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P2P Foundation

Le moment Galiléen des réseaux. Vous ne pouvez pas comprendre…

Ceux qui disent « Le Numérique », « L’Intelligence Artificielle », « Le Machine Learning », etc. Ceux qui imaginent que le monde est définitivement unifié et stabilisé autour des GAFAM et des BATX. Ceux qui voient l’éthique comme une sorte de rustine s’adaptant au gré du marché et des événements – événements qui n’en sont pas vraiment puisque c’est toujours plus de la même chose -. Ceux-là ne peuvent pas comprendre..

Dans l’histoire des réseaux, il y a eu plusieurs « moments Galiléens » que l’on a refusé de considérer. C’est le cas de l’expérimentation du « Mbone » dans le milieu des années 90 en même temps que l’irruption du web. Une toute autre topologie de l’Internet aurait pu l’emporter. Dans ce cas, ni Google, ni Facebook, ni les autres n’auraient existé sous la forme qu’on leur connaît.

Le « Mbone » ou « Multicast Backbone » est un réseau doté d’un protocole symétrique pair à pair de bout en bout.

Pourquoi cela ne s’est pas développé ? Bien parce que les opérateurs Telecom n’y ont pas vu leur intérêt. Le protocole a été jugé « not scalable », ce qui veut dire en clair que les opérateurs ne savaient pas où mettre leur tiroirs-caisses et les gouvernements ne savaient pas où placer leur boites noires.

Et pourtant elle tourne !

J’ai l’impression d’être l’un des derniers à me souvenir que ce réseau fonctionnait parfaitement ; qu’il était capable de relier les gens instantanément, sans aucun intermédiaire, et pour faire tout ce qu’ils ont envie de faire !

Ensuite d’autres réseaux expérimentaux ont vu le jour, rendant le Mbone soi-disant obsolète. Or ces nouveaux réseaux ne se sont intéressés qu’aux performances de débit, plus du tout à la symétrie du protocole..

Bref, « Le Numérique » m’apparaît comme un monde enfermé dans son géocentrisme. Plus précisément, nous ne connaissons que la première des « perspectives anoptiques » : la « perspective temporelle » qui trouve comme points de fuite les hubs du réseau. Si l’on reste coincé dans ce monde, il ne reste qu’à évaluer les puissances de calcul des hubs en question., bref à compter les points, ou à distribuer les bons et mauvais points comme s’apprête à le faire le GDRP pour tenter désespérément de contrer l’obscurantisme des plateformes et le posthumanisme des gurus.

Or comme le Mbone l’a montré, il existe une deuxième « perspective anoptique » : la « perspective numérique » qui décrit le fonctionnement des réseaux distribués pair à pair. Dans ce cas, il n’y a plus de « points de fuite » mais des « codes de fuite » : les codes sous couvert desquels les agents échangent et forment des assemblées. Sur un tel réseau, les phénomènes émergent d’une toute autre manière, sans doute suivant un processus similaire à une « conversation »…

Mais bon, vous ne pouvez pas comprendre…

Un article d’Olivier Auber, initialement publié sur Facebook et reproduit avec son aimable autorisation.

Sources d’inspiration :

Photo : The Opte Project Creative Commons Attribution 2.5 Generic

Michel Bauwens : des solutions pour un avenir post-capitaliste

Notre collègue Michel Bauwens, fondateur de la P2P Foundation, a récemment été interviewé à Chiang Mai, sa ville de résidence, par Pim Kemasingki. Cet article a été publié à l’origine dans City life Chiang Mai.

Pim Kemasingki : Ces deux dernières années ont été plutôt troublantes pour beaucoup d’entre nous qui regardons un monde que nous ne reconnaissons guère et dans lequel nous n’avons pas confiance – destruction de l’environnement, inégalité sociale béante, cupidité et matérialisme superficiel, monopole des entreprises, toxicité culturelle et atrophie politique. Ce n’est pas une jolie image, et si l’avenir est une continuation dans cette voie, il n’est pas très prometteur. Heureusement, il existe des solutions; la clé est maintenant de savoir comment injecter ces solutions initialement inconfortables dans un courant dominant résistant.

En 2012, j’ai interviewé Michel Bauwens, résident de Chiang Mai et entrepreneur social belge [May 2012: When Capitalism Ends and P2P Markets Prosprive], qui figure sur la liste (en)richie, aux côtés du Mahatma Ghandi et du Dalaï Lama, comme l’une des personnes dont la « richesse » n’est pas définie par leurs soldes bancaires, mais par ce qu’ils peuvent offrir à l’humanité. Il a parlé de sa croyance que la fin est proche pour le capitalisme et a préconisé une solution dans la formation des biens communs par le partage du savoir, de la technologie et des richesses. Il a averti que les ressources de la terre étaient limitées et que l’engloutissement de nos ressources par la propulsion du capitalisme n’était tout simplement plus viable ou soutenable. Michel Bauwens est co-fondateur de la P2P Foundation, qui fait des recherches sur la production par les pairs, la gouvernance, la propriété et les modes ouverts et libres de coopération humaine.

J’ai donc pensé qu’il était temps de retrouver Michel Bauwens pour voir à quel point il a progressé dans sa recherche et sa mise en œuvre de solutions aux défis actuels de l’humanité.

Si vous êtes un agriculteur qui utilise des pesticides sur vos terres, vous appauvrissez la terre chaque année, donc après une certaine quantité de récoltes, votre terre est morte. Si vous êtes un agriculteur biologique, chaque année, votre terre est de meilleure qualité. On peut tout simplement appliquer les mêmes principes aux gens « , explique M. Bauwens. Chaque année, Airbnb et Uber sont actifs, plus ils créent de problèmes sociaux. Par exemple, à Barcelone, Airbnb chasse tous les habitants pauvres de leur quartier et pensez aux conducteurs d’Uber qui n’ont ni pension, ni assurance. Saviez-vous que les pigistes sont la catégorie sociale qui s’appauvrit le plus vite en Europe? »

Michel Bauwens est le conseiller stratégique de SMart, une entreprise sociale fondée en Belgique et qui compte aujourd’hui plus de 250 000 membres dans neuf pays européens. Les membres sont principalement des pigistes qui versent environ 6,5% de leur salaire au collectif. En contrepartie, SMart met à disposition des ressources partagées telles que les systèmes informatiques, les comptables et les conseillers d’affaires tout en aidant à la collecte des factures et au paiement des membres dès la semaine suivant la facturation, ainsi qu’ à la couverture des indemnités de chômage, des impôts, des retraites et de l’assurance maladie. SMart a connu une croissance de 17 % l’an dernier.

Les plates-formes privées sont conçues pour rendre la main-d’œuvre aussi bon marché que possible en permettant aux travailleurs et aux fournisseurs individuels de se faire concurrence pour obtenir les prix les plus bas, en exploitant les ressources et la main-d’œuvre pour satisfaire les actionnaires, tandis que les plates-formes coopératives garantissent les salaires et créent des écosystèmes. M. Bauwens a expliqué qu’il travaille actuellement sur un écosystème entre Berlin, Bruxelles et Barcelone, boycottant le marasme de la politique nationaliste pour créer une alliance de villes en tant que forme transnationale de gouvernance où le développement des coopératives et des syndicats financera des alternatives dans des domaines tels que le logement, la terre, l’énergie et la communication. Le logement est tellement cher en Europe que des villes progressistes comme Gand ont décidé de louer pendant 99 ans 15% des nouvelles zones de développement en tant que fiducie foncière communautaire. Cela signifie que la terre devient commune et est gérée par un groupe de personnes par le biais d’une fiducie. C’est une façon idéale de protéger les ressources afin que les membres des coopératives d’habitation puissent bénéficier de prix de location garantis à vie, peuvent même léguer la propriété à leurs enfants, même s’ils ne sont pas autorisés à la vendre. A Gand, ils pratiquent également le covoiturage collectif et à but non lucratif. Ces nouveaux projets s’adressent à des ensemble de quartiers afin qu’un quartier puisse déterminer les besoins de transport de ses membres, mettre en commun les ressources et acheter des voitures à partager. Il a été prouvé qu’une voiture commune peut remplacer 12 à 14 voitures, et après tout, selon les recherches d’Uber, la plupart des voitures sont inactives 96% du temps. En Allemagne, 40 % de l’énergie est maintenant renouvelable et 60 % des marchés sont entre les mains de coopératives d’énergie appartenant à des consommateurs. Tout a commencé avec des coopératives de 50 à 60 personnes qui ont décidé d’investir collectivement dans des panneaux solaires, vendant leurs surplus à des voisins qui peuvent également se joindre aux coopératives pour aussi peu que 250 euros. Une fois que ce système a commencé à fonctionner et que de plus en plus de coopératives ont été formées, la minorité est devenue la majorité. En 2006, il y avait 50 projets similaires de biens communs urbains à Gand, en 2016, il y en avait 500. Certaines études montrent une croissance exponentielle de ce type d’initiatives en Europe. Je soutiens qu’ à travers la mutualisation, nous pouvons réduire notre empreinte de 80%. »

