Entre pairs

Le blog francophone de la fondation pour les alternatives P2P




Kit de survie dans un monde P2P

18th April 2008 (posted by Remy Sussan)

Kit de survie dans un monde P2P

Invités : Alain Prochiantz, neurobiologiste, Michel Bauwens, président
de la P2P Foundation et Annie Abrahams, artiste

Jamais il n’avait été possible de voir et/ou contrôler à distance et
dans l’instant d’aussi vastes territoires (humains, objets ou signes)
depuis un même point, qu’il s’agisse d’un centre de commandement, du
siège d’une multinationale ou d’un moteur de recherche. Jamais non
plus les échanges horizontaux n’avaient permis l’émergence de
nouvelles formes de savoir et d’organisation à la Wikipédia. Alors que
les internautes transgressent allègrement les lois (« tous pirates !
»), les entreprises prennent la place des gouvernements sur les
questions de vie privée… Ces mutations s’accompagnent d’une crise
d’identité profonde, soit que les individus ne se reconnaissent plus
dans les édifices hiérarchiques (Etats, organisations commerciales,
etc.), soit que les échanges non hiérarchisés ne représentent pas
(encore) une réalité tangible pour eux. Peut-on imaginer de
s’affranchir du centre physique, comme le suggèrent les développements
des protocoles du P2P (peer to peer, pair à pair ou point à point, les
transferts d’informations d’un ordinateur à un autre) dans la future
version de l’Internet (IPv6) ?

Comment vivre dans un monde pair à pair, de qui à qui et d’où à où?
Pour leur deuxième édition, les rencontres « Internet mon Amour », à
l’initiative d’«artisans» du réseau (chercheurs, artistes, critiques,
observateurs et activistes), invitent à croiser les regards : Annie
Abrahams, net-artiste sensible, qui, au travers de performances on et
offline, interroge la part organique des échanges virtuels, Alain
Prochiantz, neurobiologiste professeur au Collège de France, qui a mis
à jour certains phénomènes d’échanges intercellulaires (des échanges
P2P biologiques ?) et Michel Bauwens, président de la Fondation P2P
qui défend un modèle
non-hiérarchique d’interaction sociales) rapprocheront leurs visions
d’un corps social et d’un corps biologique en cours de redéfinition.

Après une première séance, « Faut-il avoir peur du Web 2.0 ? », en
février dernier autour de Geert Lovink, théoricien des médias, les
rencontres «Internet mon amour» tissent des liens entre réseaux
immatériels et monde de la pensée (écrivains, biologistes,
philosophes). Parce que les enjeux culturels, économiques, politiques,
sociaux et identitaires d’Internet dépassent ses acteurs.

Les « artisans » d’Internet mon amour: Olivier Auber, chercheur,
Xavier Cahen, net-artiste, Agnès de Cayeux, net-artiste, Géraldine
Gomez, curatrice au Centre Pompidou, David Guez, artiste hacktiviste,
Valentin Lacambre, figure de l’Internet indépendant, fondateur
d’Altern et Gandi, Nathalie Magnan, tacticienne des médias et
cyberféministe, Albertine Meunier, net-artiste, Annick Rivoire,
créatrice du site Poptronics, Anne Roquigny, curatrice nouveaux
médias, Cyril Thomas, historien de l’art.

Une production du Centre Pompidou <http://www.centrepompidou.fr> en
partenariat avec Poptronics <http://www.poptronics.fr> , l’agenda des
cultures électroniques

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Video: Michel Bauwens sur P2P

6th February 2008 (posted by James Burke)

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Troisième édition des tables rondes du futur

13th January 2008 (posted by Remy Sussan)

http://www.lafabriquedufutur.org/TablesRondesduFuturDesign.html

“Le design du futur” : son rôle dans la prospective et l’innovation, le mardi 15 janvier 2008 à la Bourse de Commerce de Paris. Colloque de 14h à 19h + cocktail “design, futuriste et sensoriel”.

