Posts de P2P Foundation

P2P Foundation

Plaidoyer pour une société des communs

Un article de Chrystèle Bazin publié dans le magazine Socialter #24

Dans leur nouvel essai, « Manifeste pour une véritable économie collaborative », Michel Bauwens et Vasilis Kostakis, membres la P2P Foundation, détaillent leur stratégie d’infiltration puis de sabordage du capitalisme afin de faire advenir une société des communs à même, selon eux, de résoudre la crise écologique et sociale que nous traversons.

La production entre pairs

Tout a commencé avec les plateformes de partage de fichiers en pair-à-pair comme Napster, qui permettait, au début des années 2000, de télécharger des morceaux de musique directement sur les ordinateurs des internautes. « Avec le pair-à-pair, explique Michel Bauwens, les individus ont acquis une capacité inédite de s’auto-organiser et de créer de la valeur sans demander la permission à quelques structures centralisées que ce soit ». Avec ce mode d’organisation, nous pourrions évoluer à nouveau dans des petites échelles, plus conviviales, comme celle d’une famille, d’un groupe d’amis et ne plus être noyés dans d’immenses structures impersonnelles.

En outre, la mise en réseau des savoirs et des compétences à grande échelle permet de réaliser des projets et de trouver des solutions qui restaient jusqu’à présent inaccessibles et économiquement irréalisables, avance-t-il. Des entreprises comme Google ou Amazon, l’ont bien compris, leur réussite repose sur l’exploitation de ce que le sociologue Antonio Casilli nomme le « Digital Labor », qui couvre aussi bien la production de logiciels libres que de données personnelles ou encore les micro-tâches du crowdsourcing, etc.

Lire la suite… (PDF)

Noesia : une nouvelle revue dédiée au Knowledge Management

Article de Fabrice MOLINARO initialement publié sur les-infostrateges.com sous Licence Creative Commons CC BY-NC-ND 2.0 FR

Qu’est-ce qui distingue l’information de la connaissance ? C’est principalement que cette dernière est intimement liée aux gens, aux êtres humains avec leurs expériences, leurs émotions et leurs spécificités. C’est ce qui fait de sa gestion quelque chose de difficile, de complexe, voire de sensible.

Tous les professionnels du « knowledge management » vous le diront : développer la gestion des connaissances dans une organisation, c’est d’abord une histoire de rencontres. Comprendre les besoins, identifier les expertises, cerner les enjeux, … Autant de défis qui ne peuvent être relevés que de manière collective.

Ces débats génèrent souvent eux-mêmes des connaissances de grande valeur pour ces mêmes professionnels. Il était donc logique de partager. C’est l’objet du premier numéro de Noesia, une nouvelle revue dédiée au Knowledge Management.

Le premier numéro daté de septembre 2017 est disponible en ligne et en accès libre.

Voici quelques éléments du sommaire :

  • Trop d’outils tuent le partage !
  • Dossier – Et si le partage des connaissances était considéré comme un jeu ? Illustrations avec un cas de tutorat
  • La capitalisation des connaissances en intelligence économique
  • Le schéma cognitif ou comment l’information transforme votre organisation
  • Entretien avec Michel Bauwens, P2P Foundation
  • Une boussole pour s’orienter et ajuster le cap des Communautés de pratique (CoP)
  • Expert et/ou manager ?
  • Knoco 2017 Global Survey of Knowledge Management

Plus d’infos : www.noesia.be

Entretien avec Michel BAUWENS, P2P Foundation

publié dans le premier numéro de la revue Noésia

Qu’est-ce que l’initiative P2P dont vous êtes à l’origine ?
Depuis une vingtaine d’années, j’ai vu qu’Internet a créé des opportunités en matière de partage des connaissances grâce à des outils qui permettent de créer un commun et de le formaliser sur des blogs, wikis et autres outils. Des grandes communautés productives partagent désormais leurs connaissances. Le « pair à pair » est la dynamique qui permet à une communauté de pairs pour partager cette connaissance. La Foundation P2P observatoire de l’émergence de ces dynamiques dans tous les domaines de la vie : business, politique, logistique, éducation ou même spirituel. On peut prendre aujourd’hui n’importe quel mot et mettre « open » ou « P2P » devant et constater qu’il y a quelqu’un dans le monde qui s’en occupe. Le pair-à-pair, c’est faire les choses en commun, coproduire une ressource qui est à la disposition de tout le monde.

Quand on parle « économie collaborative », on pense souvent à Uber ou Airbnb, mais est-ce la même démarche ?
Quand on emploie le vocable « économie du partage », ça veut dire qu’il y a du partage. Or avec Uber et Airbnb, il n’y a pas de partage. Le chauffeur ne partage pas sa voiture pour rien. Même chose pour le propriétaire d’un appartement qui le met à disposition sur Airbnb. C’est un marché pair-à-pair avec une plate-forme au milieu mais ce n’est pas une économie de partage. Finalement, ces sociétés font très peu de choses mais arrivent à extraire beaucoup d’argent des produits et échanges que nous produisons sans eux. En exagérant un peu, on pourrait même dire que c’est une forme de parasitisme car ils ne produisent pas eux-mêmes. Avant, on bâtissait un hôtel et puis on faisait venir les gens, mais on avait bâti quelque chose. Alors que maintenant, ce sont les gens qui bâtissent et qui louent et ces entreprises jouent un rôle d’intermédiaire. Elles ne produisent plus. Google ne produit pas des documents. Uber ne produit pas des transports. Airbnb ne produit pas des appartements. Ce qu’ils font c’est permettre et exploiter le pair-à-pair.
Néanmoins le commun peut être la plate-forme elle-même. On parle d’ailleurs de « coopérativisme de plate-forme ». Par exemple, des chauffeurs de taxi vont se mettre ensemble pour créer une application pour réserver leurs véhicules. Des consommateurs peuvent faire la même chose et il existe déjà de nombreuses plateformes de ce genre. Mon propre rêve, c’est des plateformes multipartenaires, soutenues par les alliances de ville qui ont besoin de ce type d’infrastructure physique.