Cela ne signifie pas que de tels systèmes ne peuvent pas être transnationaux, en fait, ce que je propose est intrinsèquement transnational, mais non international, c’est-à-dire la coopération des citoyens et des organisations plutôt qu’une collaboration entre les États nations.

M. Bauwens croit également au travail politique, bien qu’il affirme que les États-nations sont actuellement trop faibles par rapport à des entités telles que les sociétés internationales pour être efficaces dans la conduite du changement. Au lieu de cela, il se concentre sur la création d’infrastructures parallèles, en travaillant principalement avec les villes et les collectifs qui peuvent se réunir, en boycottant les intérêts des entreprises et le bourbier de la politique nationale, pour créer une vague de fond pour un avenir plus durable.

« Cela ne signifie pas que de tels systèmes ne peuvent pas être transnationaux, en fait, ce que je propose est intrinsèquement transnational, mais non international, c’est-à-dire la coopération des citoyens et des organisations plutôt qu’une collaboration entre les États nations « , précise-t-il. Je travaille à la création d’infrastructures transnationales pour les coalitions entrepreneuriales afin de contrer lentement la situation monopolistique actuelle. Regardez Uber, il est puissant non seulement à cause de son logiciel de covoiturage, mais aussi à cause de l’intelligence artificielle qui apprend du comportement des gens, générant des données précieuses qu’ils vendent ensuite. Vous avez besoin de capitaux massifs pour faire cela et les petits groupes ne peuvent pas rivaliser, c’est pourquoi vous devez mutualiser. »

Prenant l’exemple des 25 000 membres des différents groupes nomades numériques de Chiang Mai, M. Bauwens explique que ces 21-35 ans sont ce qu’il appelle l’aristocratie ouvrière ou la classe cognitive; bien payés, voyageant et connectés aux opportunités. C’est là que les choses se passent bien, explique-t-il, mais le revers de la médaille est qu’ils ne sont pas du tout protégés, il n’ y a pas d’assurance maladie, pas de pension, ils ne possèdent rien de tangible. La question est de savoir comment créer un mécanisme de solidarité transnationale pour les protéger lorsque les États ne veulent pas ou ne peuvent pas le faire. Actuellement, nous pensons à des nations virtuelles, et bien qu’il y ait certainement des infrastructures mondiales émergentes de soutien, ce serait formidable si nous pouvions créer un filet de sécurité pour ces jeunes esprits brillants afin qu’ils puissent avoir un certain niveau de sécurité. »

L’idée générale est que les États nations fuient à la fois du sommet et du bas et, bien qu’ils en soient conscients, ils sont incapables de changer, d’où la réponse exponentielle des idées et des initiatives de leurs pairs. D’une part, la technologie prend l’initiative dans de nombreux domaines du changement. Voyez Bitcoin et Blockchain, une monnaie révolutionnaire exempte d’activité humaine et de gouvernement, qui promet d’uniformiser les règles du jeu. Pourtant, avec toutes les avancées technologiques, elle vient avec ses avantages et ses menaces. Alors que nous pouvons tous, en théorie, exploiter et profiter de ces monnaies, le coût d’un ordinateur pour exploiter des mines est en théorie prohibitif pour l’homme moyen et même si les arguments font encore rage quant au chiffre exact, il a été rapporté que Bitcoin consomme autant d’énergie que la République d’Irlande, et c’est sans parler du marché noir et de tous les malheurs sociaux qu’il englobe.

Pour moi, c’est la gouvernance, et non la technologie, qui est la question clé « , dit M. Bauwens. C’est ma plus grande critique de Bitcoin et Blockchain où la pensée dominante est que la machine est la solution. En raison du déséquilibre actuel du pouvoir de ceux qui contrôlent la technologie, transformant le pouvoir des Etats en entreprises – surveillance, collecte de données sur nos activités, gestion et contrôle des réseaux sociaux – l’anarcho-capitalisme est né. L’anarcho-capitalisme ne fait pas confiance aux faiblesses humaines et croit qu’on peut créer des codes pour tout gérer. Mais cette vision signifie que tout se réduit aux transactions et aux contrats du marché. Avez-vous déjà joué au Monopoly ? Nous commençons tous sur un pied d’égalité, mais parce que nous sommes en concurrence pour des ressources limitées, il y aura toujours un gagnant et des perdants. Je suis totalement contre l’argent qui nous gouverne. Je crois que c’est le dialogue entre les citoyens et la gouvernance des systèmes qui devrait déterminer le marché. Le marché devrait être au service des gens et vous devriez avoir des marchés qui leur imposent des freins et des contrepoids afin qu’ils ne détruisent pas l’environnement, ne créent pas de tensions sociales ou n’accroissent pas les inégalités. Parce que sinon vous avez le fascisme… et Trump. »

Nous sommes à court de possibilités de croissance, et historiquement, c’est à ce moment-là que les révolutions se produisent.

M. Bauwens reconnaît que l’avidité humaine fait partie intégrante du problème, mais soutient qu’en dépit de ce que beaucoup pensent, ce n’est pas notre seule nature ou force motrice. « Nous sommes des êtres mixtes et notre système actuel stimule cette partie avide de nous-même « , explique-t-il, « mais si nous avons un système pour contrôler notre avidité aux fins du collectif, et un système qui aide à stimuler d’autres caractéristiques humaines, alors je pense que nous pouvons avoir un avenir meilleur. Cela n’a pas toujours été le cas. A l’époque nomade, les résultats des activités n’étaient pas vendus, mais partagés avec la famille, les petites communautés mettant leurs ressources en commun. Lorsque la révolution agricole a eu lieu, l’économie du don est apparue avec des gens qui préservaient la paix en donnant des choses comme l’excédent alimentaire ou la main-d’œuvre, plus vous donniez, plus les gens se sentaient obligés de redonner. Ce n’est qu’Adam Smith, au XVIIIe siècle, qui a vu l’émergence du marché libre et la croyance que l’enrichissement personnel était une bonne chose. Je pense que nous pouvons tous voir maintenant que ce n’est pas le cas et qu’il est temps d’adopter une nouvelle façon de penser. Ce que je propose, ce n’est pas d’abolir complètement la cupidité et les marchés, mais plutôt de les réintégrer dans la société. Les marchés et les États devraient servir la société, pas l’inverse. »