Le design est un secteur d’activité protéiforme. Il balaye des champs d’activités multiples, espace, surface, objet, mix médias, etc… et de ce fait il est difficilement cernable, car il concerne l’ensemble de nos modes de vie. Et si le design était une voie privilégiée pour détecter des usages émergents, imaginer un futur désirable et le faire advenir ?

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P2P ou retour à la barbarie

27th November 2007 (posted by Vasilis Kostakis)

La production et la propriété entre pairs émergent à travers les mailles de l’économie du marché, en rappelant la lave qui couvre progressivement l’ancienne terre et en crée une nouvelle. Marx avait déjà décrit un passage vers le socialisme précisant qu’une fois la production suffisante, on passerait à l’avènement du communisme. Cependant, ce qu’ il n’ avait pas prévu c’ était l’émergence d’une forme de “communisme” celle du “Commonisme” et qui existe déjà dans la production immatérielle. Oscar Wilde mentionne que “le progrès est la prise de conscience de l’utopie” et les mouvements comme celui de la Wikipedia, et du logiciel libre prouvent que rien n’est impossible - utopique - lorsque cette prise de conscience est fondée sur le savoir collectif et la création utilisant des procédés et des pratiques démocratiques.

Le mouvement peer to peer permet une nouvelle forme de coopération sociale, d’interaction et d’ interconnexion. D’ son rôle catalyseur dans la création et la formation de nouvelles structures économiques et sociales. Les pratiques pair à pair émergent en tant que base d’une nouvelle culture autonome et créative. L’ancien dilemme “socialisme ou barbarie” qui
avait été posé par de nombreux universitaires et non universitaires , comme Cornelius Castoriadis et Rosa Luxemburg doit de nos jours être redéfini. Bauwens dans son essai “P2P et l’Evolution Humaine ” esquisse la redéfinition précitée : “P2P ou retour à la barbarie”. Le mouvement P2P est pratiquement une révolution, qui crée la société dont il rêve , au sein d’ une société qui existe déjà, mais qu’ il compte dépasser ou plutôt se déposer sur elle.

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Hervé Le Crosnier sur la conférence Living Knowledge 3

25th September 2007 (posted by Remy Sussan)

(le message qui suit est d’Hervé Le Crosnier)

Bonjour,

Le conférence “Living Knowledge 3″ s’est tenue à Paris du 30 août au premier septembre. A l’initiative de
- La Fondation sciences citoyennes
http://sciencescitoyennes.org

- Le réseau international des boutiques de sciences
http://scienceshops.org

Les thèmes tournaient autour de l’appropriation citoyenne des sciences et techniques, et son complément, l’intégration des questions posées par les citoyens dans la recherche. Il est significatif qu’elle soit organisée conjointement par une association de réflexion et de mobilisation sur le statut de la science et de la technoscience dans les sociétés modernes, et par un réseau de service aux associations et communautés, cherchant à proposer des études, solutions, analyses et recherches à partir de leur demande.

Plus de 300 participants sur 20 pays ; de nombreux compte-rendu d’expériences de “recherche action” ou de “community based and participatory research” (recherches participatives appuyées
sur les communautés, ce dernier terme ayant une connotation différente de celle qui prévaut en France) ; des questions théoriques et des propositions administratives (Communauté Européenne et Région Ile de France, ou Gouvernement du Canada)… la dynamique qui s’y est fait jour a été des plus enthousiasmantes.
La forte présence de la biologie et de la médecine, des techniques informatiques et nucléaires à côté des sciences sociales montre que ces questions de création d’un nouveau rapport entre la recherche et les citoyens touche toutes les activités. La “recherche coopérative” accorde deux savoirs distincts : celui des chercheurs, dotés de méthodologies et s’interrogeant sur leurs propres pratiques et celui des “praticiens” et des groupes concernés (par exemple les paysans
sélectionnant les “semences fermières” travaillant avec des biologistes de l’INRA).
L’expertise” est répartie, et trouver la bonne conjugaison fait avancer les communautés, qui apprennent collectivement, autant que la recherche. Une des issues de cette conférence nous invite à nous interroger sur cette notion d’”expertise”, sur son usage politique et les tenants réels de sa validité scientifique.