Comment comprendre l’Open Knowledge ?
Ce qu’il faut comprendre, c’est que le commun est devenu un aspect compétitif, même pour le capitalisme contemporain. Une firme décide de payer une cinquantaine de chercheurs et de protéger leurs connaissances. Personne d’autre ne peut les utiliser. A côté de cela, il y a des sociétés qui laissent ces connaissances ouvertes et ont ainsi accès à 5.000 chercheurs. Donc même d’un point de vue compétitif aujourd’hui, ça a du sens de mutualiser le développement ou la connaissance. Par exemple, IBM s’est ainsi lancé sur Linux et aujourd’hui fait pratiquement tout en logiciel libre. Ils paient 2.000 développeurs qui font du Linux, mais ce logiciel est développé par disons 25.000 personnes dont 75% sont payés par leurs concurrents. Certains travaillent gratuitement parce qu’ils ont envie de solutionner leurs problèmes, ce qu’ils ne pourraient pas faire avec du logiciel propriétaire. Mon hypothèse est donc que la connaissance ouverte est donc beaucoup plus compétitive et innovante par rapport à la connaissance propriétaire. Cela explique par exemple le développement de l’impression 3D depuis une douzaine d’années lorsque … les brevets sont tombés. C’était une niche industrielle, des monopoles et il y avait très peu d’innovations. Il y a maintenant des dizaines de milliers de gens qui développent des imprimantes 3D en open source et cela a ainsi explosé.

On voit que la courbe innovative est bien moindre quand il y a des brevets qui servent surtout à récupérer des investissements. Le discours officiel est pourtant qu’on a besoin des brevets pour innover.
L’autre argument pour l’open knowledge, c’est le critère éthique comme en témoigne les initiatives en matière d’énergie renouvelable. Aujourd’hui en Allemagne, 60 % des énergies renouvelables sont des communs via des coopératives qui mutualisent les achats. On est dans un état d’urgence pour la planète et il ne serait donc pas éthique de garder des innovations pour soi.

Que faire pour lutter contre l’idée que « l’information, c’est le pouvoir » lorsqu’on incite au partage des connaissances ?
C’est toujours une réalité. Quand on crée une rareté, les gens qui contrôlent cette ressource rare ont plus de pouvoir que les autres. C’est peut-être bon pour eux, mais c’est négatif pour l’intérêt de l’entreprise. C’est d’abord une question de culture. Les entreprises qui réussissent à avoir une culture collaborative sont des entreprises qui sont plus compétitives, plus innovatrices, où les gens aiment travailler, … Des féodalités où chacun se tire dans les pattes, c’est rarement des endroits où les gens ont envie de travailler. C’est donc sur la culture qu’il convient d’agir en priorité.

Pourrait-on imaginer une revue comme celle-ci élaborée de manière partagée ?
A mon avis, il faut avoir deux niveaux. Par exemple, en ce qui concerne les logiciels libres, on essaye que ce soit le plus ouvert possible. Le problème, c’est que tout le monde ne produit pas la même qualité. Or en matière de logiciel, ça doit marcher. Il y a donc toujours une deuxième couche qui est une couche de contrôle de la qualité. La différence, c’est que ce n’est pas un patron qui dit ce qu’il faut faire, par contre c’est la couche des « maintainers », dans les communautés libres, ou des rédacteurs dans le wikipedia qui décide si la contribution a une qualité suffisante pour être incluse dans le logiciel. Il veille à l’intégrité du système.
C’est la même chose pour une revue. Il faut être le plus ouvert possible, mais il faut en même temps des mécanismes de sélection et d’amélioration. La différence, c’est qu’avant le rédacteur en chef décidait de qui allait écrire quoi. Le nouveau système marche parfois très bien, mais pas toujours. Il y a par exemple des très bons articles dans le Huffington Post, parfois des mauvais. Il y a aussi des sites de ce type pas très intéressants. Il faut rester vigilants et assurer une certaine qualité.
C’est un peu mon activité. Je suis un curateur digital. Je vois énormément de choses et je fais une sélection du meilleur. Tout le monde peut contribuer à mon wiki, mais je vérifie tous les jours. Je protège la qualité. Il faut qu’il y ait une logique dans les arguments et que les faits soient empiriquement vérifiables.

Quelle est l’évolution du Knowledge Management ?
Le plus gros changement, c’est justement le pair-à-pair. Il y a beaucoup plus d’horizontal et beaucoup moins de vertical. Le problème a changé : on n’avait pas assez d’information, maintenant on en a trop. On est aussi passé d’une logique de stock à une logique de flux. Les missions du knowledge management sont donc désormais de reconnaître ce qui est important dans le flux, de dynamiser les échanges entre pairs, d’établir la confiance et d’assurer l’équilibre entre les flux et l’augmentation des flux. Le rôle de curateur est donc essentiel dans cette démarche.