Regardez Chiang Mai, les coopératives et les collectifs comme Pun Pun Pun ou les espaces de travail partagés », souligne M. Bauwens, « Ils sont là, ils travaillent et ils sont efficaces. Ensuite, examinez l’Europe où ces coopératives forment des réseaux plus vastes et acquièrent une influence sociale et politique. Une fois que vous avez le pouvoir de négocier, vous pouvez aller voir le gouvernement et exiger des changements, comme des subventions pour les énergies renouvelables. Il est évident et flagrant que nous devons lutter contre la croissance exponentielle des ressources, alors quelles sont les solutions ? L’un d’entre eux est bien sûr la technologie, et il y a de grands pas en avant pour trouver des sources d’énergie de remplacement ainsi que des moyens de réduire notre consommation. Mais avec l’explosion de la population et les menaces à grande échelle telles que les changements climatiques qui se profilent à l’horizon, la technologie risque de ne pas être suffisamment efficiente et efficace pour assurer la survie des sept milliards d’entre nous. C’est pourquoi je propose un changement de logique. Si nous avons des entreprises à but précis où il y a un mur entre la direction et les investisseurs, où il y a une limite au nombre d’années de rendement et où les bailleurs de fonds, les fondateurs, les travailleurs et les utilisateurs sont tous bénéficiaires de l’entreprise, alors l’objectif devient collectif. Toute la façon de penser passe naturellement au bien commun. »

M. Bauwens prend British Petroleum, où il travaillait, comme exemple d’une entreprise qui a dépensé des millions de dollars pour acheter des entreprises d’énergie renouvelable et mettre de côté leurs brevets, ce qui a menacé leur monopole, retardant ainsi l’évolution des énergies renouvelables au Royaume-Uni pendant trois décennies. « Ça a bien marché pour les actionnaires de BP, mais c’était un désastre pour tout le monde. »

Lorsque l’Internet est devenu accessible au public, ce qui est si passionnant, c’est que nous avons soudainement eu la capacité d’unir nos cerveaux, ce rassemblement de notre intelligence collective était semblable ou même plus grand que la révolution intellectuelle du XVe siècle qui a suivi l’invention de l’imprimerie, qui a soudainement produit et partagé des informations et des idées dans toute l’Europe. Le défi est maintenant que nous pouvons soit régresser, ce qui s’est produit à maintes reprises au cours de l’histoire (il suffit de regarder l’empire romain, par exemple, lorsque l’épuisement excessif des ressources a entraîné son effondrement), soit réformer et passer à une complexité plus grande, à un niveau d’intégration plus élevé. La seule façon pour le capitalisme de survivre est de croître parce qu’il a besoin d’accumuler du capital et d’augmenter les profits pour fonctionner. Nous sommes à court de possibilités de croissance, et historiquement, c’est à ce moment-là que les révolutions se produisent. Pour éviter cela, nous devons agir maintenant. »

« Je vais faire une affirmation audacieuse, » a conclu M. Bauwens, « nous pouvons déjà voir la structure sous-jacente de la société à venir. Lorsque la plus grande crise arrivera, et ce sera le cas, alors nous pourrons choisir une solution malsaine ou, si nous avons déjà de bonnes bases, la voie naturelle sera la solution saine. Nous devons changer l’idée que l’homme n’est motivé que par un comportement égoïste. Je crois que nous sommes plus complexes que cela et que les gens font les choses pour plus d’une raison, alors donnons-leur une raison et un chemin pour être plus qu’ils ne le pensent. »

Si la cupidité n’est pas notre moteur principal, si la nature humaine contient des caractéristiques plus complexes que la satisfaction de l’ego, si nous sommes capables d’être satisfaits, non pas avec moins, mais avec assez, si nous en tirons satisfaction et plaisir en contribuant à l’ensemble et au futur, si ces idées peuvent devenir notre propulsion et notre credo, si nous pouvons dépasser les limites que nous avons fixées sur nos capacités et nos ambitions, alors nous sommes capables et devons aspirer à plus…

Pour en savoir plus sur Michel Bauwens et ses travaux, voir aussi : commonstransition.org et p2pfoundation.net.

Transition Together : Symposium international sur la nécessité des transitions sociétales et du changement au niveau des systèmes

Jeudi 21 juin 2018 – 18 heures au samedi 23 juin 2018 – 13 heures
Le 4e Symposium international sur la conception de la transition
18h00 Jeudi 21 juin – 13h00, samedi 23 juin 2018
Dartington Hall, Totnes, Devon

Le « Transition Design Symposium » de 2018 réunira, pour la première fois, des représentants de mouvements et d’initiatives majeurs pour discuter du besoin urgent de transitions sociétales durables et de changements au niveau des systèmes, et amorcera les connexions qui rendront possible une transition rapide.

Conférenciers : Rob Hopkins, co-fondateur de Transition Town Totnes et du Transition Network, le professeur Terry Irwin, directeur de l’École de design de l’Université Carnegie Mellon, Michel Bauwens, P2P Network et Commons Transitions; John Thackara, auteur de How to Thrive in the Next Economy: Designing Tomorrow’s World Today; le futuriste Stuart Candy et Cameron Tonkinwise, professeur de design à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, Australie.

Panélistes : Laura Winn, directrice de la School for System Change, Forum for the Future, Sarah McAdam, directrice de la prestation, Transition Network, Andrew Simms, cofondateur, The New Weather Institute (Transition Economics), professeur Terry Irwin, directeur de la School of Design, Carnegie Mellon University, Peter Newell, STE

À propos du symposium

Organisé sur le domaine de Dartington, où se déroulent des expériences pionnières dans les domaines de l’éducation, des arts et de l’artisanat et du développement rural, et qui entre dans une nouvelle phase passionnante où il redonne vie à sa position de laboratoire du changement social, le Symposium réunira des personnalités de premier plan des mouvements mondiaux de transition vers la durabilité et de changement de système, des concepteurs, des éducateurs et des militants afin d’explorer les possibilités de collaboration accrue et la possibilité d’une transition rapide plus généralisée.

Les panélistes invités, représentant chacun un domaine différent d’activités liées à la transition ou au changement de système, présenteront leur point de vue sur la transformation sociétale qui éclairera et guidera les deux discussions de la première journée. Les participants seront invités à prendre part à ces discussions et à se joindre à un réseau mondial croissant de personnes engagées dans des projets, des initiatives et des recherches liés à la transition. Le deuxième jour du Symposium, une séance de visionnement, dirigée par la célèbre futuriste Stuart Candy, présentera aux panélistes et aux participants le rôle que jouent les visions futures dans les transitions sociétales et la valeur du processus de prospective pour catalyser le changement au niveau des systèmes.

Le Symposium débutera jeudi soir, par une réception de bienvenue et un dîner sur le magnifique domaine Dartington qui offrira aux panélistes et aux participants l’occasion de se rencontrer et d’entamer des conversations. Vendredi sera composé de tables rondes qui examineront les similitudes, les différences et les objectifs communs entre les différentes approches de la transition sociétale et du changement des systèmes et discuteront de la possibilité d’une plus grande collaboration. Le vendredi soir, les participants auront plus de temps pour une conversation détendue autour du repas du soir collectif. Samedi, Stuart Candy animera un atelier de prospective composé de groupes de travail et de panélistes. Cameron Tonkinwise propose des remarques de clôture et des réflexions juste avant le déjeuner.

Les communications et les actes du Symposium seront publiés par l’Université Carnegie Mellon et le Schumacher College dans les mois qui suivront l’événement.

Source et inscriptions

Photo : Schumacher College

L’entreprise comme commun

Au-delà de la RSE

Swann Bommier, Cécile Renouard

Editions Charles Leopold Mayer, 2018

En 2011, la Commission européenne donne une nouvelle définition de la Responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) : la maîtrise par une entreprise de ses impacts. C’est un véritable changement de paradigme vis-à-vis de la conception encore prédominante selon laquelle l’entreprise contribuerait à la société par la maximisation du profit, par le respect des règles et par des actions philanthropiques volontaires.

Mais pour être effective, cette nouvelle perspective implique – paradoxalement – d’en finir avec la RSE : celle-ci continue, en effet, à être envisagée de façon instrumentale et de manière séparée de la stratégie.

Maîtriser ses impacts sur des territoires et au long de chaînes de valeur aujourd’hui mondiales suppose de définir et d’évaluer l’entreprise comme un commun : par la démocratisation de sa gouvernance et par sa capacité à préserver les biens communs mondiaux tant immatériels (la légitimité démocratique, le lien social, la souveraineté populaire) que matériels (le climat, la biodiversité, les ressources naturelles). Tout en s’appuyant sur une lecture historique, cet ouvrage analyse les avancées actuelles, engagées par des mouvements sociaux aussi bien que par des entreprises et des pouvoirs publics de différents pays, pour faire évoluer les mentalités, les normes et les pratiques.