Ainsi, traditionnellement, le “transfert de technologie” se fait des Universités en direction du secteur marchand. Ce fut donc très intéressant de voir la DG “développement durable ” de la
Commission européenne lancer une nouvelle appellation: “research for the benefit of special groups”, avec deux branches : l’une pour les entreprises, l’autre pour la société civile. De même,
la proposition de la Région Ile-de-France, qui commence à être imitée, d’initier des PICRI, (Partenariat Institutions Citoyens pour la Recherche et pour l’Innovation)(http://www.picri.fr).

La dynamique des “conférences de consensus” développée par Jacques Testard est elle aussi une nouvelle définition sociale de l’”expertise” : les citoyens font des propositions suite à
des séances plénières (hearings) de questions à des spécialistes ayant des propositions différentes, parfois opposées. Mais à la différence de l’”opinion” qui pourrait se dégager d’un tel
exercice, les “conférences de consensus” organisent un processus de formation préalable, afin que les citoyens qui vont prendre position collectivement (tirés au hasard et ayant accepté de
suivre cette formation) aient acquis dans les trois mois qui précèdent les moyens de comprendre réellement les enjeux. Un processus démocratique nouveau, particulièrement adapté aux technologies de rupture, mais qui peut être élargi dans bien des situations (communes, régions, parlements, inter-associations). Car modifier la perception des groupes et des citoyens est un des résultats d’une recherche participative. Il s’agit de développer un paradigme inverse de la “recherche hélicoptère” (Syed M. Ahmed, Winconsin) dans lesquelles les scientifiques
arrivent dans les communautés, prennent les idées, les échantillons, les données et repartent les exploiter dans leurs universités (pour éventuellement y déposer des brevets comme dans le phénomène dit “biopiraterie”).

Un tel engagement avec les communautés n’est pas sans mettre à risque le chercheur, comme nous a rappelé dans une très émouvante communication Ignacio Chapela, de l’Université de
Berkeley, qui travaillait sur le long terme avec des communautés indigènes d’Oaxaca sur l’analyse de la terre et des plantes au niveau microscopique et génétique. Quand cette
communauté a pu se doter d’un système d’analyse d’ADN, et l’utiliser sur les variétés locales, on s’est aperçu que des gènes modifiés étaient présents sur les maïs… dans l’endroit même où cette céréale est née et a été cultivée et sélectionnée durant des millénaires. Ce qui a grandement fâché l’industrie, et fait connaître au chercheur la puissance de leurs forces de
blocage et de sanction. (la saga complète dans deux articles : The sad saga of ignacio Chapela, John Ross http://www.theava.com/04/0218-chapela.html
Tuez le messager (traduction d’un article de Justin
Gerdes, Mother Jones)

http://www.france.attac.org/spip.php?article231 )

La question de la protection scientifique et juridique des “lanceurs d’alerte” devient un élément essentiel d’une nouvelle politique scientifique. Car la recherche participative est aussi un moyen d’organiser un nouveau “contrat de recherche”, face à la tendance réductionniste et calculatoire des programmes de recherche actuels. Les méthodes et conceptions de la science ont été
bouleversées avec les modes d’évaluation et de financement de la recherche. Dans la stratégie européenne dite “de Lisbonne”, la “société du savoir” développe les recherches qui favorisent la
“compétitivité”, en oubliant l’étude des impacts sur la santé, la durabilité et la compréhension sociale.Helen Wallace de Genewatch (http://genewatch.org) nous a montré que cette dynamique pousse par exemple à la création du secteur de recherche des “Nutrigenomics”, avec l’idée que les aliments doivent être adaptés aux caractères génétiques des individus.