Quel sera un des principaux enjeux ces prochaines années ?
Le monde de l’éducation a un rôle important à jouer dans cette démarche. Il y a un trop grand décalage entre les institutions officielles et la réalité. Il y a une république d’internet qui émerge comme avant la république des lettres. A l’époque de cette dernière, au 18 ième siècle, la vraie connaissance n’était pas dans les institutions. Quand je lis aujourd’hui un article scientifique, je me dis souvent que c’est ce que je faisais il y a cinq ans. Le problème que je vois, c’est comment faire l’intersection entre les deux, c’est-à-dire entre le monde de la connaissance validée et plus « verticale » et formelle, et le monde de la co-création d’entendement dans les communautés pair-à-pair. On apprend ainsi plus à coder en-dehors des institutions éducatives qu’en-dedans.
En Equateur, par exemple, il y a peut-être 400 développeurs dans le pays. La plupart sont partis à l’étranger car ils gagnent beaucoup plus. Mais il y a 3 à 4.000 développeurs qui n’ont pas été à l’université, qui ont appris Linux, Java, sur des sites internet, avec leurs amis, … mais on ne peut pas les engager parce qu’ils n’ont pas de diplôme. C’est pour moi un véritable problème. Comment faire le pont entre les deux ? Comment les institutions peuvent-elles valider des connaissances créées en-dehors de celles-ci ? C’est un véritable conflit culturel.
C’est un conflit de paradigmes, entre le « credentialisme » de la modernité et les nouvelles pratiques « anti-credentialistes ». Comme on a besoin des deux, il faut construire des ponts.
Einstein a dit : « je n’ai convaincu aucun de mes collègues de la validité de ma théorie, mais ils sont tous morts ». C’est leurs élèves qui ont repris la théorie de la relativité. C’est un peu pessimiste mais souvent vrai…
Pour conclure néanmoins avec un petit mot optimiste, il faut reconnaître qu’Internet est aussi un accélérateur. Avant on allait une fois par an dans un congrès retrouver ses collègues.
Aujourd’hui, ça circule sur les mailing lists, les forums, … Cela va donc beaucoup plus vite.
L’apprentissage n’est plus comme avant. Il est beaucoup plus rapide pour le monde à venir, avec ses crises systémiques. Cela veut dire qu’il y aura beaucoup de problèmes à résoudre, mais aussi beaucoup plus d’intelligence collective, et d’apprentissage plus rapide, pour les solutionner.

Colporteur de la Révolution du Sourire

Source : ce texte a été initialement publié à l’adresse https://cheznous.coop/colporteur-de-revolution-sourire/ selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

En cette fin d’année je prends mon habit de colporteur de La Révolution du Sourire 🙂 C’est une sacrée aventure et je suis en joie de la partager. Sur la route, je croise de gens merveilleux qui se disent que c’est possible et qui entre dans le jeu. Merci la Vie.

Avec 36 Photos pour la Révolution du Sourire, ChezNous déploie une offre concrète visant au développement de territoires apprenants et symbiotiques au service de la qualité de Vie. Nous allons organiser régulièrement des visio conférence collaborative pour suivre le développement de l’aventure.

Cette offre est animée par un Jeu de territoire, un serious game dans la vraie vie. Un jeu où tous les habitants sont invités à s’enrichir en développant les communs.

J’ai lancé l’idée, avec quelques dizaines de co-auteurs nous avons construit les bases. Aujourd’hui nous recrutons 2000 co-bâtisseurs pour rendre l’offre capable de s’adresser au plus grand nombre et se déployer massivement de proche en proche et de pair à pair 🙂

2000 personnes qui ont l’intuition que c’est possible et qui se disent qu’il y a assez de faisceau de confiance pour prendre le risque de cette aventure.

Le recrutement se fait via un l’abonnement à prix libre à notre jeu « La Révolution du Sourire ». L’abonnement est une sorte de crowdfunding variable et permanent venant soutenir les développement des missions du Jeu.

Tout n’est pas encore parfait et d’ailleurs ne le sera jamais. Mais le mouvement est lancé sur des bases solides et nous allons affiner chaque jours le propos et la démarche sur les principes de la permaculture.

Vous aussi vous pouvez rejoindre l’aventure et même colporter l’idée autour de vous.

Merci <3

Mathieu 

« Dans la vie il n’y pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent ». Antoine de Saint-Exupéry

« Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. C’est même de cette façon que cela s’est toujours produit ». – Margaret Mead

Assemblée des Communs de Lille : entretien avec Maïa Dereva

Entretien avec Maïa Dereva enregistré à Lyon le 6 décembre 2017 dans le cadre de La Fabrique des Communs :

Cliquez sur le lien pour accéder à l’entretien audio : https://soundcloud.com/sylviafredriksson/sets/maia-dereva

Roumics 2017 : Vivre des communs, avec Michel Bauwens (Roubaix – 17&18 nov.)

En partenariat avec le collectif Catalyst et la Condition Publique, l’association ANIS organise en Novembre 2017 un nouvel événement ROUMICS, « Les Rencontres OUvertes du Multimédia et de l’Internet Citoyen et Solidaire » devenues incontournables au fil des ans en région Hauts de France pour tous les acteurs intéressés par le numérique et ses usages.

Cette 13ème édition des ROUMICS portera sur le thème « Vivre des Communs » et aura lieu les 17 et 18 Novembre 2017 à la Condition Publique (Roubaix – 59).

Cette année, autour du thème « Vivre des Communs », les ROUMICS laisseront une large place à des communautés locales liées au numérique et à l’innovation : Tiers Lieux, monnaies libres, médiation numérique, économie contributive, innovation publique … et bien sûr les fameux Communs !

Michel Bauwens participe à l’événement. Retrouvez-le le 17/11 à 9h15 pour une conférence « Vivre des communs, comment ? » et à 14h pour une présentation « Gand : ville des communs de l’avenir »

>>> Inscrivez vous ici

>>> Téléchargez le programme (PDF)

Shifting Economy : une boîte à outils pratique pour entrer dans les prochaines économies

Un document en anglais réalisé par Emmanuel Mossay et Michel de Kemmeter qui propose d’explorer :

  • Les 10 espaces économiques en croissance
  • 20 schémas pratiques pour visualiser le chemin de la transition
  • Les 14 étapes de la transition économique
  • 20 clefs pour réussir les processus d’inclusion
  • La description de 48 futurs métiers

Traduction de la préface :

L’Homo sapiens est en train d’évoluer vers la post-économie. La nouvelle économie doit gérer la rareté et la richesse, un double problème qui n’est pas intégré dans les principales théories économiques classiques. Il y aura
un choc important entre l’opulence, décrit par l’économiste John Kenneth Galbraith dans The Affluent Society, et la rareté sur la planète Terre. La seule planète que nous ayons. Il n’ y a pas de planète B.
L’Occident s’est fortement développé surtout au début de l’industrialisation, grâce au dualisme, un vieux paradigme provenant de Platon. Cette logique de contradictions, a été très utile parce qu’elle a forcé les Occidentaux de faire des choix entre « l’un ou l’autre », entre les solutions de rechange, entre le bien et le mal afin de le progrès et d’agir. La machine à vapeur en est un bon exemple, inventée trois siècles plus tôt en Chine comme divertissement, mais installée seulement au XVIIIe siècle au cœur de l’industrie dans le domaine de l’énergie par l’Europe et les Occidentaux. Le dualisme platonique est au cœur de la créativité mais a été et est toujours à l’origine de de nombreux conflits et même des guerres qui ont fait du XXe siècle le plus sanglant de l’histoire humaine.