Biographie des auteurs

Swann Bommier est docteur en science politique, docteur associé au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, et enseignant à l’Université Paris-I Panthéon Sorbonne.

Cécile Renouard est professeur de philosophie et d’éthique sociale au Centre Sèvres-Facultés jésuites de Paris, elle dirige le programme de recherche « CODEV – entreprises et développement » à l’ESSEC et enseigne à l’ESSEC, à l’École des Mines de Paris et à Sciences Po. Elle est auteure de plusieurs ouvrages dont 20 Propositions pour réformer le capitalisme (co-dirigé avec Gaël Giraud, Champs-Flammarion, 2012), Éthique et entreprise (L’Atelier, 2015).

Plaidoyer pour une société des communs

Un article de Chrystèle Bazin publié dans le magazine Socialter #24

Dans leur nouvel essai, « Manifeste pour une véritable économie collaborative », Michel Bauwens et Vasilis Kostakis, membres la P2P Foundation, détaillent leur stratégie d’infiltration puis de sabordage du capitalisme afin de faire advenir une société des communs à même, selon eux, de résoudre la crise écologique et sociale que nous traversons.

La production entre pairs

Tout a commencé avec les plateformes de partage de fichiers en pair-à-pair comme Napster, qui permettait, au début des années 2000, de télécharger des morceaux de musique directement sur les ordinateurs des internautes. « Avec le pair-à-pair, explique Michel Bauwens, les individus ont acquis une capacité inédite de s’auto-organiser et de créer de la valeur sans demander la permission à quelques structures centralisées que ce soit ». Avec ce mode d’organisation, nous pourrions évoluer à nouveau dans des petites échelles, plus conviviales, comme celle d’une famille, d’un groupe d’amis et ne plus être noyés dans d’immenses structures impersonnelles.

En outre, la mise en réseau des savoirs et des compétences à grande échelle permet de réaliser des projets et de trouver des solutions qui restaient jusqu’à présent inaccessibles et économiquement irréalisables, avance-t-il. Des entreprises comme Google ou Amazon, l’ont bien compris, leur réussite repose sur l’exploitation de ce que le sociologue Antonio Casilli nomme le « Digital Labor », qui couvre aussi bien la production de logiciels libres que de données personnelles ou encore les micro-tâches du crowdsourcing, etc.

Lire la suite… (PDF)

Noesia : une nouvelle revue dédiée au Knowledge Management

Article de Fabrice MOLINARO initialement publié sur les-infostrateges.com sous Licence Creative Commons CC BY-NC-ND 2.0 FR

Qu’est-ce qui distingue l’information de la connaissance ? C’est principalement que cette dernière est intimement liée aux gens, aux êtres humains avec leurs expériences, leurs émotions et leurs spécificités. C’est ce qui fait de sa gestion quelque chose de difficile, de complexe, voire de sensible.

Tous les professionnels du « knowledge management » vous le diront : développer la gestion des connaissances dans une organisation, c’est d’abord une histoire de rencontres. Comprendre les besoins, identifier les expertises, cerner les enjeux, … Autant de défis qui ne peuvent être relevés que de manière collective.

Ces débats génèrent souvent eux-mêmes des connaissances de grande valeur pour ces mêmes professionnels. Il était donc logique de partager. C’est l’objet du premier numéro de Noesia, une nouvelle revue dédiée au Knowledge Management.

Le premier numéro daté de septembre 2017 est disponible en ligne et en accès libre.

Voici quelques éléments du sommaire :

  • Trop d’outils tuent le partage !
  • Dossier – Et si le partage des connaissances était considéré comme un jeu ? Illustrations avec un cas de tutorat
  • La capitalisation des connaissances en intelligence économique
  • Le schéma cognitif ou comment l’information transforme votre organisation
  • Entretien avec Michel Bauwens, P2P Foundation
  • Une boussole pour s’orienter et ajuster le cap des Communautés de pratique (CoP)
  • Expert et/ou manager ?
  • Knoco 2017 Global Survey of Knowledge Management

Plus d’infos : www.noesia.be

Entretien avec Michel BAUWENS, P2P Foundation

publié dans le premier numéro de la revue Noésia

Qu’est-ce que l’initiative P2P dont vous êtes à l’origine ?
Depuis une vingtaine d’années, j’ai vu qu’Internet a créé des opportunités en matière de partage des connaissances grâce à des outils qui permettent de créer un commun et de le formaliser sur des blogs, wikis et autres outils. Des grandes communautés productives partagent désormais leurs connaissances. Le « pair à pair » est la dynamique qui permet à une communauté de pairs pour partager cette connaissance. La Foundation P2P observatoire de l’émergence de ces dynamiques dans tous les domaines de la vie : business, politique, logistique, éducation ou même spirituel. On peut prendre aujourd’hui n’importe quel mot et mettre « open » ou « P2P » devant et constater qu’il y a quelqu’un dans le monde qui s’en occupe. Le pair-à-pair, c’est faire les choses en commun, coproduire une ressource qui est à la disposition de tout le monde.

Quand on parle « économie collaborative », on pense souvent à Uber ou Airbnb, mais est-ce la même démarche ?
Quand on emploie le vocable « économie du partage », ça veut dire qu’il y a du partage. Or avec Uber et Airbnb, il n’y a pas de partage. Le chauffeur ne partage pas sa voiture pour rien. Même chose pour le propriétaire d’un appartement qui le met à disposition sur Airbnb. C’est un marché pair-à-pair avec une plate-forme au milieu mais ce n’est pas une économie de partage. Finalement, ces sociétés font très peu de choses mais arrivent à extraire beaucoup d’argent des produits et échanges que nous produisons sans eux. En exagérant un peu, on pourrait même dire que c’est une forme de parasitisme car ils ne produisent pas eux-mêmes. Avant, on bâtissait un hôtel et puis on faisait venir les gens, mais on avait bâti quelque chose. Alors que maintenant, ce sont les gens qui bâtissent et qui louent et ces entreprises jouent un rôle d’intermédiaire. Elles ne produisent plus. Google ne produit pas des documents. Uber ne produit pas des transports. Airbnb ne produit pas des appartements. Ce qu’ils font c’est permettre et exploiter le pair-à-pair.
Néanmoins le commun peut être la plate-forme elle-même. On parle d’ailleurs de « coopérativisme de plate-forme ». Par exemple, des chauffeurs de taxi vont se mettre ensemble pour créer une application pour réserver leurs véhicules. Des consommateurs peuvent faire la même chose et il existe déjà de nombreuses plateformes de ce genre. Mon propre rêve, c’est des plateformes multipartenaires, soutenues par les alliances de ville qui ont besoin de ce type d’infrastructure physique.

Comment comprendre l’Open Knowledge ?
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le commun est devenu un aspect compétitif, même pour le capitalisme contemporain. Une firme décide de payer une cinquantaine de chercheurs et de protéger leurs connaissances. Personne d’autre ne peut les utiliser. A côté de cela, il y a des sociétés qui laissent ces connaissances ouvertes et ont ainsi accès à 5.000 chercheurs. Donc même d’un point de vue compétitif aujourd’hui, ça a du sens de mutualiser le développement ou la connaissance. Par exemple, IBM s’est ainsi lancé sur Linux et aujourd’hui fait pratiquement tout en logiciel libre. Ils paient 2.000 développeurs qui font du Linux, mais ce logiciel est développé par disons 25.000 personnes dont 75% sont payés par leurs concurrents. Certains travaillent gratuitement parce qu’ils ont envie de solutionner leurs problèmes, ce qu’ils ne pourraient pas faire avec du logiciel propriétaire. Mon hypothèse est donc que la connaissance ouverte est donc beaucoup plus compétitive et innovante par rapport à la connaissance propriétaire. Cela explique par exemple le développement de l’impression 3D depuis une douzaine d’années lorsque … les brevets sont tombés. C’était une niche industrielle, des monopoles et il y avait très peu d’innovations. Il y a maintenant des dizaines de milliers de gens qui développent des imprimantes 3D en open source et cela a ainsi explosé.