Une telle conception fait disparaître à la fois la clinique médicale, et la notion de symptôme, pour renvoyer à des dispositions individuelles… et donner des médicament “personnalisés” à des gens en bonne santé… qui représentent un marché plus solvable.
La conclusion de Angelika Hilbeck de Zurich représente bien le nouveau défi de la recherche :” organiser un financement pour favoriser les “biens publics” et pas seulement les “publics”".

Organiser le partage global des connaissances par des programmes audacieux et croisés, intégrant toutes les composantes de la société. La privatisation du savoir, liée à la perte d’autonomie des Universités dans le monde entier, et à l’absence de financement pour les laboratoires indépendants, se traduit par deux coins plantés dans la recherche publique : “ce que nous (l’entreprise ayant financé la recherche) savons ne peut pas être partagé (pas de publication) et ce que nous craignons ne peut pas être recherché (pas de financement)”.

Après une telle conférence, la proposition présentée par Gus Massiah de l’ONG CRID (Centre de Recherche et d’Information pour le Développement) d’organiser un nouveau lien entre les
mouvements sociaux et la recherche scientifique et technique a été fortement applaudie. Il s’agit de préparer, dans le cadre du prochain “Forum social mondial” qui se déroulera à Bélem (Brésil) en janvier 2009, la tenue d’une conférence sur la science et la technique, en mobilisant les chercheurs et les universitaires du monde entier pour ce dialogue constructif d’une science coopérative, ouverte sur les problèmes de la société et associée aux mouvements citoyens.

Un appel est en cours de rédaction (ouverte) et sera proposé à signature à la mi-septembre avant d’être rendu public fin octobre, le temps de trouver des relais dans tous les continents
et suivant plusieurs choix et orientations, dans la tradition des forums sociaux. Vous pouvez participer (ou suivre) ce débat pour l’instant uniquement sur une liste de discussion ouverte :

http://le-forum.net/wws/info/wsf-fsm-st

Quand la demande des communautés en analyses, études, rapports, formation populaire et outils techniques rencontre l’offre d’une science ouverte, participative, la “société de la connaissance”
prend un tour nouveau, réellement ancré dans le savoir partagé.

Hervé Le Crosnier

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La semaine québecoise de l’informatique libre

1st September 2007 (posted by Remy Sussan)

voir :http://www.sqil.info/fr/sqil-2007-quatrieme-edition

“Pour un développement durable

C’est pour une quatrième année consécutive qu’individus et organismes de tous les coins du Québec s’associent pour la Semaine québécoise de l’informatique libre. Le lancement du nouveau site web de la SQIL représente le début de l’organisation des activités qui se dérouleront du 15 au 23 septembre 2007. L’objectif de la SQIL est de promouvoir le logiciel libre et d’entretenir une relation de confiance et de partage entre les usagers et ces logiciels à travers l’entraide et l’échange de connaissances.

Le thème de cette année, Pour un développement durable, engage les participants à forger des bases solides avant et pendant l’événement afin de mieux présenter les enjeux du logiciel libre sous toutes ses formes. Étant en pleine effervescence, la philosophie du libre redéfini notre vision du logiciel et de nos droits quant à celui-ci. Il est donc important de bien informer les gens dès le départ afin de favoriser sa croissance au sein de la population mondiale, autant chez les entreprises, les associations et les particuliers.

Cependant, un événement à l’échelle provinciale ne s’orchestre pas tout seul. C’est pourquoi les organisateurs de la SQIL sont à la recherche de gens voulant aider et participer à l’organisation d’un événement d’une telle envergure. Que vous soyez une entreprise, un organisme à but non lucratif, un média, une école, ou autre, vous pouvez participer à l’effort collectif en proposant des activités, en faisant la promotion de la SQIL et du libre ou bien en donnant un coup de pouce avec l’organisation pour le site web, le dépliant, l’affiche, etc.