La sagesse asiatique nous enseigne cependant un autre paradigme de base différent : le principe du Yin et du Yang, la complémentarité des oppositions doubles qui se fondent en une synthèse. De plus, dans l’écriture chinoise, il y a est un idéogramme unique pour les mots « crise » et « opportunité ».

Ce concept s’harmonise parfaitement avec la découverte de la physique quantique selon laquelle la lumière est à la fois une onde et un faisceau de particules, les photons. Niels Bohr, l’un des pères fondateurs de la physique quantique, a résumé cette intuition par l’expression latine « Contraria complementa sunt », qui remplace l’ancienne logique de l' »un ou l’autre » par le principe révolutionnaire « et / ou », qui ouvre la voie à des solutions coopératives.

Cette prise de conscience s’accentue progressivement dans la pensée occidentale et aura des conséquences de grande portée. Il nous conduira à une nouvelle approche holistique, explorant les énergies cachées de la diversité, des divergences, des oppositions et promouvant la synthèse et toutes sortes de compromis créatifs, dans un monde d’interdépendance, où les gouvernements nationaux sont trop petits pour les grands problèmes et trop grands pour les petits. La praxis économique a déjà adopté ce que l’on appelle la « Coopétition », quand la concurrence et la coopération ne sont plus exclusifs selon les principes darwiniens mais complémentaires, voire inclusifs selon les règles de la mécanique quantique.

La montée en puissance de cette approche inclusive et globale est un défi pour les dirigeants politiques et économiques qui font face aux défis locaux du populisme émergeant des craintes et de l’incompréhension de ce qui se passe dans le monde global d’aujourd’hui et le village mondial de demain. La définition nationaliste du terme « peuple » est devenue obsolète. Dans la plupart des pays, les « personnes » sont devenues une « population » à caractère multiculturel. Le nationalisme et le populisme sont parfaitement compréhensibles, mais ils sont devenus contre-productifs parce que plus orientés vers l’avenir. Le protectionnisme est la traduction économique et culturelle du nationalisme. Un certain protectionnisme existait déjà avant l’économie et la politique, même avant les êtres humains : les premières membranes protégeant les cellules vivantes, stressées dans notre corps. Ce vitalisme égoïste est toujours attirant mais suicidaire dans un monde changé dès que les nationalistes égoïstes proposent de construire des murs au lieu de ponts.

En ces temps de complexité croissante, la démocratie est prise entre toile et araignée. Certains citoyens disent
« Nous avons un vote, mais nous n’avons pas de voix ». C’est un sérieux avertissement adressé aux politiciens. Les problèmes sociétaux sont extrêmement complexes et le processus de prise de décision est très opaque. Les gouvernements, les autorités décident, « ils » règnent, légifèrent, imposent…

Il y a une « théification » de la politique qui va très loin, ce qui rend la gouvernance impersonnelle, abstraite et
ressemblant à une peinture non figurative. Nous devons réinventer la démocratie en introduisant des éléments de
la prise de décision participative, en informant et expliquant et en remplaçant les démagogues par des pédagogues.

Le plus important est de modifier les systèmes de vote démocratique. Un modèle pourrait être la promotion de
le « vote par points », un système électoral par lequel chaque électeur obtiendrait un nombre de voix pluriel, par exemple dix voix, qu’il pourrait librement exprimer et répartir sur différents partis et candidats selon des critères suivants l’intensité de ses préférences. Cela permettrait d’affiner les choix des électeurs. De même, au niveau micro-économique des entreprises et des sociétés, la coopération démocratique entre toutes les parties prenantes, transcendant leurs intérêts exclusifs, est en jeu dans l’ère post-économique. Encore plus herculéen est le gouvernement.

A une échelle beaucoup plus large, les institutions européennes souffrent également de plusieurs problèmes fonctionnels et ont à faire face à de grands défis. Une Communauté fiscale européenne devrait être créée conformément au principe « pas de représentation sans taxation ».
Aujourd’hui, le Parlement européen n’ a pas de pouvoir d’imposition, il lui est donc difficile de mettre en œuvre de nouvelles stratégies et de nouvelles lois. Nous devons également simplifier et clarifier les systèmes fiscaux. Dépenses budgétaires en matière de défense, de sécurité, d’énergie, de politique de développement, intégration des immigrés, recherche, communication numérique… doivent être euro-européens. Pour une Europe forte, un
budget public est nécessaire. Le budget des institutions de l’UE s’élève à 1% contre 27% aux Etats-Unis pour le budget des dépenses fédérales.

La zone euro, pour faire face aux distorsions de concurrence entre les Etats membres, doit imposer
des mesures sévères d’austérité impliquant la réduction des dépenses publiques, des salaires, de toutes sortes d’allocations.
La gestion des taux de change par pays n’est plus possible au sein d’une zone de monnaie unique.
Les mesures d’austérité considérées comme une « dévaluation interne » font que l’Union européenne est
impopulaire et peut mener à la déflation économique. Seule une politique budgétaire efficace menée par l’UE pourrait stabiliser la zone euro.
L’Europe doit s’unir face aux révolutions scientifiques et technologiques en cours.
L’histoire de l’humanité a en effet été guidée par les découvertes et les innovations scientifiques, à commencer par la découverte du feu, il y a 300 000 ans.
Aujourd’hui, les inventions scientifiques sont écrasantes dans tous les domaines. L’acronyme B. I. N. C. C. est utile pour résumer les révolutions scientifiques en cours :

  • Biogénétique, fabuleux progrès de la médecine, durée de vie moyenne de 100, 150, 200 ans ??
  • Technologies de l’information (applications informatiques, IA, réalité virtuelle et robots physiques, impression 3D). Emergence du « robot sapiens ».
  • Nanotechnologie. Demain, nous pourrons parler à chaque citoyen de la terre dans notre langue,
    et comprendre toutes les langues du monde grâce aux nano-ordinateurs (sans fil ou implantés dans notre propre corps)
  • Sciences cognitives, recherche et manipulation du cerveau humain.