On voit que la courbe innovative est bien moindre quand il y a des brevets qui servent surtout à récupérer des investissements. Le discours officiel est pourtant qu’on a besoin des brevets pour innover.
L’autre argument pour l’open knowledge, c’est le critère éthique comme en témoigne les initiatives en matière d’énergie renouvelable. Aujourd’hui en Allemagne, 60 % des énergies renouvelables sont des communs via des coopératives qui mutualisent les achats. On est dans un état d’urgence pour la planète et il ne serait donc pas éthique de garder des innovations pour soi.

Que faire pour lutter contre l’idée que « l’information, c’est le pouvoir » lorsqu’on incite au partage des connaissances ?
C’est toujours une réalité. Quand on crée une rareté, les gens qui contrôlent cette ressource rare ont plus de pouvoir que les autres. C’est peut-être bon pour eux, mais c’est négatif pour l’intérêt de l’entreprise. C’est d’abord une question de culture. Les entreprises qui réussissent à avoir une culture collaborative sont des entreprises qui sont plus compétitives, plus innovatrices, où les gens aiment travailler, … Des féodalités où chacun se tire dans les pattes, c’est rarement des endroits où les gens ont envie de travailler. C’est donc sur la culture qu’il convient d’agir en priorité.

Pourrait-on imaginer une revue comme celle-ci élaborée de manière partagée ?
A mon avis, il faut avoir deux niveaux. Par exemple, en ce qui concerne les logiciels libres, on essaye que ce soit le plus ouvert possible. Le problème, c’est que tout le monde ne produit pas la même qualité. Or en matière de logiciel, ça doit marcher. Il y a donc toujours une deuxième couche qui est une couche de contrôle de la qualité. La différence, c’est que ce n’est pas un patron qui dit ce qu’il faut faire, par contre c’est la couche des « maintainers », dans les communautés libres, ou des rédacteurs dans le wikipedia qui décide si la contribution a une qualité suffisante pour être incluse dans le logiciel. Il veille à l’intégrité du système.
C’est la même chose pour une revue. Il faut être le plus ouvert possible, mais il faut en même temps des mécanismes de sélection et d’amélioration. La différence, c’est qu’avant le rédacteur en chef décidait de qui allait écrire quoi. Le nouveau système marche parfois très bien, mais pas toujours. Il y a par exemple des très bons articles dans le Huffington Post, parfois des mauvais. Il y a aussi des sites de ce type pas très intéressants. Il faut rester vigilants et assurer une certaine qualité.
C’est un peu mon activité. Je suis un curateur digital. Je vois énormément de choses et je fais une sélection du meilleur. Tout le monde peut contribuer à mon wiki, mais je vérifie tous les jours. Je protège la qualité. Il faut qu’il y ait une logique dans les arguments et que les faits soient empiriquement vérifiables.

Quelle est l’évolution du Knowledge Management ?
Le plus gros changement, c’est justement le pair-à-pair. Il y a beaucoup plus d’horizontal et beaucoup moins de vertical. Le problème a changé : on n’avait pas assez d’information, maintenant on en a trop. On est aussi passé d’une logique de stock à une logique de flux. Les missions du knowledge management sont donc désormais de reconnaître ce qui est important dans le flux, de dynamiser les échanges entre pairs, d’établir la confiance et d’assurer l’équilibre entre les flux et l’augmentation des flux. Le rôle de curateur est donc essentiel dans cette démarche.

Quel sera un des principaux enjeux ces prochaines années ?
Le monde de l’éducation a un rôle important à jouer dans cette démarche. Il y a un trop grand décalage entre les institutions officielles et la réalité. Il y a une république d’internet qui émerge comme avant la république des lettres. A l’époque de cette dernière, au 18 ième siècle, la vraie connaissance n’était pas dans les institutions. Quand je lis aujourd’hui un article scientifique, je me dis souvent que c’est ce que je faisais il y a cinq ans. Le problème que je vois, c’est comment faire l’intersection entre les deux, c’est-à-dire entre le monde de la connaissance validée et plus « verticale » et formelle, et le monde de la co-création d’entendement dans les communautés pair-à-pair. On apprend ainsi plus à coder en-dehors des institutions éducatives qu’en-dedans.
En Equateur, par exemple, il y a peut-être 400 développeurs dans le pays. La plupart sont partis à l’étranger car ils gagnent beaucoup plus. Mais il y a 3 à 4.000 développeurs qui n’ont pas été à l’université, qui ont appris Linux, Java, sur des sites internet, avec leurs amis, … mais on ne peut pas les engager parce qu’ils n’ont pas de diplôme. C’est pour moi un véritable problème. Comment faire le pont entre les deux ? Comment les institutions peuvent-elles valider des connaissances créées en-dehors de celles-ci ? C’est un véritable conflit culturel.
C’est un conflit de paradigmes, entre le « credentialisme » de la modernité et les nouvelles pratiques « anti-credentialistes ». Comme on a besoin des deux, il faut construire des ponts.
Einstein a dit : « je n’ai convaincu aucun de mes collègues de la validité de ma théorie, mais ils sont tous morts ». C’est leurs élèves qui ont repris la théorie de la relativité. C’est un peu pessimiste mais souvent vrai…
Pour conclure néanmoins avec un petit mot optimiste, il faut reconnaître qu’Internet est aussi un accélérateur. Avant on allait une fois par an dans un congrès retrouver ses collègues.
Aujourd’hui, ça circule sur les mailing lists, les forums, … Cela va donc beaucoup plus vite.
L’apprentissage n’est plus comme avant. Il est beaucoup plus rapide pour le monde à venir, avec ses crises systémiques. Cela veut dire qu’il y aura beaucoup de problèmes à résoudre, mais aussi beaucoup plus d’intelligence collective, et d’apprentissage plus rapide, pour les solutionner.

Colporteur de la Révolution du Sourire

Source : ce texte a été initialement publié à l’adresse https://cheznous.coop/colporteur-de-revolution-sourire/ selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

En cette fin d’année je prends mon habit de colporteur de La Révolution du Sourire 🙂 C’est une sacrée aventure et je suis en joie de la partager. Sur la route, je croise de gens merveilleux qui se disent que c’est possible et qui entre dans le jeu. Merci la Vie.

Avec 36 Photos pour la Révolution du Sourire, ChezNous déploie une offre concrète visant au développement de territoires apprenants et symbiotiques au service de la qualité de Vie. Nous allons organiser régulièrement des visio conférence collaborative pour suivre le développement de l’aventure.

Cette offre est animée par un Jeu de territoire, un serious game dans la vraie vie. Un jeu où tous les habitants sont invités à s’enrichir en développant les communs.

J’ai lancé l’idée, avec quelques dizaines de co-auteurs nous avons construit les bases. Aujourd’hui nous recrutons 2000 co-bâtisseurs pour rendre l’offre capable de s’adresser au plus grand nombre et se déployer massivement de proche en proche et de pair à pair 🙂

2000 personnes qui ont l’intuition que c’est possible et qui se disent qu’il y a assez de faisceau de confiance pour prendre le risque de cette aventure.

Le recrutement se fait via un l’abonnement à prix libre à notre jeu « La Révolution du Sourire ». L’abonnement est une sorte de crowdfunding variable et permanent venant soutenir les développement des missions du Jeu.

Tout n’est pas encore parfait et d’ailleurs ne le sera jamais. Mais le mouvement est lancé sur des bases solides et nous allons affiner chaque jours le propos et la démarche sur les principes de la permaculture.

Vous aussi vous pouvez rejoindre l’aventure et même colporter l’idée autour de vous.