Pour de plus amples informations concernant les activités organisées, les ressources mises à votre disposition en tant qu’organisateur ou pour obtenir des informations d’ordre générales, consultez le site web de la SQIL régulièrement.”

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Pouvoirs et savoirs dans la Wikipedia

29th August 2007 (posted by Remy Sussan)

Une fascinante étude sur l’histoire de la gouvernance et le pouvoir dans la communauté Wikipedia, une série en trois parties publiée par Homo Numericus .

Voici l’introduction:

“Au delà d’interrogations un peu puériles sur la qualité ou l’absence de qualité intrinsèque de cette encyclopédie qu’on aborderait comme un « produit » fini, il peut être intéressant de se pencher sur le mode de fonctionnement de cette entreprise, considérée cette fois comme un système social, un lieu de coordination et de coopération entre plusieurs milliers de participants ; amendable par tous, éditable indéfiniment, Wikipédia n’est en effet jamais « finie » - pas plus que ne l’est le savoir d’ailleurs, en perpétuel renouvellement. De ce simple fait, il est bien plus pertinent de s’interroger sur la manière dont le travail de co-construction des connaissance s’accomplit en permanence, que sur la « vérité » de tel ou tel énoncé qui y serait produit. C’est exactement ce que fait Sylvain Firer-Blaess dans cette série de trois articles qu’il a accepté de publier pour Homo Numericus. S’appuyant sur les travaux de Foucault, mais pas ceux auquel on s’attendrait, il développe une analyse politique percutante de Wikipedia comme lieu où s’exerce et refuse de s’exercer en même temps une certaine forme de pouvoir. Pour lui, et il l’expliquera dans ses deuxième et troisième parties de cette série, Wikipédia est traversé d’une tension qui lui est propre et qu’il tente de qualifier en démontant à la fois les moeurs et les mécanismes de régulation de cette communauté très particulière. Pour l’heure, il nous la présente, dans ses dimension techniques et historiques. Ce travail est issu d’un mémoire de fin d’étude présenté à l’IEP de Lyon.”

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La démocratie non-représentative selon Thierry Crouzet

11th July 2007 (posted by Remy Sussan)

Intro de Michel Bauwens :
La Foundation P2P distingue 3 grands processus bases sur la dynamique relationelle entre pairs: la production entre pairs, la gouvernance entre pairs, et la propriété entre pairs. La gouvernance entre pairs est l’ensemble de processus utilisés par les groupes engagés dans des processus de partage ou de production en commun, pour gérer leur projets, prendre des décisions, etc.. La gouvernance entre pairs se distingue de la démocratie representative dans la mesure où chacun participe aux decisions concernant les projets auxquelles il/elle participe. Ces évolutions sont suivis en details dans les pages suivantes ( http://www.p2pfoundation.net/Category:Governance).

C’est donc avec un grand interet que nous lisons la définition suivante de la peer democracy, par Thierry Crouzet, qui réfère entre autres aux travaux de notre collaborateur Vasilis Kostakis ( http://www.p2pfoundation.net/Laser_Theory_of_Social_Change)

Une question fondamentale est la suivante: est-ce que la peer democracy remplace, ou complète, la democratie representative? Le billet de Thierry pourrait faire croire à la premiere hypothese, mais je pense que la democratie est une technique pour gérer des resources rares (la rarete), par contre, la democratie des pairs fonctionne dans un contexte d’abondance, ou le problème de gestion de resources ne se pose pas, ou en tout cas, pas de la même facon.

Qu’en pensez-vous?