Les conséquences socio-économiques du tsunami des innovations scientifiques et technologiques seront écrasantes et dramatiques pour la communauté mondiale et les membres de l’humanité.
La numérisation et la robotisation réduiront considérablement le temps de travail, les salariés seront remplacés par des salariés indépendants, l’existence des marchés mondiaux ira de pair avec le travail à domicile, les multinationales seront en concurrence mais aussi coopéreront dans de nombreux domaines, la propriété intellectuelle ne sera plus protégée, l’interconnectivité éliminera tout type d’intermédiaires sur les marchés, le commerce électronique prendra le relais du shopping. AIRBNB, Uberisation, économie circulaire, mise en commun, fabrication personnelle, cours en ligne ouverts, les universités du monde entier se répandront, les paiements en espèces disparaîtront. Le développement de l’énergie solaire et de la fusion nucléaire va bouleverser l’équilibre économique et politique mondial. La richesse se transformera en bien-être et la recherche du bonheur deviendra un objectif sociétal.

Une ère post-économique apparaîtra, mais il faudra néanmoins faire face à beaucoup d’ombres de progrès: démographie, vieillissement, climat, alimentation… la rareté, la RAM (résistance antimicrobienne), les armes de destruction massive, la difficulté de transformer le multiculturalisme en interculturalité….

Il va sans dire que le tsunami actuel d’innovations scientifiques et technologiques révolutionnera la communauté mondiale pour le meilleur et pour le pire. Par conséquent, la question ultime sera et est déjà la question de l’éthique. Comment transformer tous ces changements en progrès humain ? Comment gérer l’éthique en politique, en économie, dans les affaires? Et quelle est la « bonne éthique »? Qui peut décider de ces valeurs ? Quelles sont les règles applicables à tous ? On s’en tient au plus petit dénominateur commun ?

Bouddha, Jésus-Christ, Kant et d’autres dirigeants moraux ont dit : »Ne faites pas aux autres ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse ». Mais cette règle est-elle suffisante pour améliorer la vie humaine sur terre ?

La ligne directrice de SHIFTING ECONOMY est la quête du but dans l’économie, la quête de l’éthique dans les affaires – avec des outils utilisables sur le terrain. C’est aussi une invitation à tous les décideurs à imaginer
et réaliser de nouveaux rêves pour relier les êtres humains, et transformer le chagrin du village planétaire en bonheur humain.

Mark Eyskens
Professeur émérite d’économie et ancien Premier ministre de Belgique

Télécharger le document complet en anglais (format PDF) 

 

Photo : Andres Musta (CC BY-NC-ND 2.0)

Journée de résistance face aux grands projets imposés (Ixelles, Belgique, 14 octobre 2017)

Vous êtes impliqué-e-s dans la défense de terres agricoles, de territoires et/ou d’espaces de vie naturels ? Vous désirez en savoir plus sur ces luttes ? Kairos et le MPOC, avec le soutien d’Acteurs des temps présents et du RéSAP, vous invitent le 14 octobre à une journée consacrée aux luttes contre les Grands Projets Nuisibles et Imposés.

Ces dernières années, nous assistons à une accélération de l’accaparement des terres à des fins privées. Les petites exploitations agricoles et les espaces naturels sont le reflet de cette logique qui multiplie les zones artificialisées (routes, zonings industriels et commerciaux, lotissements, loisirs de masse, sites administratifs, etc…) et privatise les communs.

Les pouvoirs publics réagissent très peu à cette perte du patrimoine, voire y participent (vente de forêts domaniales, construction de zonings et de maxi-prison sur des terres arables, etc…). Ce sont donc des collectifs
d’habitants citoyens qui, en Wallonie comme à Bruxelles, s’organisent pour préserver leurs milieux de vie face à des projets obéissants à une logique productiviste et consumériste.

Une journée entière de rencontre entre celles et ceux qui, en Belgique, se mobilisent pour préserver nos forêts et paysages, nos villages et quartiers.

Débats, table ronde, «One mess show», bar, Qizinne mobile…

Nous questionnerons aussi le rôle que les médias libres peuvent apporter à ces collectifs dans la circulation des
informations relatives à ces projets.

à IXELLES le 14 octobre 2017

Télécharger le programme (format PDF) 

Université du Bien Commun (Paris – à partir du 14 octobre 2017)

Le 14 octobre 2017 commencera un cycle de sept rencontres citoyennes sur les multiples aspects et problématiques des biens communs, intitulé « Biens communs, histoire, actualité et perspectives », préparatoires à la création officielle en 2018 de l’Université du Bien Commun à Paris.

 

Bien commun, biens communs, communs, sont des notions et des pratiques en développement dans de nombreux domaines et disciplines et à travers des actions citoyennes dans le monde entier. Elles s’amplifient sous la pression de la crise écologique et sociale, de la transformation numérique et de l’épuisement de nos modèles économiques.

La connaissance, comme toute autre forme et expression de la vie, a été réduite à une marchandise. On peut breveter à titre privé et lucratif le vivant (gènes humains compris), ainsi que les algorithmes. L’éducation est devenue un service marchand «libéralisé ». Les
universités ont été transformées, de facto, en grandes écoles de business et de gestion des ressources (hôpitaux universitaires compris).

Et que dire de la marchandisation de l’eau, des semences, de l’énergie solaire, du logement, des transports collectifs, de la santé, de la sécurité sociale ? Il n’y a plus une caisse d’épargne ou une banque mutuelle ou populaire qui soit publique. La privatisation a effacé l’univers des services communs jadis publics. La « res publica » a été jetée aux orties.