Merci <3

Mathieu 

« Dans la vie il n’y pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent ». Antoine de Saint-Exupéry

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit ». – Margaret Mead

Assemblée des Communs de Lille : entretien avec Maïa Dereva

Entretien avec Maïa Dereva enregistré à Lyon le 6 décembre 2017 dans le cadre de La Fabrique des Communs :

Cliquez sur le lien pour accéder à l’entretien audio : https://soundcloud.com/sylviafredriksson/sets/maia-dereva

Entreprise et bien commun – La performance et la vertu

Pierre-Etienne Franc, Michel Calef

Editions du Palio, novembre 2017

Les tensions économiques et sociales qui pèsent sur notre monde s’exacerbent de contradictions nouvelles. D’un côté, la prise en compte des aspirations individuelles immédiates semble être la source privilégiée du développement économique. De l’autre, des enjeux vitaux majeurs de long terme sont devant nous : la pression démographique, la finitude des ressources disponibles, le rappel climatique, l’exaspération sociale des inégalités, etc.
Pression renforcée par la transparence digitale, omniprésente. Or c’est la résolution collective de ces situations critiques qui conditionne désormais la survie de nos sociétés. Car l’interdépendance est telle que ces deux mondes, économique et politique, ne trouveront pas de ressorts de développements durables sans s’accorder sur leurs véritables rôles respectifs, dorénavant impératifs. La performance des entreprises n’est plus indépendante de son rapport au bien commun.
La capacité des Etats à sauvegarder notre bien commun n’est plus indépendante de leur habileté à mobiliser les entreprises pour y contribuer. Cet essai se propose d’analyser les bases culturelles, structurelles et organisationnelles de nouvelles pratiques désormais urgentes. C’est à ces conditions que la performance et la vertu pourront tisser ensemble les fils d’une société qui offre un futur d’espérance pour chacun.

Roumics 2017 : Vivre des communs, avec Michel Bauwens (Roubaix – 17&18 nov.)

En partenariat avec le collectif Catalyst et la Condition Publique, l’association ANIS organise en Novembre 2017 un nouvel événement ROUMICS, « Les Rencontres OUvertes du Multimédia et de l’Internet Citoyen et Solidaire » devenues incontournables au fil des ans en région Hauts de France pour tous les acteurs intéressés par le numérique et ses usages.

Cette 13ème édition des ROUMICS portera sur le thème « Vivre des Communs » et aura lieu les 17 et 18 Novembre 2017 à la Condition Publique (Roubaix – 59).

Cette année, autour du thème « Vivre des Communs », les ROUMICS laisseront une large place à des communautés locales liées au numérique et à l’innovation : Tiers Lieux, monnaies libres, médiation numérique, économie contributive, innovation publique … et bien sûr les fameux Communs !

Michel Bauwens participe à l’événement. Retrouvez-le le 17/11 à 9h15 pour une conférence « Vivre des communs, comment ? » et à 14h pour une présentation « Gand : ville des communs de l’avenir »

>>> Inscrivez vous ici

>>> Téléchargez le programme (PDF)

L’Entraide – L’autre loi de la jungle

Gauthier Chapelle
Pablo Servigne

Editions Les liens qui libèrent. Octobre 2017

Dans cette arène impitoyable qu’est la vie, nous sommes tous soumis à la « loi du plus fort », la loi de la jungle. Cette mythologie a fait émerger une société devenue toxique pour notre génération et pour notre planète.

Aujourd’hui, les lignes bougent. Un nombre croissant de nouveaux mouvements, auteurs ou modes d’organisation battent en brèche cette vision biaisée du monde et font revivre des mots jugés désuets comme « altruisme », « coopération », « solidarité » ou « bonté ». Notre époque redécouvre avec émerveillement que dans cette fameuse jungle il flotte aussi un entêtant parfum d’entraide…

Un examen attentif de l’éventail du vivant révèle que, de tout temps, les humains, les animaux, les plantes, les champignons et les micro-organismes – et même les économistes ! – ont pratiqué l’entraide. Qui plus est, ceux qui survivent le mieux aux conditions difficiles ne sont pas forcément les plus forts, mais ceux qui s’entraident le plus.

Pourquoi avons-nous du mal à y croire ? Qu’en est-il de notre ten­dance spontanée à l’entraide ? Comment cela se passe-t-il chez les autres espèces ? Par quels mécanismes les personnes d’un groupe peuvent-elles se mettre à collaborer ? Est-il possible de coopérer à l’échelle internatio­nale pour ralentir le réchauffement climatique ?

À travers un état des lieux transdisciplinaire, de l’éthologie à l’anthro­pologie en passant par l’économie, la psychologie et les neurosciences, Pablo Servigne et Gauthier Chapelle nous proposent d’explorer un im­mense continent oublié, à la découverte des mécanismes de cette « autre loi de la jungle ».

Shifting Economy : une boîte à outils pratique pour entrer dans les prochaines économies

Un document en anglais réalisé par Emmanuel Mossay et Michel de Kemmeter qui propose d’explorer :

  • Les 10 espaces économiques en croissance
  • 20 schémas pratiques pour visualiser le chemin de la transition
  • Les 14 étapes de la transition économique
  • 20 clefs pour réussir les processus d’inclusion
  • La description de 48 futurs métiers

Traduction de la préface :

L’Homo sapiens est en train d’évoluer vers la post-économie. La nouvelle économie doit gérer la rareté et la richesse, un double problème qui n’est pas intégré dans les principales théories économiques classiques. Il y aura
un choc important entre l’opulence, décrit par l’économiste John Kenneth Galbraith dans The Affluent Society, et la rareté sur la planète Terre. La seule planète que nous ayons. Il n’ y a pas de planète B.
L’Occident s’est fortement développé surtout au début de l’industrialisation, grâce au dualisme, un vieux paradigme provenant de Platon. Cette logique de contradictions, a été très utile parce qu’elle a forcé les Occidentaux de faire des choix entre « l’un ou l’autre », entre les solutions de rechange, entre le bien et le mal afin de le progrès et d’agir. La machine à vapeur en est un bon exemple, inventée trois siècles plus tôt en Chine comme divertissement, mais installée seulement au XVIIIe siècle au cœur de l’industrie dans le domaine de l’énergie par l’Europe et les Occidentaux. Le dualisme platonique est au cœur de la créativité mais a été et est toujours à l’origine de de nombreux conflits et même des guerres qui ont fait du XXe siècle le plus sanglant de l’histoire humaine.

La sagesse asiatique nous enseigne cependant un autre paradigme de base différent : le principe du Yin et du Yang, la complémentarité des oppositions doubles qui se fondent en une synthèse. De plus, dans l’écriture chinoise, il y a est un idéogramme unique pour les mots « crise » et « opportunité ».

Ce concept s’harmonise parfaitement avec la découverte de la physique quantique selon laquelle la lumière est à la fois une onde et un faisceau de particules, les photons. Niels Bohr, l’un des pères fondateurs de la physique quantique, a résumé cette intuition par l’expression latine « Contraria complementa sunt », qui remplace l’ancienne logique de l' »un ou l’autre » par le principe révolutionnaire « et / ou », qui ouvre la voie à des solutions coopératives.

Cette prise de conscience s’accentue progressivement dans la pensée occidentale et aura des conséquences de grande portée. Il nous conduira à une nouvelle approche holistique, explorant les énergies cachées de la diversité, des divergences, des oppositions et promouvant la synthèse et toutes sortes de compromis créatifs, dans un monde d’interdépendance, où les gouvernements nationaux sont trop petits pour les grands problèmes et trop grands pour les petits. La praxis économique a déjà adopté ce que l’on appelle la « Coopétition », quand la concurrence et la coopération ne sont plus exclusifs selon les principes darwiniens mais complémentaires, voire inclusifs selon les règles de la mécanique quantique.