Michel Bauwens

Un extrait du “blog du peuple des connecteurs” de Thierry Crouzet

“1. C’est une société d’égal-à-égal, mise en œuvre dans le monde du logiciel libre, du P2P et d’internet en général. On peut en trouver d’autres exemples historiques. J’ai évoqué il y a peu les Apaches.
2. La structure horizontale plutôt que verticale favorise la communication interindividuelle, la réactivité, l’émergence de l’intelligence collective.
3. Puisqu’il n’y a plus de représentant chacun est responsable. Si nous voyons un pauvre, c’est de notre seule faute. Si nous en avons les moyens, nous devons l’aider. L’entraide émerge alors d’un réseau d’entraide (les forums sur internet) plutôt que d’une volonté supérieure incarnée par l’État.
4. Les structures hiérarchiques peuvent apparaître mais ponctuellement : des hiérarchies de projets où des leaders prennent les commandes uniquement le temps des projets. En fait, la hiérarchie n’apparaît que si elle apporte un bénéfice et uniquement pendant cette durée.
5. La décentralisation est corolaire de l’égalité. Des institutions centralisées impliquent en elles-mêmes une forme de hiérarchie. Ce que nous appelons aujourd’hui l’État devient une structure dynamique qui, elle aussi, émerge des interactions entre les individus. L’État serait la somme des réseaux d’entraide.”

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La “tontine des blogueurs”

6th July 2007 (posted by Remy Sussan)

Qu’est-ce qu’une tontine:

“La tontine est une forme d’épargne et de crédit. Ce mécanisme de financement existe dans toutes les sociétés traditionnelles.

Le principe de la tontine est celui d’un échange circulaire et égalitaire d’un bien, d’un service ou d’argent à l’intérieur d’un groupe de personnes qui appartiennent le plus souvent au même cercle ethnique.

La tontine d’argent est vivace au sein de communautés où les banques refusent d’intervenir. Des groupes d’amis, de voisins ou de collègues peuvent alors se constituer afin de proposer, sur la base de la confiance, des aides à chacun des membres : les cotisations des membres et les remboursements permettent de financer les projets.

Le système fonctionne car les relations sociales créent un équilibre du système (pression par les pairs). Dans des contextes moins communautaires, individuels, ce seront plutôt des organismes de microcrédit qui conviendront. ”

Qui anime la Tontine des blogueurs ?

” * Nous ne sommes pas une équipe de conseils en placements financiers ou un club d’amateurs de statistiques boursières.

* Nous sommes de vrais gens qui ont de vrais problèmes d’argent.

* Nous voulons réduire nos découverts bancaires, nous voulons réfléchir aux moyens de financer les futures études de nos enfants, nous soupçonnons nos voisins d’avoir une offre de dégroupage téléphonique encore plus avantageuse que la notre, nous croulons sous les factures et nous rêvons de nous acheter une voiture qui soit plus respectueuse de l’environnement.”

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Le marché s’empare des mondes virtuels

4th July 2007 (posted by François Rey)

Ces derniers temps mon attention s’est portée sur le phénomène des mondes virtuels, ou métaverses, traduisant ainsi mes découvertes dans quelques articles (voir http://blogfr.p2pfoundation.net/2007/05/21/marches-financiers-virtuels-et-p2p/ et http://blogfr.p2pfoundation.net/2007/06/05/mondes-virtuels-p2p/).

Si aujourd’hui je prends une nouvelle fois la plume c’est pour partager l’idée que les mondes virtuels prennent très rapidement de l’importance (plus rapidement que ce que l’on peut penser) et que le marché est réellement parti à la conquête de ces mondes virtuels. En fait nous entrons dans cette partie très ascendante de la courbe exponentielle d’adoption, et il devient impossible d’ignorer le phénomène. Voici donc quelques articles sélectionnés qui illustrent le fait que les mondes virtuels ne sont plus l’affaire de petites entreprises innovantes et que les grands noms connus du marché sont maintenant impliqués dans le mouvement.

