durable. Ces communs sont invisibles quand nous les supposons «naturels», mais la plupart du temps et en particulier pour les communs liés au travail des femmes, le régime développementaliste dans lequel nous vivons les a rendu invisibles. La spécialité de notre modèle environnant est précisément d’ignorer ce qui rend notre vie vivable.

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«Les citoyens-Godzilla », affiche du Festival 15 Zemos98.

Sur la base de ces conclusions, nous avons atteint un tournant dans notre recherche. Nous avons dû structurer ce que nous avions appris et poser de nouvelles questions. Poursuivant notre piste, l’idée de «biens communs invisibles» se révèle une bonne description de ce que nous avions appris jusque-là, et elle nous a permis de continuer à découvrir toutes ces pratiques qui dépassent le registre purement productif évoqué plus haut. Pour mieux comprendre toutes les ressources et les processus communautaires que nous activons simultanément et qui nous sont chers, nous avons commencé à recueillir auprès de groupes et d’associations de Bilbao à Barcelone les questions pour la future résidence de Copylove.

Nous étions toujours à la recherche de ces communs invisibles à parcourant les trois axes du début qui devaient nous aider à aller vers l’étape suivante. Trois grands concepts seraient utiles et fourniraient de nouvelles questions sur « copylove » : la communauté, la mémoire et la vie expliqués par les participants dans cette vidéo (sous – titres anglais) :

Se sont ensuite succédés un autre festival Copylove en avril 2013 et une campagne de crowdfunding (regroupant 7.865 €) pour rassembler tous les essentiels appris dont nous avions intégré la plupart dans nos pratiques quotidiennes et dans notre mode de vie personnelle et professionnelle.

Pour conclure, sans empathie et sans soin, la vie est impossible. La vie ne peut pas être «productive» que dans une économie centrée sur cette attention. Si nous avons été « productifs » dans cette fiction appelée Capitalisme, c’est grâce à notre souci pour les autres, à ce que certains qualifient d’«improductif» : le travail domestique, la reproduction des tâches invisibles. Sans empathie, la vie professionnelle ne pourrait pas exister dans une économie de marché. Ce travail invisible a été fait par les femmes (et ici «femmes» peut également être compris comme des minorités). Ni l’Etat ni le marché n’ont réussi à couvrir ce besoin fondamental : le droit à recevoir de l’attention et du soin.

#NuitDebout : la bibliothèque éphémère bascule dans le Peer-To-Peer

Il y avait la présence de CRS, bien sûr, mais aussi la pluie. « Nous avions prévu des bâches pour protéger des livres, mais la pluie, définitivement, c’est notre point faible », plaisante un membre du collectif SavoirsCom1. L’opération #BiblioDebout accompagnait le mouvement #NuitDebout, qui depuis quelque temps maintenant, occupe la Place de la République. Une protestation contre la loi Travail de Myriam El Khomri, qui entraîne une mobilisation partout en France.

[…]

« Nous avons un fonds de 400 ou 500 livres : pour les déplacer, il faut un véhicule, et pour les installer, nous avons besoin d’une structure. Nous allons plutôt opter pour un modèle Peer-to-Peer. » Du téléchargement de livres ? Du tout : « Le P2P, sur internet, c’est l’absence de plateforme qui centralise : les contenus sont stockés par les différents utilisateurs, qui les mettent en partage. Ainsi, nous allons inciter chacun à devenir le véhicule des livres. » (voir sur SavoirsCom1)

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Communecter, pour se connecter à sa commune

Parmi les innombrables communs existants et en cours de création, il en est un qui fait parler de lui sur les réseaux sociaux en ce moment… la plateforme Communecter. Aboutissement de trois ans de travail, c’est un réseau sociétal qui se distingue des réseaux sociaux classiques par sa volonté d’implantation locale, au niveau de chaque commune, là où les décisions citoyennes prennent tout leur sens. Sa particularité réside également dans le mode d’organisation de l’équipe de développeurs (basé sur les pratiques pair-à-pair du logiciel libre) et dans ses choix d’ouverture (open-source, open-data, gratuit).

A la base de ce projet, ce sont quatre informaticiens passionnés du web qui ont fédéré un collectif disséminé dans le monde entier (Réunion, Nouméa, Lille, Toulouse, Paris, Auvergne). “Le projet Communecter c’est d’être connecté à sa commune. On se référence avec un e-mail et un code postal, et on accède à une cartographie pour trouver des informations localement. Chaque citoyen peut indiquer les commerçants et les services qu’il apprécie (garagiste, crèche,…), les associations auxquelles il participe (troupe de théâtre, école de musique, jardins partagés,…), ou les projets qu’il est lui-même en train de créer ou de faire vivre » explique Tibor Katelbach, l’un des porteurs du projet. “Et pour les inquiets, précisons que les données collectées, contrairement à d’autres réseaux sociaux, restent la propriété des citoyens et ne seront jamais utilisées à des fins commerciales” ajoute-t-il avec beaucoup d’implication.

Un contexte global pour une alternative joyeuse et collective

Le projet Communecter s’inscrit dans un contexte plus global. En effet, l’équipe de développement était présente au 104 à Paris dans le cadre de la Zone Action Climat en parallèle de la COP 21 lors d’un évènement nommé “Internet et transitions”.

Communecter se veut une réponse concrète à l’hégémonie des “GAFA” (Google, Apple, Facebook, Amazon). Cette plateforme travaille en synergie avec de nombreux acteurs partenaires à offrir une alternative aux réseaux centralisés afin de permettre une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux.

Communecter est donc associé à de nombreux acteurs qui explorent des méthodologies (sociales, technologiques, organisationnelles,…) visant à garantir une transparence favorable à la construction de la confiance nécessaires pour développer la coopération et l’intelligence collective.

La plateforme, qui est open-source (le code logiciel est accessible à tous) et open-data (les données collectées sont considérées comme un bien commun), rejoint aussi pleinement le mouvement des communs.

C’est une alternative positive sous-tendue par une démarche d’intelligence collective démocratique. Il ne s’agit pas d’être “contre” un système vieillissant mais de construire ensemble et joyeusement des réponses concrètes afin de développer la qualité de vie localement.

La campagne de crowdfunding qui se termine le 16 avril prochain vise, entre autres, à financer le développement d’une version mobile de la plateforme. Elle est visible à l’adresse suivante : http://www.kisskissbankbank.com/communecter-se-connecter-a-sa-commune