La puissance mondiale des grands groupes marchands, financiers et technocrates privés a laminé, avec le soutien des pouvoirs publics eux-mêmes, le rôle des institutions politiques.
La domination, la violence, la « militarisation du monde » deviennent de plus en plus la norme.

== Une mobilisation qui s’intensifie ==
Parallèlement, la mobilisation autour des biens mis en commun s’intensifie, qu’ils soient matériels ou immatériels : des pratiques propres s’installent. Un changement social peut en découler, orienté vers le partage et le collectif dans tous les domaines. L’humanité n’est pas l’ensemble des êtres humains mais les êtres humains qui vivent ensemble : c’est pourquoi la question des Biens communs invite à une réflexion qui permet de repenser la société, le rôle de l’Etat, de la démocratie, etc. Bref, la politique.
Les biens communs sont des réalités en devenir et dont il faut assumer la grande diversité.

C’est pourquoi l’Université du bien commun à Paris entend promouvoir leur connaissance etcelle des forces en présence dans tous les champs où elles opèrent (droit, économie, anthropologie, philosophie, histoire, sciences, technologies, agriculture, numérique…).
Autant agora que lieu de recherche et de diffusion, de formation, d’éducation populaire, l’Université sera ouverte à tous les publics. Basée sur la gratuité, sans chaire ni cursus, elle reposera sur un fonctionnement coopératif et rotatif, avec des modes d’intervention variés : conférences, ateliers, projections, interventions scéniques et plastiques.

Cette démarche, au carrefour d’initiatives déjà foisonnantes, entend contribuer à sa manière à la valorisation des actions et des réflexions des différents acteurs mobilisés sur ces questions, et susciter la convergence de talents, d’engagements et d’initiatives en faveur d’une meilleure connaissance et de la défense des biens communs.

== Les membres fondateurs et coopérateurs de l’Université ==

L’Université et le cycle de conférences sont coordonnés à l’initiative de Cristina Bertelli et Yovan Gilles (revue et collectif Les Périphériques vous parlent), Frédéric de Beauvoir (Etablissement culturel et solidaire Le 100 ECS) et Riccardo Petrella, économiste, promoteur de l’UBC à Anvers (B) et à Sezano (Vérone, I), en collaboration avec Anne Douvin (architecte/urbaniste) ; Anthony Laurent et Edouard V.Piely (Sciences critiques) ; Bruno Lamour et Annie Flexer (collectif Roosevelt Paris) ; Claire Dehove (WOS/agence des
Hypothèses) ; Corinne Ducrey, Malika Person et Jean-Pascal Derumier (Chemin faisant / pouvoir citoyen en marche) ; Elizabeth Auclair (Université de Cergy-Pontoise) ; Frédéric Sultan (Remix the commons) ; Emmanuelle Veil (Le journal minimal) ; Emmanuel Poilane (France
Libertés) ; Hervé Defalvard (chaire de l’ESS-UPEM) ; Joseph Sangiorgio (Coopaname) ; Jérôme Wauschel et Pablo Marticorrea (Université populaire du pays basque) ; Joao Caraça (Kallouste Gulbenkian foundation) ; Jonathan Keller (Savoirs.com) ; Miguel Angel Nunez,
David Flacher et Denis Vicherat (mouvement Utopia) ; Marc Ridel (détecteur, connecteur) ; Patrick Farbiaz (Semaine anticoloniale) ; Thierry Linck, Pierre Dagallier et Michel Augé (Université du vivant) ; Florence Durand-Tornare (Villes internet) ; Violaine Hacker (Common Good Forum) ; Vincent Glenn (Coopérative D.H.R).

Contacts : Yovan Gilles, Cristina Bertelli 01 40 05 05 67 – 06 85 75 81 01

Courriel : universitebiencommun@gmail.com

Chargée de communication : Camille Dechambre – 0153251047 – Fondation France Libertés

 

Photo : Chris Yunker (CC BY 2.0)

Assemblée Européenne des communs au Medialab Prado (Madrid – 25 au 27 octobre)

L’Assemblée Européenne des Communs (ECA) est un réseau de personnes engagées dans les communs sur le terrain en Europe. Ce réseau s’est donné rendez-vous au Medialab Prado, Madrid du 25 au 27 octobre prochain. Cette rencontre se déroule en parallèle du Festival Transeuropa, lui-même une vaste réunion autour des alternatives politiques, sociales et environnementales.

L’Assemblée Européenne des Communs (ECA) a été lancée en novembre 2016 lors du premier événement public sur les communs qui s’est déroulé au Parlement Européen et au centre social Zinneke à Bruxelles, en Belgique. Cette réunion a rassemblé plus de 150 commoners européens pour faire valoir la nécessité de politiques publiques pour les communs en Europe et développer les réseaux pour inscrire cette démarche dans la durée.

La rencontre de Madrid se structure autour d’ateliers thématiques sur les communs urbains, d’une rencontre avec les acteurs politiques de madrilènes et d’autres villes espagnoles, et de temps de délibération sur le futur de ECA à l’horizon 2018/2019.

Les ateliers thématiques, au coeur du processus de cette rencontre, permettront, à partir des échanges avec les initiatives madrilènes et espagnoles, d’expérimenter et de proto-typer les outils utiles au développement des communs urbains en Europe. Les premiers participants inscrits ont proposés de travailler sur dans thèmes tels que : Espace public, Migrations et réfugiés, Participation citoyenne à la politique urbaine, Culture, Aliments, Logement, Santé, Devise et financement pour les communs, Lois et mécanismes juridiques pour protéger les communs, Technologie pour la citoyenneté.