Commençons par cet article d’Agoravox qui s’efforce de prédire l’horizon technologique de 2020 sous forme de 10 prédictions, dont 4 touchent les mondes virtuels et que je reproduis ci-dessous:

3. Nos bureaux auront pignon sur le Net, on ira travailler en se connectant depuis chez nous à un univers virtuel.

Les entreprises flirtent avec les univers virtuels. Elles sont chaque jour plus nombreuses à s’installer dans Second Life et certaines ne lésinent pas sur les moyens. IBM a acheté 12 îles virtuelles dans cet univers virtuel et 250 personnes travaillent à leur développement.

Sun propose des applications destinées à un usage interne, où le virtuel devient l’extension naturelle du travail. Dans MPK20 les employés du groupe peuvent échanger des documents, organiser des réunions, converser… (Confère magazine de vulgarisation sur le Virtual business).

4 Notre provatar rougira lorsque notre patron touchera notre point sensible.

Gartner Group affirme qu’en 2011, 80 % des internautes et les 500 premières sociétés mondiales auront une vie virtuelle. On peut en déduire que nous serons nombreux à avoir des avatars professionnels (des provatars).

Avec le développement de logiciels comme FaceCommunicator d’Oki qui capte les expressions du visage et les transmet au double numérique, l’avatar pourra communiquer de manière non verbale. Enfin, rassurez-vous, les vendeurs de technologie toujours soucieux de nous inciter à l’achat, nous permettront sans doute de filtrer ce clone de bits et d’octets. On pourra lui enlever rides et kilos et autres dommages commis par le temps sur notre être réel et le rendre apte à encaisser toutes les remarques déplacées.

5. Notre travail ressemblera de plus en plus à un jeu vidéo et on passera des tests de jeu lors de l’embauche.

Selon un article du New York Times intitulé pourquoi le travail ressemble de plus en plus à un jeu vidéo, les salariés ayant un profil de joueurs seraient plus loyaux envers leur entreprise, plus autonomes, capables d’innover ou encore de travailler en réseau que les autres… Comme le souligne Jane McGonigal, créatrice de jeu et chercheuse à l’Institut du futur, c’est à croire que “les talents que l’on développe dans les mondes virtuels permettent de régler des problèmes du monde physique“. Une donnée à prendre en compte lorsque vous tenterez de limiter la frénésie ludique de vos adolescents !

7. Nous enverrons un bouquet de fleurs virtuel à nos meilleurs clients.

Les chiffres de vente de biens virtuels sont hallucinants. Chaque année plus de 1,5 milliard de dollars sont dépensés dans des biens virtuels. Tencent, l’un des plus grands portails internet en Chine, a généré plus de 100 millions de dollars, dont 65 % proviennent de biens virtuels. Habbo Hotel a plus de 75 millions d’avatars enregistrés dans 29 pays. La vente de bien virtuels génère environ 60 millions de dollars.

HotOrNot propose des fleurs virtuelles à 10 dollars, donc plus chères que des fleurs réelles. Selon, James Hong, son fondateur, le service a trois composants : « Il y a l’objet en lui même, représenté par l’icône d’une fleur. Il y a le geste d’envoyer une fleur à sa dulcinée en ligne, et enfin il y a l’effet de trophée consistant à montrer à tous que l’on a reçu une fleur. Si la fleur en tant que telle n’est pas très importante, les deux autres le sont. » A fur et à mesure que les barrières entre vie réelle et vie virtuelle vont tomber, le marché des biens virtuels va exploser.

Nous observons donc que les grands noms de ce monde réel sont bien impliqués dans le mouvement.

IBM : qui investit beaucoup dans l’univers de Second Life, voir http://www.google.com/search?hl=en&client=firefox-a&rls=org.mozilla%3Aen-US%3Aofficial&as_qdr=all&q=IBM+second+life&btnG=Search&lr=lang_fr. Bien d’autres grands noms de l’industrie informatique sont aussi impliqué, mais IBM reste un nom connu du grand public et est probablement celui qui investit le plus dans cette aventure.