La montée en puissance de cette approche inclusive et globale est un défi pour les dirigeants politiques et économiques qui font face aux défis locaux du populisme émergeant des craintes et de l’incompréhension de ce qui se passe dans le monde global d’aujourd’hui et le village mondial de demain. La définition nationaliste du terme « peuple » est devenue obsolète. Dans la plupart des pays, les « personnes » sont devenues une « population » à caractère multiculturel. Le nationalisme et le populisme sont parfaitement compréhensibles, mais ils sont devenus contre-productifs parce que plus orientés vers l’avenir. Le protectionnisme est la traduction économique et culturelle du nationalisme. Un certain protectionnisme existait déjà avant l’économie et la politique, même avant les êtres humains : les premières membranes protégeant les cellules vivantes, stressées dans notre corps. Ce vitalisme égoïste est toujours attirant mais suicidaire dans un monde changé dès que les nationalistes égoïstes proposent de construire des murs au lieu de ponts.

En ces temps de complexité croissante, la démocratie est prise entre toile et araignée. Certains citoyens disent
« Nous avons un vote, mais nous n’avons pas de voix ». C’est un sérieux avertissement adressé aux politiciens. Les problèmes sociétaux sont extrêmement complexes et le processus de prise de décision est très opaque. Les gouvernements, les autorités décident, « ils » règnent, légifèrent, imposent…

Il y a une « théification » de la politique qui va très loin, ce qui rend la gouvernance impersonnelle, abstraite et
ressemblant à une peinture non figurative. Nous devons réinventer la démocratie en introduisant des éléments de
la prise de décision participative, en informant et expliquant et en remplaçant les démagogues par des pédagogues.

Le plus important est de modifier les systèmes de vote démocratique. Un modèle pourrait être la promotion de
le « vote par points », un système électoral par lequel chaque électeur obtiendrait un nombre de voix pluriel, par exemple dix voix, qu’il pourrait librement exprimer et répartir sur différents partis et candidats selon des critères suivants l’intensité de ses préférences. Cela permettrait d’affiner les choix des électeurs. De même, au niveau micro-économique des entreprises et des sociétés, la coopération démocratique entre toutes les parties prenantes, transcendant leurs intérêts exclusifs, est en jeu dans l’ère post-économique. Encore plus herculéen est le gouvernement.

A une échelle beaucoup plus large, les institutions européennes souffrent également de plusieurs problèmes fonctionnels et ont à faire face à de grands défis. Une Communauté fiscale européenne devrait être créée conformément au principe « pas de représentation sans taxation ».
Aujourd’hui, le Parlement européen n’ a pas de pouvoir d’imposition, il lui est donc difficile de mettre en œuvre de nouvelles stratégies et de nouvelles lois. Nous devons également simplifier et clarifier les systèmes fiscaux. Dépenses budgétaires en matière de défense, de sécurité, d’énergie, de politique de développement, intégration des immigrés, recherche, communication numérique… doivent être euro-européens. Pour une Europe forte, un
budget public est nécessaire. Le budget des institutions de l’UE s’élève à 1% contre 27% aux Etats-Unis pour le budget des dépenses fédérales.

La zone euro, pour faire face aux distorsions de concurrence entre les Etats membres, doit imposer
des mesures sévères d’austérité impliquant la réduction des dépenses publiques, des salaires, de toutes sortes d’allocations.
La gestion des taux de change par pays n’est plus possible au sein d’une zone de monnaie unique.
Les mesures d’austérité considérées comme une « dévaluation interne » font que l’Union européenne est
impopulaire et peut mener à la déflation économique. Seule une politique budgétaire efficace menée par l’UE pourrait stabiliser la zone euro.
L’Europe doit s’unir face aux révolutions scientifiques et technologiques en cours.
L’histoire de l’humanité a en effet été guidée par les découvertes et les innovations scientifiques, à commencer par la découverte du feu, il y a 300 000 ans.
Aujourd’hui, les inventions scientifiques sont écrasantes dans tous les domaines. L’acronyme B. I. N. C. C. est utile pour résumer les révolutions scientifiques en cours :

  • Biogénétique, fabuleux progrès de la médecine, durée de vie moyenne de 100, 150, 200 ans ??
  • Technologies de l’information (applications informatiques, IA, réalité virtuelle et robots physiques, impression 3D). Emergence du « robot sapiens ».
  • Nanotechnologie. Demain, nous pourrons parler à chaque citoyen de la terre dans notre langue,
    et comprendre toutes les langues du monde grâce aux nano-ordinateurs (sans fil ou implantés dans notre propre corps)
  • Sciences cognitives, recherche et manipulation du cerveau humain.

Les conséquences socio-économiques du tsunami des innovations scientifiques et technologiques seront écrasantes et dramatiques pour la communauté mondiale et les membres de l’humanité.
La numérisation et la robotisation réduiront considérablement le temps de travail, les salariés seront remplacés par des salariés indépendants, l’existence des marchés mondiaux ira de pair avec le travail à domicile, les multinationales seront en concurrence mais aussi coopéreront dans de nombreux domaines, la propriété intellectuelle ne sera plus protégée, l’interconnectivité éliminera tout type d’intermédiaires sur les marchés, le commerce électronique prendra le relais du shopping. AIRBNB, Uberisation, économie circulaire, mise en commun, fabrication personnelle, cours en ligne ouverts, les universités du monde entier se répandront, les paiements en espèces disparaîtront. Le développement de l’énergie solaire et de la fusion nucléaire va bouleverser l’équilibre économique et politique mondial. La richesse se transformera en bien-être et la recherche du bonheur deviendra un objectif sociétal.

Une ère post-économique apparaîtra, mais il faudra néanmoins faire face à beaucoup d’ombres de progrès: démographie, vieillissement, climat, alimentation… la rareté, la RAM (résistance antimicrobienne), les armes de destruction massive, la difficulté de transformer le multiculturalisme en interculturalité….

Il va sans dire que le tsunami actuel d’innovations scientifiques et technologiques révolutionnera la communauté mondiale pour le meilleur et pour le pire. Par conséquent, la question ultime sera et est déjà la question de l’éthique. Comment transformer tous ces changements en progrès humain ? Comment gérer l’éthique en politique, en économie, dans les affaires? Et quelle est la « bonne éthique »? Qui peut décider de ces valeurs ? Quelles sont les règles applicables à tous ? On s’en tient au plus petit dénominateur commun ?

Bouddha, Jésus-Christ, Kant et d’autres dirigeants moraux ont dit : »Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse ». Mais cette règle est-elle suffisante pour améliorer la vie humaine sur terre ?

La ligne directrice de SHIFTING ECONOMY est la quête du but dans l’économie, la quête de l’éthique dans les affaires – avec des outils utilisables sur le terrain. C’est aussi une invitation à tous les décideurs à imaginer
et réaliser de nouveaux rêves pour relier les êtres humains, et transformer le chagrin du village planétaire en bonheur humain.

Mark Eyskens
Professeur émérite d’économie et ancien Premier ministre de Belgique

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Photo : Andres Musta (CC BY-NC-ND 2.0)

Journée de résistance face aux grands projets imposés (Ixelles, Belgique, 14 octobre 2017)

Vous êtes impliqué-e-s dans la défense de terres agricoles, de territoires et/ou d’espaces de vie naturels ? Vous désirez en savoir plus sur ces luttes ? Kairos et le MPOC, avec le soutien d’Acteurs des temps présents et du RéSAP, vous invitent le 14 octobre à une journée consacrée aux luttes contre les Grands Projets Nuisibles et Imposés.

Ces dernières années, nous assistons à une accélération de l’accaparement des terres à des fins privées. Les petites exploitations agricoles et les espaces naturels sont le reflet de cette logique qui multiplie les zones artificialisées (routes, zonings industriels et commerciaux, lotissements, loisirs de masse, sites administratifs, etc…) et privatise les communs.

Les pouvoirs publics réagissent très peu à cette perte du patrimoine, voire y participent (vente de forêts domaniales, construction de zonings et de maxi-prison sur des terres arables, etc…). Ce sont donc des collectifs
d’habitants citoyens qui, en Wallonie comme à Bruxelles, s’organisent pour préserver leurs milieux de vie face à des projets obéissants à une logique productiviste et consumériste.

Une journée entière de rencontre entre celles et ceux qui, en Belgique, se mobilisent pour préserver nos forêts et paysages, nos villages et quartiers.