Chaque atelier sera l’occasion de collaborations entre une ou plusieurs initiatives communautaires locales espagnoles et d’autres venant d’ailleurs en Europe engagées sur le thème de l’atelier. Ces ateliers seront conçus pour permettre le partage et l’exploration des connaissances et des stratégies fruits de ces expériences. À cette fin, l’équipe de coordination de ECA à Madrid organisera plusieurs vidéoconférences pour relier les différentes initiatives et co-concevoir les contenus de l’atelier avant la rencontre avec les participants. La méthodologie de facilitation sera aussi conçue pour inclure les participants dans la démarche structuration de la documentation des travaux collectifs afin de ressortir de la rencontre avec une boite à outils partagée sur les communs urbains.

Retrouvez plus d’informations sur le site Web de ECA.

 

Photo : Medialab Prado (CC BY-SA 2.0)
Source : Remix the Commons

Atelier « Convergence des médias autour des Communs » (16-19 octobre, Villarceaux)

Un atelier de convergences des médias autour des Communs aura lieu du 16 au 19 Octobre à Villarceaux (région parisienne). Son objectif : définir et mettre en œuvre des outils de convergence entre les médias dédiés aux communs.

 

Les initiatives culturelles et de communication autour des communs sont aujourd’hui nombreuses en Europe et dans le monde: Remix the commons, Fondation P2P, Transformap, Wikimedia Commons, Radio Cause Commune, TV en comu (Barcelone), Les communs d’abord, Laboratorio Procomún, Zemos98, Krytyka Polityczna, teixidora. net, lescommuns. org, Pixelache, etc.

Au cours des trois dernières années, les échanges et les collaborations entre les groupes réalisant ces actions culturelles et les médias ont ouvert un processus de convergence stratégique, politique et technique. Il en résulte par exemple :

  • le développement de dispositifs de connexion sémantique pour les ressources sur les biens communs par Remix the commons (2014/2017)
  • la coopération des systèmes de cartographie des biens communs et des solutions alternatives, y compris les organisations de l’ESS, avec le leadership de Transformap. Une réunion a eu lieu à Florence en avril 2017.
  • l’expression d’une charte de valeurs et de principes pour les plateformes médiatiques sur les communs a débuté à l’Espace Commun du FSM Montréal en août 2016;
  • la mise en réseau des acteurs culturels européens à travers différents programmes tels que Action for the Commons de la Fondation culturelle européenne (2014/2016);
  • la mise en réseau des acteurs culturels européens à travers les différents programmes de la Fondation culturelle européenne (2014/2016)

Dans ce contexte, Remix the commons, la P2P Foundation et SavoirsCom1 proposent d’organiser une réunion stratégique sur la convergence des médias pour les communs. Nous croyons que la collaboration des médias et les initiatives culturelles pour les communs peuvent former un écosystème pour développer la culture des communs. L’objectif de cette rencontre est de renforcer les liens entre les projets et initiatives en alignant les stratégies de développement, en partageant les plans d’action, en partageant les compétences et en mutualisant les infrastructures de communication.

Cette réunion vise notamment à concevoir, développer et mettre en œuvre des dispositifs techniques basés sur les techniques du web sémantique, en vue d’interconnecter les ressources existantes sur les communs et le mouvement des communs (sites web, bases de données, cartes…) et avec les principales bases de données structurantes du web (DBPedia, WorldCat, VIAF, Wikidata, OSM,…). Ce travail vise à rendre le mouvement des communs plus visible aux utilisateurs du Web. Le programme sera co-élaboré par les participant⋅e⋅s avec une perspective interculturelle.

 

Photo : Tjarko Busink (CC BY-NC 2.0)

Culture participative – Une conversation sur la jeunesse, l’éducation et l’action dans un monde connecté.

Henry Jenkins, Mizuko Ito, Danah Boyd

C & F Editions
Avec les réseaux numériques, les jeunes deviennent acteurs des mondes connectés, multipliant les espaces de partage et les expériences culturelles participatives. Les trois universitaires réunis dans cet ouvrage analysent les pratiques et ouvrent des pistes de réflexion sur l’éducation, la culture et la construction de communautés. La dynamique de leurs échanges éclaire la littératie numérique et l’éducation aux médias et à l’information
Extrait de la préface

Trois aspects justifient la lecture de ce livre et son étude collective, entre pairs, ou dans des contextes universitaires ou professionnels. Le premier tient à la personnalité des trois auteur.e.s, à leur parcours différents mais convergents, et à la stature que leur confèrent leurs travaux dans le paysage des études sur les médias numériques. Le second tient à la forme de la conversation. Chaque thème est introduit par un exposé, et suivi d’un débat… Mais attention, pas question ici de formules toutes faites et d’arguments-massue : la qualité du débat, écoute et argumentation, est à la hauteur de celle des débatteur.e.s. Enfin, le troisième aspect est lié au sujet lui-même, à la manière dont le nouvel espace médiatique des réseaux et des médias sociaux offre des opportunités pour étendre la culture participative, tant dans les domaines créatifs qu’éducatifs et politiques.

Hervé Le Crosnier

Une charte pour l’Hôtel Pasteur à Rennes

Ancienne faculté des sciences, construit en 1900, devenu faculté dentaire en 1968, le bâtiment Pasteur accueille toujours aujourd’hui le centre de soins dentaires universitaire, pôle d’odontologie au rez de chaussée de bâtiment, mais c’est aussi un lieu en devenir : dans une phase intermédiaire, avant la rénovation du bâtiment, Pasteur accueille un certain nombre de projets éphémères liés à l’expérimentation autour de différentes pratiques et disciplines. Notamment, l’« Hôtel à Projets » est un lieu où des acteurs venant de structures et d’horizons différents sont accueillis temporairement pour développer des activités.

C’est dans cette perspective qu’a été mise en place une « Assemblée des Partenaires », dont les membres mouvants, représentent différentes pratiques et disciplines, qui est associée à la fabrication du projet, s’implique dans le fonctionnement du lieu et travaille sur ses futures modalités de gestion et gouvernance, notamment sous la forme d’une « Charte de l’Hôtel Pasteur » document évolutif qui traduit les convictions et objectifs partagés par l’ensemble des partenaires du projet.