Gartner : un institut d’étude et d’analyse du marché bien connu dans le monde de l’entreprise se penche sur le phénomène et annonce que d’ici 2011 une grande majorité d’entre nous aura une existence virtuelle, voir http://www.gartner.com/it/page.jsp?id=503861. Leur message aux entreprises est qu’il est temps de s’embarquer dans l’aventure tout en restant prudent. Sauf que dès qu’il y a ruée vers l’or, il y a toujours précipitation, ce qui ne fera qu’augmenter la courbe de croissance du phénomène.

Certes, cela fait quelques mois déjà que les entreprises s’impliquent de plus en plus dans les mondes virtuels. Les articles sur ce sujet ne sont pas nouveaux. Ce qui peut être intéressant de noter sont les différentes manières pour le marché d’aborder les mondes virtuels et quels sont les types de business model mis en œuvre.

Dors et déjà nous pouvons distinguer plusieurs phases dans le phénomène de commercialisation des mondes virtuels, phases auxquelles nous pouvons associer des business model types:

1. Création d’un espace virtuel propriétaire : il s’agit pour une entreprise innovante de créer un ou des espaces virtuels et d’obtenir un revenu au travers de souscriptions et de ventes ou locations de biens immatériels. Les modalités en ce qui concerne l’usage et la possession des biens virtuels peuvent varier grandement, mais il existe toujours une entreprise au centre qui est généralement propriétaire au moins de la technologie lui permettant ainsi de générer un revenu sur son utilisation. Linden Labs (qui possède Second Life) se trouve dans cette première catégorie. Amazon sera aussi dans cette catégorie car ils vont bientôt lancer un monde virtuel « Questville » en association avec leur site « Askville » avec à la clé une monnaie virtuelle permettant aux utilisateurs de Askville de gagner des point pouvant être dépensés sur Questville, voir http://www.virtualworldsnews.com/2007/07/amazon-readying.html.

2. Appropriation de l’espace virtuel : individus et entreprises investissent temps et énergie à créer une présence sur cet espace, avec des motivations très variées. En ce qui concerne les business models nous trouvons :

· Marketing virtuel : l’espace virtuel n’est qu’un moyen pour une entreprise bien présente dans le monde réel d’étendre son activité marketing afin de pouvoir étendre sa présence dans le monde réel.

· Entreprise virtuelle : l’espace virtuel est considéré comme une économie à part entière rendant possible la création d’activité de création virtuelle, e.g. immobiliers, objet virtuels, etc.

3. Interpénétration du virtuel et du réel : une fois l’espace virtuel suffisamment stable et mature, le phénomène d’interpénétration du monde virtuel avec le monde réel, qui commence dès la création de l’espace virtuel, s’accentue et nous observons des business model mixtes avec des entreprises existant dans les deux mondes selon deux modalités principales :

· activité de « passerelle » : achat et vente de bien virtuels dans le monde réel et vice-versa, échange entre monnaie virtuelle et monnaie réelle, etc.

· activité mixte : le monde virtuel n’est qu’une extension du marché réel, et vice-versa, et il devient possible pour une entreprise d’entendre son activité dans le monde virtuel tout comme elle pourrait s’étendre dans un autre pays du monde réel.

Il est évident que ces différents modèles d’entreprises peuvent se mélanger pour obtenir une grande variété de modèles économiques hybrides. De plus ceci reste une analyse très rapide de cette monétisation (virtuelle ou réelle) des mondes virtuels. Une autre analyse intéressante est celle de voir comment la production sociale P2P s’imbrique avec la production marchande dans l’établissement de ces mondes virtuels. Une telle analyse serait d’ailleurs très similaire à celle du Web 2.0 dans lequel nous assistons aussi à un mélange de production sociale au sein de modèles marchands. Je serai donc ravi d’entendre vos commentaires sur ce sujet.

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