Débats, table ronde, «One mess show», bar, Qizinne mobile…

Nous questionnerons aussi le rôle que les médias libres peuvent apporter à ces collectifs dans la circulation des
informations relatives à ces projets.

à IXELLES le 14 octobre 2017

Télécharger le programme (format PDF) 

Université du Bien Commun (Paris – à partir du 14 octobre 2017)

Le 14 octobre 2017 commencera un cycle de sept rencontres citoyennes sur les multiples aspects et problématiques des biens communs, intitulé « Biens communs, histoire, actualité et perspectives », préparatoires à la création officielle en 2018 de l’Université du Bien Commun à Paris.

 

Bien commun, biens communs, communs, sont des notions et des pratiques en développement dans de nombreux domaines et disciplines et à travers des actions citoyennes dans le monde entier. Elles s’amplifient sous la pression de la crise écologique et sociale, de la transformation numérique et de l’épuisement de nos modèles économiques.

La connaissance, comme toute autre forme et expression de la vie, a été réduite à une marchandise. On peut breveter à titre privé et lucratif le vivant (gènes humains compris), ainsi que les algorithmes. L’éducation est devenue un service marchand «libéralisé ». Les
universités ont été transformées, de facto, en grandes écoles de business et de gestion des ressources (hôpitaux universitaires compris).

Et que dire de la marchandisation de l’eau, des semences, de l’énergie solaire, du logement, des transports collectifs, de la santé, de la sécurité sociale ? Il n’y a plus une caisse d’épargne ou une banque mutuelle ou populaire qui soit publique. La privatisation a effacé l’univers des services communs jadis publics. La « res publica » a été jetée aux orties.

La puissance mondiale des grands groupes marchands, financiers et technocrates privés a laminé, avec le soutien des pouvoirs publics eux-mêmes, le rôle des institutions politiques.
La domination, la violence, la « militarisation du monde » deviennent de plus en plus la norme.

== Une mobilisation qui s’intensifie ==
Parallèlement, la mobilisation autour des biens mis en commun s’intensifie, qu’ils soient matériels ou immatériels : des pratiques propres s’installent. Un changement social peut en découler, orienté vers le partage et le collectif dans tous les domaines. L’humanité n’est pas l’ensemble des êtres humains mais les êtres humains qui vivent ensemble : c’est pourquoi la question des Biens communs invite à une réflexion qui permet de repenser la société, le rôle de l’Etat, de la démocratie, etc. Bref, la politique.
Les biens communs sont des réalités en devenir et dont il faut assumer la grande diversité.

C’est pourquoi l’Université du bien commun à Paris entend promouvoir leur connaissance etcelle des forces en présence dans tous les champs où elles opèrent (droit, économie, anthropologie, philosophie, histoire, sciences, technologies, agriculture, numérique…).
Autant agora que lieu de recherche et de diffusion, de formation, d’éducation populaire, l’Université sera ouverte à tous les publics. Basée sur la gratuité, sans chaire ni cursus, elle reposera sur un fonctionnement coopératif et rotatif, avec des modes d’intervention variés : conférences, ateliers, projections, interventions scéniques et plastiques.

Cette démarche, au carrefour d’initiatives déjà foisonnantes, entend contribuer à sa manière à la valorisation des actions et des réflexions des différents acteurs mobilisés sur ces questions, et susciter la convergence de talents, d’engagements et d’initiatives en faveur d’une meilleure connaissance et de la défense des biens communs.

== Les membres fondateurs et coopérateurs de l’Université ==

L’Université et le cycle de conférences sont coordonnés à l’initiative de Cristina Bertelli et Yovan Gilles (revue et collectif Les Périphériques vous parlent), Frédéric de Beauvoir (Etablissement culturel et solidaire Le 100 ECS) et Riccardo Petrella, économiste, promoteur de l’UBC à Anvers (B) et à Sezano (Vérone, I), en collaboration avec Anne Douvin (architecte/urbaniste) ; Anthony Laurent et Edouard V.Piely (Sciences critiques) ; Bruno Lamour et Annie Flexer (collectif Roosevelt Paris) ; Claire Dehove (WOS/agence des
Hypothèses) ; Corinne Ducrey, Malika Person et Jean-Pascal Derumier (Chemin faisant / pouvoir citoyen en marche) ; Elizabeth Auclair (Université de Cergy-Pontoise) ; Frédéric Sultan (Remix the commons) ; Emmanuelle Veil (Le journal minimal) ; Emmanuel Poilane (France
Libertés) ; Hervé Defalvard (chaire de l’ESS-UPEM) ; Joseph Sangiorgio (Coopaname) ; Jérôme Wauschel et Pablo Marticorrea (Université populaire du pays basque) ; Joao Caraça (Kallouste Gulbenkian foundation) ; Jonathan Keller (Savoirs.com) ; Miguel Angel Nunez,
David Flacher et Denis Vicherat (mouvement Utopia) ; Marc Ridel (détecteur, connecteur) ; Patrick Farbiaz (Semaine anticoloniale) ; Thierry Linck, Pierre Dagallier et Michel Augé (Université du vivant) ; Florence Durand-Tornare (Villes internet) ; Violaine Hacker (Common Good Forum) ; Vincent Glenn (Coopérative D.H.R).

Contacts : Yovan Gilles, Cristina Bertelli 01 40 05 05 67 – 06 85 75 81 01

Courriel : universitebiencommun@gmail.com

Chargée de communication : Camille Dechambre – 0153251047 – Fondation France Libertés

 

Photo : Chris Yunker (CC BY 2.0)

Assemblée Européenne des communs au Medialab Prado (Madrid – 25 au 27 octobre)

L’Assemblée Européenne des Communs (ECA) est un réseau de personnes engagées dans les communs sur le terrain en Europe. Ce réseau s’est donné rendez-vous au Medialab Prado, Madrid du 25 au 27 octobre prochain. Cette rencontre se déroule en parallèle du Festival Transeuropa, lui-même une vaste réunion autour des alternatives politiques, sociales et environnementales.

L’Assemblée Européenne des Communs (ECA) a été lancée en novembre 2016 lors du premier événement public sur les communs qui s’est déroulé au Parlement Européen et au centre social Zinneke à Bruxelles, en Belgique. Cette réunion a rassemblé plus de 150 commoners européens pour faire valoir la nécessité de politiques publiques pour les communs en Europe et développer les réseaux pour inscrire cette démarche dans la durée.

La rencontre de Madrid se structure autour d’ateliers thématiques sur les communs urbains, d’une rencontre avec les acteurs politiques de madrilènes et d’autres villes espagnoles, et de temps de délibération sur le futur de ECA à l’horizon 2018/2019.

Les ateliers thématiques, au coeur du processus de cette rencontre, permettront, à partir des échanges avec les initiatives madrilènes et espagnoles, d’expérimenter et de proto-typer les outils utiles au développement des communs urbains en Europe. Les premiers participants inscrits ont proposés de travailler sur dans thèmes tels que : Espace public, Migrations et réfugiés, Participation citoyenne à la politique urbaine, Culture, Aliments, Logement, Santé, Devise et financement pour les communs, Lois et mécanismes juridiques pour protéger les communs, Technologie pour la citoyenneté.

Chaque atelier sera l’occasion de collaborations entre une ou plusieurs initiatives communautaires locales espagnoles et d’autres venant d’ailleurs en Europe engagées sur le thème de l’atelier. Ces ateliers seront conçus pour permettre le partage et l’exploration des connaissances et des stratégies fruits de ces expériences. À cette fin, l’équipe de coordination de ECA à Madrid organisera plusieurs vidéoconférences pour relier les différentes initiatives et co-concevoir les contenus de l’atelier avant la rencontre avec les participants. La méthodologie de facilitation sera aussi conçue pour inclure les participants dans la démarche structuration de la documentation des travaux collectifs afin de ressortir de la rencontre avec une boite à outils partagée sur les communs urbains.

Retrouvez plus d’informations sur le site Web de ECA.

 

Photo : Medialab Prado (CC BY-SA 2.0)
Source : Remix the Commons