Lire la charte sur le site de l’Hôtel Pasteur…

Lire aussi :

Dictionnaire des biens communs

Marie Cornu-Volatron  – Fabienne Orsi – Judith Rochfeld

PUF – 23/08/2017

Que sont les « communs », les « biens communs », les « patrimoines communs », les « choses communes » ? Ces notions sont fortement mobilisées aujourd’hui dans nombre de disciplines des sciences sociales et actions de citoyens. Leur poussée traduit une évolution des pratiques sociales : sous la pression de la crise écologique et de la transformation numérique notamment, les biens seraient davantage mis en partage. Logiciel libre, encyclopédie et habitat participatif, vélos ou voitures en usage successif, entreprise qui serait le « bien commun » de toutes les parties prenantes : les notions des communs intéressent les domaines de la culture, de la protection de l’environnement, de l’urbanisme, de la santé, de l’innovation, du travail, etc. La mobilisation est intense car elles autorisent à penser le changement social sur la base d’un réinvestissement du collectif, des communautés, de l’usage et du partage. Elles permettent de proposer des réinterprétations des valeurs fondatrices des sociétés contemporaines tels le rôle de l’État, de la propriété et des formes d’expression de la démocratie. Elles appellent à la fois une réflexion théorique, un débat politique et se concrétisent dans des expériences citoyennes. Ce dictionnaire, à mi-chemin entre le vocabulaire et l’encyclopédie, se veut un outil de compréhension de l’ensemble de ces phénomènes.

Télécharger la présentation complète (incluant la liste des auteurs) (PDF)

Murmurez Frénétique : festival contributif

La quatrième édition du Festival Murmurez Frénétique durera quatre jours en septembre 2017.

Un festival contributif rassemble des individus libres d’intervenir et d’agir au service de la structure collective . Ceux-ci participent autant à générer des contenus qu’à les recevoir , de la même manière que sur l’encyclopédie libre Wikipédia c’est-à-dire sans se justifier de prérequis quelconque ; tout le monde peut participer .

Cette structure s’est beaucoup inspirée du monde virtuel pour s’établir comme une plateforme organisée. Toutefois le festival dépassera le cadre de l’informatique ou de l’art numérique pour se réaliser sur scène, derrière les pupitres, les cuisinières ou en exposition.

En réalité le festival murmurez Frénétique a toujours été contributif ; nous avons toujours cru en la capacité qu’a chaque personne à créer et offrir du beau, de l’original ou de l’intelligence. Après nous êtres aperçus de la similitude entre nos pratiques et celles d’autres organismes – culturels ou non – nous nous sentions d’assumer cette dénomination qui est plus globale.

Ayant vocation à faire des passerelles là où il n’y en a d’ordinaire pas, nous avons donc pris la décision d’élargir les disciplines représentées via 4 pôles de programmation :

  • Les arts de la scène et numériques
  • La gastronomie
  • Le progrès technologique, scientifique
  • L’information et le débat argumenté

Ces 4 pôles constituent un microcosme cohérent, un petit monde en soi au sein duquel chacun peut s’identifier, concrètement ou abstraitement, de manière créative ou pratique.

Ces disciplines sont toutes étiquetées comme des « sujets d’experts » à propos desquels aujourd’hui, nous n’osons plus donner notre avis.

Pourtant, ces problématiques nous concernent tous. S’en emparer, c’est réveiller notre curiosité, nos goûts et notre personnalité à travers la prise de position. L’être humain à qui l’on expose tel ou tel échantillon d’intelligence ne peut s’empêcher de vouloir comprendre. Notre cerveau travaille parfois seul et les retombées de ces échanges sont
exponentielles, elles créent de la citoyenneté.

Lors du festival ces pôles seront représentées de façon distincte. Les disciplines et thématiques étant relativement différentes, les spectateurs sont invités à se poser des questions et sont eux-mêmes libres d’établir des connexions entre chaque pôle.

Pour en savoir plus, téléchargez le programme… (PDF)

Home for less : solutions de relogement de personnes sans abri dans des bâtiments vides

Le projet « Home for Less » a pour objectif de mettre à la disposition de personnes sans abri des modules de logement conçus et réalisés par 45 étudiant.e.s architectes.

Désireux de proposer des solutions concrètes pour lutter contre le sans abrisme et l’exclusion au logement, quatre partenaires ont décidé d’unir leurs compétences et expertises spécifiques autour d’un projet visant la réhabilitation d’espaces inoccupés au bénéfice de personnes exclues du logement.

Partant du fait saillant que de plus en plus de personnes en situation de précarité vivant sur le territoire de Bruxelles-Capitale se voient, à titre temporaire ou plus durablement, exclues du logement, l’asbl L’Ilot, porteuse du projet, a décidé de lancer le projet HOME for LESS.

L’Ilot ne cesse de constater que de nombreux immeubles sont vides dans la capitale bruxelloise, mais pourraient, par une action conjointe entre professionnels du social et de la brique, être remis sur le marché locatif. C’est ainsi que L’Ilot et ses partenaires, ont décidé d’unir leurs compétences et expertises spécifiques autour d’un projet visant la réhabilitation d’espaces inoccupés au bénéfice de personnes exclues du logement.

Porteurs de projet :

  • A travers des projets et services de terrain multiples, L’Ilot asbl et L’Armée du Salut ont pour mission l’accompagnement de personnes sans abri. Début 2015, L’Ilot, avec l’appui du secteur de lutte contre le sans-abrisme, a conçu et développé une cellule régionale bruxelloise (Capteur et Créateur de Logements).
  • L’atelier ‘Architecture construite’ de la faculté d’architecture La Cambre Horta de l’ULB permet à des étudiant.e.s en architecture de concevoir et mener des actions de terrain qui se veulent utiles à la société.
  • Le Collectif Baya asbl quant à lui est une structure formée autour de la promotion des questions architecturales vers le grand public via l’accompagnement à l’auto-construction de projets architecturés, prioritairement en matériaux de réemploi.

Home for less a lancé une campagne de crowdfunding qui vous permet de soutenir ce projet.
A découvrir ici : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/home-for-less–3